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314 LAFFAIRK Di; COURRIER DE L\OS
VOUS le silence ou les rcvélatioas même d'un délemi. 11 écrivait donc, le 3o messidor an V...
Dldosq. — C'est bien vieux!
Le Président. — Rassurez- vous, Dubosq, Richard a •clé cité, et nous verrons s'il conûime celte lettre, entre autres, qu'il adressait au juge Daubanton, pi'éciscment de la prison de Rochefort, où il était incarcéré :
Citoyen, je vous dt'cUre que le 13 floréal an IV, j'ai déjeuné sur le boulevard du Temple avec Courriol, Dubos, Roucliy, Lafleur et le prétendu Jean-Baptiste Laborde, aiu^i <|u'avec Bruer qui demeurait chez Courriol ; que là, il y s eu une conversation dans la(|uelle j'entendis que le parlage s'était fait cliez Dubos, que Dubos et Courriol sont ceux >pù ont massacré le postillon et que Roucliy et Lafleur se sont jetés sur le courrier, tandis que Laborde perçait le corps du courrier avec un grand couteau, qu'il manqua même d'êlie la victime de ses deux complices, qui se Irompoient, ea le prenant pour le courrier. Croyez, citoyen, que mes inlentiona ne sont que de faire punir les vrais coupables, et que, si l'on me faisait paraître les accusés devant moy, je n'aurais pas de peines à les convaincre et qui ne pourraient pas nier d'autres faits que je leurs avam-erois.
Vous connaissez tous mes maltieurs, ce n'est pas dans ma position que l'on cherche à tromper les juges.
La fille Biehant peut vous instruire ainsi que bruer, maie ils nieront tout cela crainte de se compromellrc.
Croyez que je n'emjdoye que la vérité et que je la dois i la justice.
Je persiste toujours, comme dans mes précédantes, que VOUE* me fassiez paipitre les accusés et que je les conlon-
Si je persiste k vous demander à parollre devant les accusés, c'est que je crains qu'il ne se commette encore une erreur aussi grande qu'envers Le Surques, et que ces individus ne soient pas ceux que j'ai parlé dans mes lettres. PiEnnE llic]i.vRi>, n" 121.
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AFFAinK DUilOSQ 31S
Le Président, continuant. — Et celte di'cla ration fut réitérée par Richard, le i" Uiermidor an V, auprès^ du juge de pai\ de Rochefort qui, k cet elTet, s'était transporté au bagne de ce port. Niez-vous toujours, Duhosq?
Dlbosq. — Nier quoi? Que je suis coupable? Pour sûr. Il n'y a que ces habitues du bagne ou de la prison, qui ont encore la marque des fers, qui se plaisent à me reconnaître. Les vrais témoins, ceux-là ne l'ont pu le faire I
Le Présidë\-t. — Audîencier, faites avancer Richard. (A Richard : ) Devant votre condamnation, vous n'êtes pas admis à faire la promesse prescrite par l'article 35o du Code des Déhts' et des Peines'; vous n'êtes donc entendu qu'à titre de renseignement. Connaissez- vous
I^chaud. — Oui. Le i3 floréal an IV, je fus invité
par le nommé Courriol, bijoutier à Paris, d'aller déjeuner avec lui; ayant accepté son invitation, nous fûmes ensemble àuCadranbleu, sur le boulevard du Temple, nù nous avons trouvé l'accusé ici présent, les nommé» Rouchy, Lafleur, Rruèr et un particulier qui dit se nommer Jean-Baptiste Laborde; je ne les connaissais pas alors; nous avons déjeuné ensemble; durant le déjeuner, j'eus besoin de sortir un instant; en rentrant, j'entendis lesdits Courriol, Dubos, Rouchy, Lafieur et Laborde qui se disputaient à l'occasion d'un partage qu'ils prétendaient n'être pas égal, et qui avait été fait chez Dubos. Après notre jugement de condamnation, et étant avec Courriol dans la prison de (iBisaitre», ce dernier me dit qu'il était l'auteur, ainsi que Dubos, du massacre du postillon qui conduisait la malle de
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Lyon, que Rouchy et LaUeur s'étaient jelés sur le courrier, tandis que Laborcle lui perçait le corps avec un grand couteau ; que ce dernier faillit être la victime de Rouchy et de Lafleur, parce qu'ila le prirent pour le courrier en entrant dans la voiture. "
Le Président. — Celui qui est la, vous le reconnaissez bien?
Le Témoin. — Oui, citoyen.
DcBOSQ. — Si c'était la vérité, pourquoi ne l'a-t-il pas dit plus tôt à Paris, au Tribunal, quand il a passé avec Gourriol?
Le Président. — Il est toujours temps de dire la vérité, et il est regrettable que ce moment ne soit pas encore venu pour vous.
DuBOSQ. — Quand je ta dis, on me répond que ce n'est pas vrai I Je vais être obligé de commencer à mentir, comme tous ces particuliers !
Le Présidest. — ■ Tenez, voilà une bonne occasion de la dire, car vous connaissez certainement la maîtresse de Courriol, la fille Breban aujourd'bui femme Fenet )
DuBosQ. — Ne connaissant pas Courriol, je ne vois pas comment je connaîtrais sa maîtresse ; ce qui ne l'empêchera peut-être pas, comme les autres, de me reconnaître tout de môme. D'abord, celle-là, je la récuse.
Le PRÉsroENT. — Mais je croyais que vous ne la connaissiez pas !>
DuDOSQ. — Si, je me souviens maintenant;. j'en ai entendu tant de fois parler. On l'a relâchée peu de temps après le procès Courriol et Lesurques, et, un an plus tard, on l'arrêlaît de nouveau à Dijon avec le bourreau; on la tint une dizaine dejours dans un secret
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AFPAIBK ornosy ai-
particulier à Paris, pour la faire convenir de ce ([u'eUe devait dire.
Le PRÉsir>E;^T. — Esl-co bîenLiH fini?
DuuosQ. ~ Aussîtôt £â déposilion faite, 1rs gendarmes la laissent retourner à Paris où elle s'est rendue avec Dniibanton.
Le Présidest. — Je vous ai déjà dit de parler plus respectueusement d'un niagislrat.
DiiiosQ. — D'un ci-devant magistrat. Quoiqu'il en soit, il l'a fait monter dans son cabriolet ; tous les gendarmes de Mehin pourraient attester l'avoir délacée plusieurs fois dans la salle, suffoquant par la boisson qu'on lui faisait prendre, car on l'a saoulée, et on metlait à côté d'elle, sur In table du grclïier, un grand vase de liqueur pour l'entretenir dans cet élat jusqu'à ce qu'elle ait réjiété sa leçon '.
Le Président. — Vbus ne direz point que cette fois on ne vousiaisse pas tout dire, même les choses les plus extravagantes. — Audiencier, faites avancer la fille Breban , mais je vous engage, Dubosq, à vous montrer, devant le témoin, plus modéré.
Madeleine Bbeban, femme ÎNicolas Ferrel, exécuteur des hautes-œuvres du département delà Côte-d'Or, vingt-trois ans, et demeurant k Paris, rue Mazarlnc, depuis son arrestation momentanée : h Je reconnais que j'ai vécu avec Courriol pendant environ dix à onze mois à Paris, rue du l'etit-Reposoir, à l'bôtel Guillaume Tell, près la place Victoire. Pendant ce temps, j'ai vu venir assez fréquemment chez Courriol un individu qu'on appelle Vidal-Dufour, et qui alors portait le nom de « Grand Lyonnais » et Dubosq qui, lui, venait plus rarement. Roussy y venait aussi, et