‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, DubosqChapitre 38 sur 66 · I. Et ensuite venait cette mention · texte numérisé non relu

I. Et ensuite venait cette mention

. Je sousnigné. Greffier, concierge de la inaùion de délentinii, de Bicétre, certifie qtte le nommé Couriol a dicté lui-même la présente el qu'il a déclaré ne savoir signer. En foi de quoi, foi signé à Bicétre, h C vendéniiaii-e, l'an cinquième de la Bépabligw fra»':aise, une et indivisible. Signé : Ilanicl. -

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AVANT LÉCilAFAUD 11?

ce particulier est resté dans la maison, lia vu venir plusieurs fois un grand homme blond et un atilrc petit de taille, cheveiis et sourcils blonds, figure ronde, le menton un peu allongé, très propre et vêtu ordinairement en carmagnole; unautrcencore, gros, trapu, visage marqué de petite vérole, barbo, rbeveuv cl sourcils très noirs. Ce dernier paraissait plus élroitoment bé que les deux autres avec Vidal; Il a môme couché chez Vidal. Venait aussi une femme d'environ trente ans, très maigre et très marquée de petite vérole, cheveux noirs, assez mal velue, mais toujours en voiture.

Cauchois attesta « que, la veille du jugement, la fille Breban lui avait dit : que du nombre de ceux qui devaient paraître en jugement, Coiiriol seul était coupable, que les autres n'avaient, tremi«'! en aucune manière dans l'assassinat du courrier de la maile de LjTin, que les vrais coupables étaient édia])péa avec un l>asseport préparéà Paris lors de l'assassinat projeté; qu'elle lui a en outre nommé les vrais coupables, mais qu'il ne se rappelle, pas en ce moment de leurs noms; qu'aussitôt il a été instruit de ces faits, il a fait des démarches, tant auprès des juges du Tribunal qu'auprès du citoyen Daubanton, sans avoir pu obtenir satisfaction des demandes qu'il avait faites, u

Quant au citoyen Goulon. il déclara « qu'il connaissait le nommé Richard, qu'il traitait de cousin; qu'il ^tait allé avec la femme de celui-ci trouver la citoyenne Breban chez le citoyen Cauchois, rotonde du Temple; que ladite Breban était, à son tour, vcniie îe voir plusieurs fois et qu'elle M avait rapporté avoir dit à Coariol, dans la prison de Melun, qu'il était un c... (le ne pas s'échapper ; que, la veille ou l' avant-veille du jugement, elle lui aurait dit ces mots : « C'est bien I' malheureux, il va périr des innocenis. Couriol seul

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178 1, AFFAIRE Dr COrRBIKB DE l.VON

«est coupable; H y a longtemps que les autres sontf.., (I te canip « ; (\ue l.aborde et le grand L\onnais étaieni les vrais coupables et avaient coopéré ii l'assassinat dont s'agit ; tpie Lesurques avait été pris pour un autre; ({ue ce qui avait causé la méprise était que Lesurques avait des cheveux blonds, tandis que l'autre avait une perruque blonde: que ladite Breban Ini a encore dit que. si Couriol venait à bout de se sauver, leurs fortunes étaient faites; qu'il avait caché dans les Champs- Klysées des bagues fines, enveloppées dans un mouclioîr blanc à barre rouge; qu'il avait une chambre remplie de l4iliac en carottes ; que le vieux lîruer connaissait cette chambre. »

Goulon a déclaré ne savoir signer.

Enfin, Madeleine Breban fut entendue; elle dit « qu'avant l'époque du 3 floréal dernier, Lafleur ou le grand Lyonnais et Roussi venaient souvent chez Couriol; que Dubosqy venait aussi quelquefois; qu'elle n'y a jamais vu venir Lesurques; qu'elle a seulement vu ce dernier, qui ressemble beaucoup h Dubosq, une seule fois, chez Richard, rue de la Bûcherie, après l'époque du 8 floréal; que Lafleur était un homme d'environ trente-huit à quarante ans, de taille d'environ 5 pieds 6 à 7 pouces, qu'il a très peu de cheveux, que SCS sourcils sont très noirs et ses cheveux chittains, qu'il est beaucoup marqué de petite vérole, les yeux TOUges et surtout un des yeux plus malade quel'autre; qu'il est ordinairement vi5tu d'une houppelande couleur marron, bordure bleue; qu'il porte aussi un habit couleur noisette, chapeau rond; que Dubosq est un homme gros, de la taille d'environ 5 pieds a pouces, clieveux châtains clairs, qu'il porte ordinairement une perruque blonde, figure pleine et colon'e, nez un peu caniard. de l'âge d'environ trente ans, (pi'il est ordi-

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AVA.VT I. ÉCllAFArU (79

nairemont \èlu d'une redingote carnR'lile, cliapoau rond, souvent en bottes, une cravache à ta main ; «[ne la femme dudit Dubosq porte une perruque blonde, i|u'ellc est âgée d'environ trente ans, ([u'elle est très marquée de [lelitc vérole, très maigre: qu'ils demeurent tous deux rue Croix-des-Pelits-Champs; ((u'eile ) a même mené Landon et Maingo, officier» de paix ; que Roussi est de la laUle d'environ 5 pieds k 7[>ouœs, cheveux châtains et toufTu^j, ligure longue, visage pJlc. de beaux yeux noirs, souvent en bottes, v^tu ordinairement d'une redingote carrée grise, et souvent d'un pantalon gris; qu'il a sur un des poignets une tache de vin ; que la femme de Roussi est grande, maigre, de l'âge d'environ vingt-deux ans, cheveux et sourcils châtains, yeux beaux et bruns, assez bien mise ; iju'elle porte aussi une perruque blonde sans chignon; qu'elle a dîné une fois avec elle et son mari, Bi-uer et Couriol aux Champs-Elysées; que, le 9 llnréal, ledit Bruer et Bernard ont été la prendre chez elle, déclarante, et l'ont conduite chez Duhosq, rue Croix- des- Pe lits-Champs, où était Couriol; que là elle lui a porté un habit pour se changer; que, le jour du jugement de Couriol et autres, elle a déclaré à peu près les mêmes faits au Président du Tribunal; que. le lendemain du jugement, elle a fait pareille déclaration au Bureau central », et a déclaré ne savoir signer.

Cependant, le pourvoi des trois accusés fut rejeté par arrétdu 17 >endomiaire, an V.

La nouvelle constitution ayant aboli le droit do commutation el de grAce, Lcsurques présenta alors une requête au Directoire afin qu'il fût sursis à l'exécution de la peine jusqu'à ce qu'on ait pu vérifier les déclaralions de Couriol.

180 I. AU'AIRK DU COURRIER DK LYON

Le citoyen Sirey, alors chef de division au miiiistèrp de la Justice, plus tard avocat k la Cuur de cassation. rédigea un rapport favorable au sursis. Ce rapport approuvé par le garde des sceaux. !Merlia de Douai, fut alors transmis au Directoire qui. le 37 vendémiaire an V, adressa au Conseil des Cinq-Cents le message suivant :

Citoyens Législateurs,

Le nommé Lesurques, condamné à mort avec un nommi' r.ouriol, pour l'assassinat du courrier de Lyon, a clé déclaré innocent par ce dernier, après- le jugement rendu contre eux. Couriol a assuré que la ressemblance de Lesurques avec un des complices de l'assassinat, qii'il nomme et qui n'est pas pris, a pu tromper les témoins'.

Les déclarations de Couriol sont confirmées par celles de quelques autres personnes entendues après lesdites déclaralions, postérieurement aussi, par conséquent, au jugement rendu. Lesurques, qui s'était pourvu en cassaliiin, se réservait de faire valoir les moyens que ces déclarations lui présentaient, lors(|u'il aurait été renvoyé par-devant le nouveau tribunal qu'il demandait. Mais le Tribunal de Cassation. a trouvé que toutes les formes prescrites par la loi avaient été observées. ,11 n'a pu eonséquemment casser la procédure.

Quelle inarrhe convient-il de suivre dans cette circonstance? Lesur(|ues, s'il est innocent, doit-il périr sur l'éciiafaud, parce qu'il ressemble à un coupable ? Le Directoire appelle votre attention sur cet objet, citoyens représentants, et il vous observe qu'il n'y a pas un moment à perdre, puisque, demain matin, le jugement à mort doit être exécuté. Signé : Lareveilière-Lepeauï, président*.

1. 11 semble y avoir là une confusion. Ce n'est point Couriol, iNflis seulement la fille Brel>ail qiii, k cetle date, a parle! de cette ressemblance.

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AVA>T L ÉCIIAFAUD 181

Sur la proposition de deux de ses membres, Baîlleul et Gucrin du Loiret, le sursis fut accorde et trois représentants, Treilhard, Siméon et Crassous, chargés, comme commissaires, de l'eicamen de l'anaire.

C'était ia première fois que, depuis le fatal jugemest, Lesurques et surtout sa famille renaissaient k l'espoir.

Le représentant du peuple, Siméon, fut désigné par la commission pour rédiger un prompt rapport et reçut communication de cette nouvelle lettre que Couriol venait d'adresser au ministre de la Justice :

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donne dedtlld g tq raljt

un grand j d tt IT q I y d t

que je su 1 I dét àB ( i | t [ à tt

affaire; I t l t

Je vuu p d d I J t t I I I t 1

Caire arr t 1 fill B I If I g 11

indiquera ( l pbl Llyl td rat

Pirvis-N l D 1 1 t y B d fè

<ia marc) d d t q I d d 1 fill

Breban ; q t i j 1 |

Le jug d p q t 1 I p 1 p U p d

inlérèl à 1 fill B b l i 1 1 f èl

„-,;oû;,GoOglc

j'ignore quelles peuvent f<lre ses raisons à cet égard'. EUu a (lértaré que le partage a été fait cheï Dubosq, qui est encore à Paris. Il résulte que les auteurs principaux du crime sont à Paris, libres, et que des innocents touchent au moment d'Atre virtiiiies. Je ne prétends point être innoceni, mais, sur ce qu'il y a de plus sacré, je Jure que Lesurques est innocent ainsi que Bernard cl Richard'.

La justice vous commande impérieusement d'examiner avec attention ma déclaration et de prendre (ouïes les mesures pour que la justice soit rendue à qui elle appartient.

Je déclare n'avoir jamais connu Lesurques; je l'a'i vu une seule fois dans ma vie, par hasard, chez le citoyen Richard ail il est entré pendant que j'y étais, et ce, le IS floréal an IV, , à onie heures du matin. Je né l'avais jamais tu depuis qu'i l'époque où il a été détenu avec mot. Mes interrogatoires' n'ont jamais varié sur ce fait, qui est la plus exacte vérité.

11 y a donc des victimes détenues par rapport à moi, et c'est un r«gret que mon cœur ne peut supporter.

La justice, la raison, les devoirs de voire place, loul exige que vous vous fassiez rendre compte de cette affaire. Je vous indique la fille Breban; elle vous dira où est le priacipal auteur qui est un nommé Dubosq qui ressemble par< faitement à Lesurques et vous ne laisserez pas e<msoninier une injustice aussi révoltante.

Si le Bureau central vous a fait passer la déclaration que je lui ai faite et si le juge de paix de Paris n'eut pas quelque intérêt à éloigner la fille Breban, les choses n'en aeraienl

1. N'ètail-ce |m p a al ivSie, le désir de retarder'le moment fatal ou 1 es de e o encore une fois en prisun sa

plutô que e c d une conscience prise de remords, soit ècr re ce e e Ot bizarre.

ira de ti u es autres considnralions, n'espérait-il point jMirvena t j> fa re rouir r l'instruction, on eslilneTail dit int rè pour le onfronlations k surseoir sine dit I. C'était dbà lots ne créer des possibilités et des ùon. C'est d'alltenrs la tactique qu'imagina plus tard Richard, avec Dulxisq et Roussy.

2. Cependant ils sont aussi coupables que sa maîtresse dont il demajide [Hiurtant 1'

„-,;oû;,GoOglc

AVA>T [,'Ér.II4FAU0 183

PM OÙ elles en sont : c'est i vous à raire rxaminrr l'affaire; je vous affirme la d^rlaralion que je vous fats par la {inisente à Bici'Iro, le 2S vende mi aire an V de la Ilépiibliiiiie.

Couriol ne sachant signer, cotte déclaration fut recueillie cl certifiée par le grefiici', concierge de la prison.

Le 5 brumaire an V, le rcprcsenlant Siiniion, au nom de la commission, fait son rapport au (Conseil (les Cinq-Cents.

L'avenir devait apporter quelques di'mentis aux assertions qu'il contenait; cependant, il csl fort intéressant dans son ensemble; mais comme il est nettement hostile à la cause de Lesurques. les partisans de ce dernier ont toujours négligé de le repioduire in extenso. Nous n'imiterons pas celte discrétion.

Coneeil (les Cinq-Centu'.

-Audience tlu S brumaire*.

Citoyens eolti'gues,

SiMÉoN : — A côté dcH crimes atroees (|i[i affligent et allaquent k sociétë, il est bean de voir la sévéï'ilé des lois ocrapée à les réprimer, et la bienfaisante Immaiiité veiller auprès des tribiinau^c pour aider à la dtffense des accusés et au triomphe des innocents.

En remontant k l'aneienne iuslilution des jurés, In re|jrésenlalion nationale avait pensé (lue tout étail rait pour la découverte de ta vérité en matière eriiiiinelle. Cejieudant, un cas *ent semble se jouer de la prévoyance des législateurs.

La loi, égarée peut-être, prèle à frapiier un ciloyen victime, dil-on, de sa funesle ressemblance aver un rou|)able; "1 grand pouvoir craignanl de [jasser ses limilos, même

du Ip brumaire an V.

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i8t L AFFAIRE DL' COLBRIER DE LÏON

. pour '(uspcndrc ee qui lut (lait priSsenItf comme une inju»^ ticp invraiseitiblabio et sanglante une accLim du pou\oir ext'rultf surprise un moment cherchant dans des lois des mojcns quelle nyapcrQoit paa mais it^dant a ce mouie ment d humanité et de jushce qui comme la nécessite s ëlÈvc au dessus de toutes les lois et défend à grands cns' de verser le sang inancent tel c^t I intireasant tableau qu a prt'sentc' \otre séance du 27 lendéiniaire

G est dans de pareilles circonstani.es qu aucune dispo sition Itgalc ne saurait enchaîner la première iin[ression du senliment, c est alors que la loi qui pardonne a un père de dcfcndre son fils mt^inc par un meurtre enjoint à tous ses magistrats de sauver s ils le peuvent un citoyen des erreurs quelle a pu co nmettre Qu est-ce en efftt que la nécessité dexécuter un jugement iriminel dans les iingt quatre heures, a côte du devoir de umscrver la \ie a un homme injustement condamne *

Filicitons-nous donc, comme dune bonne action d avoir indiqué au Directoire p\é(utif que dans des cirumslameaussi extraordinaires il est dans sis pouvoirs de surseoir, non à un jugement dont il ne peut connaître mais a une exci ulion dont ses agent* sont charges

Il I st possible qu une combinaison adroite qu une coUu Bion officieuse entre un coupable cl ses complices aient tendu un piege a votre scnsibihtL nimporte, il vaut mieux se convaincre qu on a clé trompé que de refuser, de peur de 1 être desulairer et que de s exposer a des regrets Nous compterons le 27 vendémiaire au nombre de ndb jours heufLux SI nous avons pu ce jour sauver un innocent

La commission nommcc pour 1 examen du message du Directoire executif relatif à I esurque^ frappée comme le conseil de 1 importance du sujet, a dévore avec autant dal tenlion que d avidité les picecs qui lui étaient prcsenlces Deux glandes pensées loccupaient . apercevoir clairement rinnocencc du condamné, trouver des moyens légaux de pourvoir à son salut et de garantir en même temps celui des infortunés «[ui pourraient tomber dans un semblable malheur.

.,gniod.,GoOglc

AVAKT 1. ÉCIIAFALD 183

Avec quelle douleur, au lieu de l'évidence nu'elle cs|it'rait renconlrcr, elle n'a vu que la dériaralion d'un condamné, nofnmé Couriol, en dale du 19 thermidor dernier, lendemain ■je son jugemeal ! Elle (tortc que l.esurqucs cl Bernard, 'Condamnés avec lui k mnrt f nmme ^'onvainnia du vol et de l'aBsaPsinal du eourrierdcl.yon et du |mstillon conduisani la bronclte, commis le 8 floréal, vers neuf heures du soir, ne sont jminl coupables; que Biehard, condaiitné aux fers pour recèlemenl, ne t'est pas non |)1u>. Elle dégignc, à la place (le Lcsurques et de Bernard, deux autres individus, Dubo«(| «I Jcan-Baptisle dont il n'avait pas été question dans le cours du procès.

Celle première déclaration est suivie d'une déclaration plus étendue, Taite le 21 Iheniiidnr sur la demande et d'après une lettre de Lesurques, au Bureau central. Couriol j a nommé et désigné comme ses vrais complices, non deux, mais quatre individus. A Dubosq cl à Jean- Baptiste, dit Laborde, sont joints RosbI, italien, et I.afleur.

A l'appui de ces dcclaratinns, quatre individus ont été, le IT vendémiaire, chez un juge de paix, faire d'office et pour rendre, dirent-ils, hommage k la vérité, les déclarations suivantes.

Jean-François Perrin, portier d'une maison sise rue des Fontaines, raconte qu'il y a environ quatre mois un nommé Vidal vint prendre dans la maison où il est portier, un appartement de 400 livres par année; qu'au bout de quinze jours, il vendit ses meubles et partit, dit-il, pour I.yon, où il avait perdu son père; que, pendant les quinze jours qu'il est demeuré dans la maison, trois hommes, dont Perrin donne le signalement, sont venus souvent le voir.

Onjie sait ce que c'est que ce Vidal. Ni le procès, ni les déclarations de Couriol n'ont fait mention de lui. Rien dans la déclaration de Perrin qui paraisse reialif à Lesurques.

Deux autres témoins. Cauchois, menuisier, Goulon, cordonnier, ont ouï dire : le premier, chargé de la garde de la fdie Breban, mallresse de Couriol, que, des mis en jugement, son amant seul élail coupable ; que les autres étaient

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186 L AFTAISK I>l: COURRIER DE LÎON

innocents, que les vrais coupables s'étaîenl debàppés avec des passejinrlM préparés à Pari» liirs de l'assassinai.

Gnul'in a oui dire la inc'iiH' chose i la fille Brébant; et, dp plus, que Lrsurqucs avail été pris pour un aulre, ijue Iï mi'prise venait do ée qtie Lesurques avait les cheveux blonds, tandis (pie l'autre avait une perruque blonde.

Enfin I» fille Brebnn affirme que Lesiin|ups n'a jamais été chez Coiiriol, où elle a vu tous ceux que Couriol accuse ; elle (IépO)4e que Lesungues, qu'elle n'a vu qu'une seule foi« après le vol, chez RtcbnnI, un dex condamnes, ressemble beaucoup à Dubosq. C'est sur cette ressemblance, ainai atleslée, qiL'il faut croire que se sont Ironijiés sept téuioin», qui ont reconnu Lesurques pour un desquatrchoinniesqu'on a vus à MontgiTon et à Lieursaint, à le plus grande clarté du jour, le 8 flori'al, jour du v<d et de l'uiisassinat, et qu^ls ont confondu un homme à cheveux blonds avec le nonuiié Dubosq, signalé comme ajaiil des cheveux chAtaiiis, mais portant une perruque blonde.

Le 29 vendéuiiflire, le Directoire vous a env()yé, |wr un second tnessa^', une troisième déclaratitm du même jour, à lui adrrssi^e, dans laquelle C<uiriol publie, à la face du ciel et de l'univers, que les condamnés ne sont pas coupables, et, entre autres,' le nommé Lesurqucs, qu'il n'a vu qu'une seule fois, et un seul instant : il avait cru, ilit-il, se sauver à la faveur do leur innocence, et il ne veut pas les entraîner dans le tombeau.

Votre commission s'est demandiie quelle peut être la forer des di'clarations plus ou moins répétées d'un condamné en faveur fie ses co-condaninés ; quelle valeur jjeuvent avoir des déelarutinns extra-judiciaires de témoins qui se |)résentent d'eux-mêmes après un jugement.

La réponse n'était pas difficile. Quel est le condamné qui, pour une somme d'argent qui serait assurée k sa famille, ou. même par une gt'nérosité qui ne lui coûterait rien, ne se pn^lerait pas à décharger un complice dont la mort ne saurait lui être utile et empêcher la sienne 7 Cela pourrait uiéme devenir bientôt un pacfe entre ces scélérats; ils ronvien-

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AVANT l'ÉCHAFACD 187

itmnt de celui on de ceux qu'en cas de condaLiiiiHliuii il faudrait cenlc

Quel e t le cnnda nne qu a| rf-s atoir éimim'- Uiutns les ressour c q e la lo f urn t a sa dcfcnse, ne trmiverait pas les yens dp sp | r c rer a| rès sein jiigeiriPiil, quelques lénioint s rt t << I [a t r che surtout s'il n'agissait d'un vol tel que celu de sept II ons en assignats, de treize mille livres en nuuicraire, d'une grande quantité de res~ triplions et de mandais? Lui serail-il difrii-ile de faire renaître en sa faveur les doutes rc|iou8sés et êi-laircis contre lui par les junis ?

Noua espérions, lorstjuc noua avons l'Ib ap|>elés à examiner la dôftaration de Lesurqnes, reni'ontrer quelqu'un de i^P!! traits de lumière qui, en manifestant évideinnicnt une grande erreur, forcent à créer, s'il en est besoin, des rciuèdos pnur la réparer. Nous espérions qu'il serait déiuimtré que, (les condamnés, le seul Couriol était coupable ; que Bernard, et Lesurqucs, et Richard allaient faire loucher bu doigt leur innocence ; qu'ils n'avaient aurune liaison avec Couriol ; Hue, surtout, à l'époque du crime, ils étaient loin de lui; i)im1s justifiaient de la manière la plus précise, la plus frappante de leur alibi ; au lieu de cela, c'est Couriol qui, •consentant A niourir seul, parce que pour mourir on n'a pas besoin d'associés comme pour un vol inijiurtant et pour l'assassinat de deux liummes courageux, substitue à ses col'undainnés des individus qu'il désigne et dépeint & sun gré, 'i|ui peuvent avoir eu ou n'avoir pas eu part au criuie, sans ijue, pour cela, ceux que l'accusateur public a poursuivis avec lui soient innocents,

Kous voyons l'officieux Couriol absoudre par sa déclaration et le receleur Richard et les complices du vol et de l'assassinai, Bernard et Lesurques, sans que ni Richard ni Bernard songent à réclamer. C'est Lesurques qui suit seul une tenlalive qui serait si prolilablc à tous. Bernard elRichnrd dcdaigncraicnt-ils donc lesbienfails de Couriol, ou ne les y a-l-ou tompris que parce que, pour sauver Lesurques, il fallait substituer, à tous les acteurs en vue, une troupe nouvelle î

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On accuse des hommes absents et suspects, d^à plusieurs sont prévcnusel repris de justice, qui, dit-on, ont quille Paris peu de temps après le vol. Celle indication est bien choisie : mais est-elle concluante? esl-elle décisive îjustifiet-elle Lesurques ? allèguc-t-on des faits relatifs à sa décharge? détruit-on des témoignages produits contre lui?

Nous conrevions comment l'atroce Couriol, indifférent à la mort ou k la vie de ses co-accusés, avait pu consf:ntir à les forger par son silence pendant tout le e>ours de la procédure, et qu'enfin, à la veille de passer dans une autre vie, pris de remords, il avait pu se déterminer à déclarer «ne vérité qu'il avait trop longtemps étoulTée ; mais nous nous demandions comment un citoyen riche, dit-on, et surtout innocent, n'avail pas, avec ce ton tout-puissant et sublime de la vérité, interpellé Couriol ; comment il ne lui avait pas arraché, en présence des jurés et du tribunal, cette déclaration obscure el si tardive ; comment, avec cet accent si persuasif de l'innocence calomniée, il n'avait pas rendu compte à ses juges de toutes ses actions, de tous ses moments, à l'époque du 8 floréal.

Pour ne rien omettre, pour veiller ik sa défense, autant qu'il nous paraissait l'avoir négligée, nous avons voulu savoir ce qui s'élait passé au Tribunal de Cassation et dans les débats au Tribunal criminel.

Au Tribunal de Cassation, on a plaidé son innocence, fondée sur des déclarations oxlra-judiciaires, el quasi posthumes, de Couriol et des quatre témoins dont j'ai rendu compte. On a allégué des nullités chimériques. Le Tribunal de Cassation, qui n'est point destiné k connaître du fond, ne les ayant pas trouvées réelles, a débouté Lesurques, mais nous pensons que, si une innocence évidente eût frappé ce Iri- , bunal, alors, empruntant de la force des faitâ quelque couleur pour les moyens de cassation, il aurait équilablement vu dans les griefs les plus légers une ressource précieuse et décisive ; peul-éire tout lui eût paru bon pour casser, parce que tout est bon pour empêcher un assassinat juridique; ou, si l'austérilé de ses devoirs et les bornes de ses fonctions ne

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AVANT LÉCHAFAID 189

liiiaTaient paa permis celle pieuse hardîeBse, il eût Tail au mnins un référé au Corps lé^çislalif pour ravertir de l'impuisBance des lois, el l'appeler au secours de l'iimocent qu'elles ne pouvaient sauTcr.

Lé Tribunal de Casealion n'avait donc pas vu celle luuiièrc que nous cherchions et dont nous étions avides.

Quelques rayons se seraient-ils échappés dans le Tribunal mminelîY auraient-ils été obscurcis î Et les déclara lions postérieures, trop insuffisantes, qui nous étaient fournies, pouvaienl-eltes, en se réunissant à eux, nous fournir un fais- «eau suffisant?

Hélas I nous avons vu que les débals ont duré deux ou trois jours et à peu pris trois nuits ; nous avons vu que qualre-vingts témoins à décharge ' ont été entendus pour I*snrqup8; que tout avait clé dit, excepté de substituer à lui et aux autres 'accusés, reconnus par des témoins non suspecis, des hommes que l'on n'a point vus, et qu'on n'a nommas, désignés et chargi's qu'après coup.

Lesurques a été reconnu par sept Icnioins qui l'ont vu, 'an! à Montgeron qu'à Lieursainl, fesant partie des quatre Voyageurs signalés pour les auteurs des assassinats.

l-'àubergiste de I.ieursaint el sa fenune l'ont spécialeuient ^^^'gnt- pour celui à qui appartenait un éperon argenté, trouvé auprès des cadavres. La femme lui avait donné du (il S ^(«'Ursaint pour raccommoder cet éperon ; elle a reconnu If fil qu'elle avait elle-même lilé et relordu,

l-f surques a déjeûné le 12 floréal avec Couriol et Guénot, fff— accusés, chez Richard, autre accusé.

^*ïs«rques n'avait point de carte de sûreté en son nom, il en avait une au nom de son cousin ; il en avait une autre en "'f*n<; j ;t n'avail qu'un passeport suranné.

^^ a été arrêté au Bureau central, où il se Irouvait avec "'i*in<.l, aulre accusé. On a fait valoir dans son mémoire que,

*,- C'est une erreur ; Lcsurques ne fit entendre que seiw lèt^'^însi décharge. Ilyeutbien environ qu^itre-vingts témoinsen- '^'î»]», mais cinquïnte-six étaient i charge. 11.

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190 I. AKKArUK Di' i:Oi:ilRlER DE LYON

s'il pfit l'fi'^ cimiiablc, il ii'cùl pas (''II' se tneltre dans'les iiiains ilp la iiolicp. Uais ifu'allail-il faire an Bureau cpntral? El n'nllni!-il pas surtout, t'Ianl avci- liurnni et après le (li'jpûnn- lin 12 chrz Itidiard, avor Gm'-nnI el Cniiriol, savoir i-e qui se passait à la iioiice? rTesl-îl pas à craindre (|u'il y eùl uit grand iiit<'rt*t?

Cette t'ulalion autour du Iturcau eenira) est donc bien loin rt'AIre k sa ili'rhargr, et, ijiiand on la joint au vice de ses papierM, à Hun déjeuner avec Cuiiriol, Gucnot et Richard, avec la reconnaisnance de son éperon joint à la procédure, avec celle de su personne par sepi léinoins, on n'a que trop à redoiLter de ne poinl trouver un innocenl.

Il a voulu prouver un a/fbi pendant les débats! ;'des témoins ont alleslé (ju'il étail resté le 9 floréal, depuis neuf lieiires du matin jii.s(|u'à deux, chez le citoyen Legrand- l.<^ citoyen l.egrand et d'aulres léiiioins ont allégué en preuve une négo~ dation [aile dans ce temps-là par I.egrand en présence de I.esunpies. I.e registre de Legrnnd a élé produit. l.eTribunal a été frappé' d'une surcharge par laquelle on avait d'un 9, v<^rilable date de In négocîalion, fait un 8. Des e\perls ont vérifié ce faux; I.egrand liii-iufluie l'a reconnu; il a avoué, ainsi que les autres léuioitis, que c'était son registre qui Tavait Irouipé sur le jour, et que son registre avait été, à son insu, falsifié dans sa bouli(|iie. Lesun[ues lui-iurtine a convenu que tous les témoignages sur sa présence chez Legrand le H tlorfal, depuis neuf heures du malin jusqu'à deux, devaient élre rejelés,

A défaut (le ce premier alibi, un autre a été proposé : I.esur(|aes aurait passé la soirée du 8 floréal chez une fillo, noinuu'e Dargence. On a voulu savoir si cette date du 8 floréal étail une leçon répétée niacbinaleuicnt par cette jeune fille, ou si c'élait l'expression d'un fait \Tai. On lui a demandé si elle connaissait le nouveau calendrier, quel mois précède, quel mois suit celui do floréal, combien ces mois -ont do jours. Elle l'a ignoré. Cette flile Dargence est de plus une inconnue qu'on no trouve point au domicile qu'elle s'est donné.

.,gniod.,GoOgIc

AVANT l'ÉCIIAPACK 191

Bernard, aulre conclaiiiné que Courinl juHlilïn «près coup, avait voulu également prouver son alibi par des téiiiuignageï qui se sont trouvi^s Faux el contradicloirex.

Et c'est apri'S ces lionleuï essais, aprèn que trois jours et (rois nuits ont été ëpuist-g en débals, après que les jurt^s ont prononcé que les arcusi^t étaient convaincus, qu'on essaie de substituer, à d'inutile» el fausses iléfcnsos produites légalement, des déclarations illégales et, ce qui est pire, insigainantes.

It nous en a coflté de vous rappeler ces Irisles détails : autant nous eussions plaidé avec force et satisfaction la cause de l'innocence opprimée, autant il nous a été douloureux d'avoir il vous entretenir des charges dont la connaissance est étrangère k vos fonctions. Le Conseil n'a point à exercer un po or jud c a re l ne veut i nt ! exercer Ha s I faut savo r s ette a cusat on jug e le 8 ther u dor p ^senta t co nn e on us 1 a d ( des rco sla ces assez

ngul re a scï extraord na res | ur ex ger otre nte enl on el [ o r ous fourn r le do ble avantage en sau Tant un h e de re pi r une lacu e q c 1 on sup| osa t dans n Irc procédure cr nelle

Plut au el que es c rconstanccs ex stasscnt et que nous e ss ons de efforts à fa re pour sa o r co ent sans ren

rser de fond en co ble l nsl lution des jur on pourra t labl r des re ons de procè" c n neU I

Ma s ces c rconstances n ex slant pa« san ] ro on er s I e que e>>t nno ent o coupable pr blè e qu n est pu nt de notre en p ten e nous vous d son Lesurques

l juge l est alable nent jugt I e recours en ra at on dont 1 a usé et q ne 1 a pas rcu s l atteste Un noment a a pu ouvr r 1 ore lie a es r s la ju t d ni 1 act on

a po nt k suipend e a lont la r gueur a te d ff r e u ne elle l est dans ertd as dans cel pir exen pie de la gros esse d ne fe e ondamnce la jusl ce do t re prendre s n cours I e den e )u le a t sort r des p ces que I accusé a présentées ncst f nt apparue son attente et la notre ont ete trompées . tout rentre dans 1 ordre accoutumé !

D,^,-„...,Coogli:

192 r, AFrAIBE DU COURHIER de LYON

Nous ilpvons iiiaiDienant, en nous élevant à des considérations gf^néralos d'ordre et de bien public, faire remarquer, puisque les circonalances nous le permettent, combien il serait dangereux d'introduire après coup de nouveaux moyens jualiricatiFs en faveur des accusés. On so fonderait en vain sur le prix inestiiiisble de la vie ; il faut considérer le bien t^néral : pas un accusé qui ne se créât bienlôt des moyens d'éluder sa condamnation, qui n'obtint, de la commisération ou de l'inlérét, des déclarations officieuses.

Qu'on eût établi dans l'ancien régime des lettres de revision, les formes inquisitorïales de la procédure, les nombreuses erreurs qu'elles enlralnaienl, l'exigeaient peut-être. Mais, à ces faveurs obtenues bien plus souvent par le crédit ou la fortune que par la justice, nous avons substitué une manière de procéder si favorable aux accusés qu'il est facile qu'elle sauve beaucoup de coupables, et qu'il est presque impossible qu'elle Frappe un innocent. Où s'arrôlera-t-on, si les jugements ne peuvent être définitifs; si, lorsque trois jurés sur douïe peuvent absoudre', l'accusé qui n'a pu obtenir son absolution vient, au prétexte de nouveaux témoignages en sa faveur, réclamer un nouveau jugement?

La décUion du jui-y, dit le Code des délits el des peines, ne peut Jamais itre soumise à l'appel. Néanmoins, elle ouvre encore une ressource \ l'accusé < Si le tribunal est unani mement daiis que les jures tout tn obsenanl ka formes se sont trompés au fond il ordonne que les trois jures adjoints se réuniront aux douze premiers pour donner une nouvelle déclaration au't quatre iinquLèmes des voix*

« Nuina le droit de provoquer celle nouielle délibéra lion. Le tribunal ne peut I ordonner que d office et immé dialement après que la déclaration du jury a clé prononeie à l'auditoire

C'est, par cons quenl a^ant le jugement que cette espèce de recours a heu mais, après le jugement tout est coo

1, Depuis la loi du 9 juin 1853 il faut au -r n mum C iLit pour l'acquittement contre b

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