Cette aiijonclun de ^ ntuTcaut jurts n exi«te jlus
D,^,-„...,Coo^lc
AVANT LÉCIIAFAUD 193
sommé, à moins qu'il n'a[>parùt celte évidence, qui est ftu- (t^sus (le loutes les règles, que le corps du délit, par f'xeinpie, fut anéanti, que l'Iiomme prétendu assassine parût vivant sans blessures ni cicatrices... Hais, lorsque lé délit est constant, lorsque les jurés en ont déclaré l'accusé convaincu, le recevoir à disputer encore sur cette conviction, c'est détruire toutes les règles de l'ordre judiciaire ; c'est préparer de vastes bases à l'impunité; c'est livrer la sociélé h l'audace des scélérats, et la justice à leur dérision.
D'après ces motifs, votre commission m'a chargé de vous proposer de passer à l'ordre du jour sur les messages du Directoire en date des 27 et 29 vendémiaire, et, comme il lui a été fait un message pour lui faire connaître que le Conseil allait s'occuper de la réclamation de Lesurques, de lui faire un second message pour Tinslruire de la détermination prise.
Le Conseil a reçu hier et a renvoyé à la commission dont je suis l'organe une quatrième déclaration du nommé Couriol, en date du 3 brumaire. Celle-ci est adressée au Conseil comme celle du 29 vendémiaire l'avait clé au Directoire executif... Couriol continue à protester que, des quatre condamnés pour le vol et l'assassinai du courrier de Lyon, il est le seul coupable; il continue à désigner, comme ses véritables conpérateurs, Jean-Bapliste dit " l^borde >i, Itossi, l^fleur et Dubosq. U n'y a rien de nouveau dans cetio quatrième attestation, si ce n'est qu'il déclare que le partage du vol fut fait chei Dubosq et que sa mallrosse, la fille Breban, y eut une part. Il demande qu'un membre du Conseil soit nommé pour l'entendre, se convaincre de l'innocence des co-condamnés, et leur donner le temps de faire la recherche et la découverte des coupables.
Cette déclaration est accompagnée d'une adresse de Lesurques, qui, peut, dit-il, sous peu de jours, donner les prouves matérielles et les plus complètes de son innocence.
Au moment où j'entrais en séance, une lettre du ministre de la Justice, en date cependant du 3 brumaire, m'a été remise '; elle contient un mémoire envoyé par Couriot te
I. Cetl« lettre créa un incident qui, ayant ctti dénatura, donna
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194 L AFFAIRE DU COUBRIRR DE I.YOS
28 lendcmiain? au ministre de laJuHtic*' C est la répétitioD des didaralions des 19 et 21 thermidor, 29 \endëiniaire et 3 brumaire C est la troisième en date c ebt la cinquième en
Le niinislre de la Justice renvoya ce mi'mojre au Bureau central qui fit une réponse sans date, que le ministre de la Juslice niiug a transmise
Le Cunsoil s est deja aperçu san= doute ou I entraine le muuiement dhumaniti. qui sur le premier message du Direi loire exi culit, le porta à nommer une commission , Déjà
heu A une c rres]) ndiiice iiil^ressante entre le rapporteur SimeLii et le mini^lre de In Justice Merlin
j représentant du peuple Sinieon, memlire du Conseil des Cinq-Cents,
hier iu Cl useil des Cinq Cents <>ur 1 tflaire Lesurques. vous avei du
> Celle adnire n mirait jamais eu un si grand Mat ii le Mi~
• nislre de la Jusuce {que 1 on- dit Ptre un très pri che ini-ent de
• Leaui-qiiest ii v nTail ] ris une pari eilrémeinent active . u
• Je ne puis ci nceioir ciloven représentant c immeiit vous avez pu lenir un (lareil langi^e
<e Je ne suis punit (inreiit de Lesurques
o Je ne I ai même jamnit vu et ce ii est que Jepuis son aireslaliin que je snis qud existe
K Je 11 ai iwi» aucune part m a son afljire m au message que le Directoire a adressa nu Conseil des Cinq Cents en sa faveur m i larr^t^ qui a sursis j 1 exécution de s n Jugement.
> Je n ai fdit aucune esjHce de démarche iiour faire donner des drclirntions pour ou contre lut
• Je n'ai écrit à sou sujet qu'une seule lettre à la commission dont vous t^tiei membre : c'est celle qui a dû vous Hre remise hier k l'eiilrëe de la siancc, et celte lettre n avait pour objet que de mettre sous les yeux de li comiuissioii une nouvelle déclaraUon de Couriol, que le Bureau central m avait transmise et qui, |M>r cela même qu'elle éfail en contradiction avec les précédentes prouvait combien peu de confiance mfritaii tont ce qu'il disail k In décharge de Lesurques
•< Vous êtes juste, citoyen reprcsenl iiit, vous ne pouvez pas
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AVANT l'ÉCHAFACD 195
Couriol propose de (iréposer un ilce membres ilu Ciinspil à l'eDlendre, t'est-à-dirfl d'eKercer les riiDcliiiii<i judiciaire»,
H D'un aulre côté, l,enurques demande )|iip1i|ups jours pour faire des preuves.
<i Faire dns prpuvi>s, après un jijgeiupnl, el (|unnd il faudrait au moLiis les |)r(<scnler toulea faitei', el brillantes, de celte lumière qui dissii>e lous le» nuajçes el forée le jour à Tiividence ! Des preuves eneore à faire ijuand on a produit dans les débals 80 lêiiioiits à décharge ■ ; lortijiie de l'acruaalion aux dùbats, il s'est passé près de trois mois; lorsque
laisser siilisister des allégations évjdeinmetil l'uusses qui vuiis
A cette lettre, le re|iri'«eiitaul du peuple, Siiiiouii, iP]n>iLdit le
s Je nie plains autant que voan, ritnveii .Ministre, des journaux qui m'ont prêté un lan^aj^e si éloigné de lu vérilé el de ma manière. Je n'ai point dit ce que l'un me prèle; je pense que le Conseil t'eiïl désapprouvé, el 11 a ordonné riiiipressioit de ce que j'ai dit.
• Je ne l'ai point dit, parce que cela n'esl p.ia vrai. Je ne l'eus pa.s dit, quand cela eut été, parte que je jieiise ipie tes représentants du pcu)>le doivent a Ipiir dignité el à celle des conseils de s'alisteiiir de toute iiersonnalité ; parce qu'enllii. dans une aOiiire aussi im[>orlajile que celle de Lesurques. je me serais cru coupalde si j'avais laissé ocliap|*r la nioindi'e nli.iervation qui pût présenter comme une intrigue sa réelumaiion. Je ne devais rendre compte que des pièces. Je lui devais Ip-t égards qui a|)par[iennent au raalheiireu.'c méuie coupalile. Je n'ai uommé le Minisire de la Justice que jiniir parler de la lettre qu'il irait écrite à la ci -ni mission. Celte lellre ne contient aucune sollicitation, aucune demande h la commission. Ainsi, on nous a calomniés tnus les deux ; vous, en vous prêtant ce qui n'esiste pas et ce qrie vous n'avei pas fait; moi, en me faisant dire ce que je n'ai pas dit, ce que je n'aurais p»* dli dire, ce que je ne pouvais pas dire.
" Salut et fraleruilé.
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<lu j(i|;<<in('nl à la réclamalion du Conseil il y a (encore dcu:v mois el neur jours 1
" Depui» plus de cinq mois, Lesurques est en p<^ril de ta vie el ses preuves ne sont pas faites! Depuis deux mois et demi, il tient la première des déclarations par laquelle il prétend démontrer l'injustice de sa condamnation, et il lui faut encore accorder du temps!
<■ Est-il au pouvoir du Corps législatif de lui en donner?
il Le Corps législatif peut-il s'immiscer des jugements. >■
Et lorsque les jurés ont fait leurs déclarations, lorsque les ^ges ont prononcé, lorsque le retours en cassation a été épuisé, le Corps législatif, devenu tribunal réviseur, sans s'arrêter au refus du Tribunal de Cassation, ni h un jugement légal et sans appel, réfonnera-l-il la décision du jury, ou ce qui a le même vice, permetlra-t-il qu'on la revoie, ou plutôt qu'on la tienne pour non avenue? Vous sentez, citoyens représentants, dans quels inconvénients vous jetterait cette marche, et si le [irétexle du salut d'un homme en couvre un moment le danger, vous le découvrei bientAt en considérant les droils de la société entière el la nécessiti! de conserver la stabilité des jugements, et surtout la division dew pouvoirs.
Votre coniiUiesion est jiéniblement froissée entre la rrainte de dissimuler des principes d'ordre public et le senti ineni de la compassion, la répugnance de jouer le râle, qui ne lui convient nullement, d'accusateur.
Ce matin, des observations nous ont été distribuées pour Lesurques; sans doute, les membres du Conseil se seront empressés de les lire : on n'attend pas de moi que je les combatte; c'est bien asses d'avoir eu k soutenir les lamios et le désespoir d'une femme et de Irots jeunes enfants. Je ne suis ni l'adversaire ni le juge de leur mari et de leur père; tant mieux s'il peut obtenir des membres du Conseil des moyens que la commission n'aperçoit pas.
Elle vous l'a dit, ce n'est point au Corps législatif à juger Lesurques; il l'a été dans les formes prescrites par la Constitution ; il l'a été comme le sont tous tes citoyens mis en
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AVANT I. ÉCIIAFAID 197
accusation ; el s'il est vrai que son jugement est injuste, U ne nous appartiendrait pas plus d'en connaître que de nous immiscer dans un acte de mauvaise administration. Dans tous les cas, nous serons sans regrets à son ^gard, parce que nous sonnmes sans pouvoirs.
Ceux que nous avons acceptes et peut-être gardi5s trop longtemps, nous les tenions d'une espèce de nécessilt! qui nous força à les prendre. Le Directoire eni^culif présentait A notre examen im cas singulier et une innocence évidente, disait-on : quoiqu'il eût été légat, il eût été bien sévère de -se refuser à la voir; mais celte évidence n'apparaît point, €e ne sont point des preuves que l'on vous présente, mais des déclarations d'un coupable c on sort, mais des allégations qui ne sont même pas soutenues d'aucune circonstance concluante.
Si, avant le jugement, Couriol eût dit : " Ce n'est ni Lesurques, ni Bernard qui sont mes complices; ce sont seulement Laborde, qui était connu et accuse pour être dans la voiture avec le courrier, mais Rossi, Lafleur el Dubosq : pense-t-on que celte allégation eût suffi pour détruire l'as- -sertion des témoins qui reconnaissaient et Lesurques et Bernard? Pense-t-on qu'il n'eût pas fallu, pour justifier ceux-ci, présenter ceux qu'on leur substituait et obtenir leur conviction î
Or, ce qui n'aurait pas suffi avant le jugement peut-il ôtre proposé après? 11 n'y aurait pas eu, dans ce qui nous est présenté, même de quoi motiver dans l'ancien régime des lettres de revision; et vous savej combien la revision est incompatible avec la procédure verbale el de conviction morale et personnelle qui a eu lieu devant les jurés. Vous savez qu'en Angleterre le condamné peut, avant l'exécution à laquelle les juges ont droit de surseoir à temps, plaider qu'il n'est pas la personne condamnée; il peut disputer sur. son identité, mais non plus s'il est coupable ou innocent, car, dit Blackslone, c'est chose décidée.
Ici, Lesurques a été mis en jugement; c'est lui qui, après une longue défense, a été condamné. 11 vient disputer sur
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L APPAiBE DU COURB-IER DE LVON
c : il ne la iléinontre pas en détruisant le corps du délit, car alors il n'y aurait ni crime nî coupable et par conséquent pas de jugement; il dit : « Laisscz'inoi prouver que je ne suis point coupable, que d'autres le sont. >< Il vous propose de Vadmellre en rèquflle eivile contre sa condamnation. Que n'esl-il en votre pouvoir de lui accorder ce que toutes les lois anciennes et nouvelles lui refusent! Mais la loi vous le permet-elle? Vous érigeant en tribunal d'équité, vous p.xposereï-voiis à ce que chaque condamné vienne îuipélrer voire bienfaisance, comme autrefois ecUe des princes? ' Comme eus, vous seriez flattés et trompés, et mettant les intentions -et les sentiments à la place des règles, vous introdiiiriex, sous le prétexte le plus séduisant, un arbitraire dont l'exemple profiterait bicntAt aux passions pour des innovations moins excusables.
Vôtre commission persiste à vous proposer l'ordre du joar et un message pour en instruire le Directoire.
Vainement Guinier compose à la hâte un i pour demander, au nom de son client et en celui de la familte, quelques jours de délai, mémoire crié et vendu dans les rues, comme il était alors d'4]sage, pour tenter d'émouvoir l'opinion publique!
Vainement son juge même, M. Daubanton, subitement éclairé, multiplie ses démarches pour sauver sa victime !
Vainement Couriol est-il pressé de renouveler et de préciser ses précédentes déclarations !
Vainement faiUon jouer, en faveur du condamné, les amitiés les plus sûres et les influences les plus précieuses 1
Désormais tout espoir est évanoui. Aléa jacta est! II faut mourir!
Le ministre lui-même presse l'heure dernière :
Il importe, écrit-il au Président du Directoire exécutif
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AVAST L ËCHAFAUD 201
(pour lui seul, 1res pressé], le 8 brumaire, que l'arrêté de sursis soit rapporté sans délai ulltïrieur. D'une pari, l'humanilé ne permet paa (|u'oa proloage le supplice d'homme» qui sont voués à une mort inévitable, et t'est le prolonger que de dilTérer. De t'aulre, il est possible que let condamné» profitent de» relards pour corrompre leur» gardiens et s'évader : ils ont pour cela des moyens pécuniaires en grande abondance, et, s'ils lie peuvent pas las employer eux-mêmes, ils ont des parents et des amis qui peuvent le faire pour
Salut et fraternité,
MllILIN.
Quant à Lesurques, il est résigné à son sort, mais «I famille, sa femme surtout, ne peuvent se résoudre à cette inexorable infamie.
EUe ne veut croire son mari coupable; elle implore encore, elle supplie, elle mendie un peu de pitié et de temps.
Hais récliafaud est irrémédiablement dressé pour le lendemain !
Les adieux, dans la sombre prison de la Conciergerie qu'il n'a point quittée, sont déchirants' !
On se dit à bientôt peut-être, et c'est pour l'éternité I
Resté seul, Lesurques emploie sa dernière nuit à mettre en ordre, avec beaucoup de présence d'esprit
i. Cette scpoe touthuJile nous a été conservée ])ar un tableau lIu peintre lliluire Ledru, ami et témoin de Le^jurques. Le de«- ^'iii, dont nous donnons ici Ift reproduction Ililêle, eal une admirallie gravure de l'an X de Desuoyers. Celle-ci fut déimsée Itt luéme année à la BiblioUicque nationale, où nous avons pu la telpouver, département des Estampes, mais il est presque impos sible aujourdlmi de se la procurer. Quant au tableau d'Hilaire Letiru, lequel avait été autorise par le ministre k jireiidre uu ccmiuis de Lesurques dans la prison, il est daté de l'an VI el eut alors un succts considérable. Mais, malgré nos reclicrchcs, il ne nuus a pas été possible de savoir ce que celle peinture l'iaiV devenue .
202 I. AFKAIRK DU COURRIKR DE LYON
et de calme, ses affaires personnelles. Il dresse l'état
de ses dettes « actives et passives h ;
Dû H louis an (-ilnyen i.p^^rand qui a un peu aidé à me faire assassiner; mai» je lui [lardonnc de bun cœur, ainsi qu'à tous mes Ifourreaux et assassins!
Je prie mcin l'pouse, ou celui qui voudra hien se rliarger (le mes affaires, émt-il encore, de payer le plus promptement possible au eitoyen David, traiteur à Bieôlre, la Hotnmc que je puis lui devoir. Cptie dette est sacrtfe, puisque c'est pour ma nourrilure qu'il a liien voulu me donner.
Elle voudra liien faire payer aussi ;
1" Au citoyen Riveau père, pour le service qu'il a bien voulu me rendre : douze livres;
2" Six francs à Blmpii, gardien;
3" Si\ francs à Baptiste;
4° Six francs k Thomas.
Ce soni des dettes sacrées qu'on ne peut remettre.
U' ailleurs ce sont les v<buk de ton malheureux époux qui meurt victime de l'erreur.
On te remettra mes cheveux que tu voudras bien conserver, et lorsque mes enTants seront (grands, tu leur partageras en dgale partie. C'est le seul héritage que je leur laisse. ■ Adieu.
6 brumaire an V, J, Lesuhwbs.
Il écrit à plusieurs de ses amis :
A mes bons amis Coyaux, Baudart, Descamps, le brave Tixicr, Chauferl, Boutin, l.egrand, juge, et Guinier que je remercie des détuarchcs qu'il a faites pour [uoi.
La vérili^ n'a pn se faire entendre; je vais périr victime de l'erreur; puis-je espérer (jue vous consen-erei à mon épouse el à mes chers enfants la même amitié que vous m'aveï toujours témoignée, el (jue vous l'aiderez en toute circonstance?
Recevez loiis mon élerni'i adieu.
J. J.EStlit(Jl.'E8.
Recoiinuajidez-moi au citoyen Lagarde, je vous prie.
AVAM l'éCHAFALD 203
U rédige une lettre pour Dubosq, qu'il demande à son gardien de faire insérer dans les journaux :
Vous, au lieu duquel je vais mourir, contenlCï-vouw du sacrifice de ma vie. Si jamais vous êtes IraUuit en jusliee, sou venez- vous de mes trois enfants couverts d'opprobre, de leur mère au désespoir, et ne prolongez pas tant d'infortunes causées par la plus funeste ressemblance.
EnQn, il se coupe lui-même les cheveux, et écrit celte dernifere lettre ;
rue Montmartre, 2S5.
Ma bonne amie, Quand tu liras cette lettre, je n'existerai plus : un fer cruel aura tranché le fil de mes jours qui devraient être tous à toi, et que je t'avais consacrés avec tant de plaisir; mais telle est la destiné que Ton ne peut fuir en aucun cas; je devais être assassine juridiquement. Ah! j'ai suivi inon sort avec constance et un courage digne d'un homme (el que moi. Puis-je'espérer que tu en agiras de même? Plus d'un motif t'y engage. Ta vie n'est point h toi, tu la dois toul entière &. tes enfants el à ton époux, s'il te lut cher. C'esl le seul vœuK (sic) que je puisse former!.,.
Je te dis un éternel adieu et compte que mon dernier souiiir sera pour toi et mes malheureux enfants.
J. Lesurques.
Mais l'aube allait paraître.
La porte de la prison s'ouvrit.
Il était prêt à mourir.
Voulant protester en présence de la foule, et jusqu'à ses derniers moments, contre le jugement qui l'envoyait à la mort, il demanda à aller au supplice en vêlements blancs, ce qui lui fut accordé.
D,^,-„...,GoogIe
Il monte alors avec calme dans la fatale charrette et prend place à côté de Couriol et de Bernard.
Depuis la sentence, Couriol semblait personnellement indiirérent au sort qui lui était réservé. Sa seule préoccupation paraissait être d'innocenter maintenant et bien tardivement celui qu'il avait enchaîné à sa destinée et qu'un mot de lui. avant le jugement, eût peutêtre pu sauver'.
Durant le trajet de la prison au lieu du supplice, il lançait au peuple consterné ces paroles répétées : « Je suis coupable, mais Lesurques est innocent!... Lesurqucs est innocent! u
Bernard fut exécuté le premier. Son accablement était extrême, et c'est à peine s'il parvenait à se soutenir. C'est presque évanoui qu'il fut placé sur la charrette, et il périt sans prononcer une parole.
Lesurques, lui, demeurait calme, résigné et silencieux.
D'un pas ferme, il gravit les degrés de l'échafaud ; arrivé sur l'estrade déjà inondée du sang de. Bernard et de Couriol, ii proteste une dernière fois de son innocence, déclare qu'il pardonne à -ses juges, et s'abandonne aux mains du bourreau.
Un bruit sourd se fait entendre; un vague Frémissement circule dans la foule qui encombre la place de Grève.
Justice venait-elle d'être faîte?
Après avoic servi à assouvir tant de haines pohtlques et même de rancunes personnelles, l'écliafaud, le sinistre échafaud, ne venait-it point de tomber, cette fois encore, sur une tête innoccnteji
.igniodD'yGoOglc