Instruction D.iubanton sur le faui et usage de faux
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LE l'BOUKS tKlMI.M:i. 1(11
crois que Baudart aaussi ccrtitléd'api'î'» mon livre, mais je ne puis l'affirmer.
Le Phésident. — El personne ne s'est aperçu de la surcharge ?
Legra^id. — Personne^.
Le Président (à Lesarqms). — Quels pouvaient iïlre \os revenus, Lesurques ?
Lesurques. — De douze à quinze mille livres.
LePrésu>ëmt. — Qu'est-ce cela! Vous voulez peulflre même parler d'assignats ?
LssuBQiES. — Non, mon revenu est en fermage et en argent.
Le Président (se tournant vers lesjun's). —On voudrait faire croire que les crimes n'appartiennent qu'aux pauvres, mais si les petits crimes appartiennent aux iwuvrcs, les grands crimes appartiennent aux riches '. Et vous, Lesurques, avez-vous quelques observations à faire au sujet de cette surcharge? >i
.\prés avoir longuement et en tremblant considéré le fatal registre, Lesurques, avec des sanglots dans la loiï, et lui d'ordinaire si pâle, plus pâle encore, répondit : i( Je demande que les citoyens jurés considèrent comme non avenues les dépositions basées sur la fausse date. »
i. Lfgrajid renvoyé à nouveau devant lu juge Daubanlon fvit lp Ifndemain remis en lîlierli^.
" Alleniiu, dil l'ordonusnco qu'il n'est |ia.s prouvé que c'est le citoyen Lcgr^iiid qui a fuit la surcharge du 8 sur le 'J qui origilulenient existe et qui etiste encore sur le livre ; que d'nilleur» il .1 rétraclé «ri déjiosition qui ne parait être que le fruit de l'ermir résullanl de la fuuMe date donnée » l'orllcle de son liire 'lotii il est question, disonii que ledit Legrand demeurer.i e[i lilierté et néanmoins disons que ledit livre et les ]>i{'ces seront rflinises au greffe du Tribunal criminel pour y avoir recours, ai Ijeso'n est. — Dadbantoh. »
î- Salques. Mémoire au Boi.
L'effoit qu'il avait dû faire pour se résoudre à celle rcnoncialion devait être d&hiranl, car il retomba alors brisé sur son banc, comme anénnli, le regard vide, et les trails terriblement contractés. Son dernier espoir, sa suprême chance de salut s'évanouissait à jamais, tandis que l'écliafaud et, avec lui, l'ignominie venaient de se dresser devant lui.
Son défenseur s'élait-il bien montré à la hauteur de la tâchequ'il avait assumée et des incidents aussi graves qu'imprévus qui avaient changé la face des débats?
Gomment n'avait-il point aperçu la surcharge du livre Legrand, dont il était cependant dépositaire, et, dans ce cas, comment avait-il consenti à sa production à l'audience, en ne prévoyant point les conséquences effi-oyabies qni pourraient en résulter?
Celle fatale révélation une fois faite par le Président, pourquoi n'avait-il point sollicité, imploré même une suspension d'audience pour permettre à l'émotion, hostile à son client, de s'apaiser un peu avant les dépositions de SCS autres témoins à décharge.
Cette suspension pouvait-elle lui être i-efusée, s'il démontrait qu'il était moralement impossible de passer outre aux débats avant que l'instruction, ordonnée sur-le-champ contre Legrand, ail édifié sur la réalité du faux incriminé?
Devait-il permettre au Président Gohier, désormais préconçu contre Lesurques, d'étouffer, ou tout au moins de dédaigner, comme il le fit, la déposition de ces témoins, et ne devait-il pas lutter de toutes ses forces contre la prévention, née d'un simple incident, qui. quelque grave qu'd fiit, ne constituai! pas cependant une preuve de culpabilité;'
Devait-il surtout laisser son client demander Ininiênic que la déposition de Legrand J'ûl considérée
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LE l'ROCK» CRISIIXEI, I6:t
<ûmme non avenue, et n'éliiiUce point ainsi alliibuer à Lesurques une soric de complicité morale de ce faux et de cet usage de faux ?
Qu'avait-il à perdre, en tout cas, à déclarer qu'il n'avait point à prendre partie dans cet incident, alors i|u'il lui était absolument él rnngpr !
Enfin, était-ce bien habile d'amener ù celle audience, roinme lénioLn de moralité, une jeune ouvrière de vingt ans, chez laquelle cet homme, marié el [itre de famille, reconnaissait lui-même panser ses soirées 'î
Non, tout cela, certes, fut fâcheux, et si Lesurtpies clait innocent, irrémédiaWement fatal,
Guiuier, en un mot, avaîl-il bien compris tout son ileioir de défenseur ^, et même de défenseur oflicieux, manquant déjà de l'autorité qu'aurait eue un véritable avocat î
Lorsque Legrand, toujours accompagné de ses deu\ gendarmes, eût quille la saile d'audience, un employé du Bureau central de Police, nommé Clément, vint alfirnier que Guénot avait passé chez lui la nuit du 8 au 9 floréal. Cette déclaration devait sauver la lète de celui-ci.
Enfin, le citoyen Dubuisson, expert-chimislc, fut ^ppelépar le Président, en vertu de son pouvoir discréliûnnaire, à examiner les taches relevées sur le sabre a|)partenant à Guénol. et de dire si les taches, encore apparentes, étaient des taches de sang ou de rouille.
Le défenseur de Guénot ne fit i celte commission aucune objection.
L'expert déclara nettement que ces taches n'étaient point du sang.
i. Vdip lettre trouvée dans ses liutles, fac-siiiiikS p. W-Ql. 2. C'fst également l'avis de M. Sixlguen.
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164 I- AFFAlRi: I»r COIHRIIOH UE LYON
Le (li'feiiscHr de Couriol eut alors la malencontreuse initiative, prolilant de la présence de l'expert-chimlsle à la barre, de demander que celui-ci voulât bien examiner les taches existant sur la culotte de son client.
Après quelque temps de minutieuse attention, tandis que les autres pièces à conviction étaient passées une à une aux jures, l'espert déclara que cette fols il n'y avait poiut poitr lui de doute: que c'étaient bien là des taches de sang.
Cette déclaration constituait une charge de plus et une charge accablante contre Couriol,
L'expert se retirait sur l'invitation du Président, quand des éclats de rires et de voix bruyamment zézayantes se tirent entendre du côté de la porte des témoins.
Les huissiers-audienciers se précipitèrent pour imposer silence, mais déjà, malgré les efforts du dragon de service, une femme, suivie de jeunes gens, bizarrement accoutrés, avait fait irruplion dans la salle d'audience.
La fenmie, fort belle d'ailleurs, et qui n'était aulte que « Notre-Dame de Septembre ' h, la femme divorcée de Devin Fontenay, M°" Tallien ', portait le costume à l'hélaïre, à la Phrjné, qu'elle venait de mettre à la mode : « Taille remontant sous les seins, robe s'amincissanl en fourreau dc^aze quasiment transparente, se retirant des bras et des épaules, se fendant de côté sur le maillot couleur cliair, el, en dessous la che-
t. Mrsxagcr du Soir, de Tan IV, " On lui laisse volontiers, .ijoutc cette fçazetCe, jouir du plaisir de donner li-. ton pour les modes et la toilette, ce qui fait gagner nos marchands, sans fiûre l'aire un pas de plus «, In vertu, n
2. ElLc deïint en 1804, par troisii'rao mariage, princesse de Caraninn-CliJni ay.