‹ L'affaire du courrier de Lyon: les procès Lesurques, Durochat. Vidal, DubosqChapitre 48 sur 66 · I. Mrinoirc de Dubosq à sun défenseiic · texte numérisé non relu

I. Mrinoirc de Dubosq à sun défenseiic

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DuBOSQ. — Je VOUS répondrai, si vous me le peimetlez, que. mon inlenlion étant de passer en Angleterre, je complais m'introduire dans leurs magasinsàpoudre, leurs arsenaux, leure chanlJera, etc., etc., pour y faire sauter et incendier ce que j'aurais pu, en revanche de ce qu'ils nous ont fait à Toulon et dans tant d'autres occasions et qu'ils réitèrent aussi souvent qu'ils le peuvent.

Le Pbésidb^t. — Voilà qui est fort bien, Diibosq. Celte abnégation de vous-même, ce sacrifice à voire pairie sont des sentiments auxquels vous ne nous aviez point habitués. L'invention en est heureuse; malheureusement elle est bien tardive et bien peu vraisemblable. Mais revenons aux clés.

DuBOSQ. — Je suis la victime d'une maudite cabale qui, depuis la mort de Lesurques, conspire contre moi.

Le Président. — Si vous voulez. Mais personne ne le croit, pas même vous. Revenons phitôt aux clés.

DuBosQ. — Mon intention, disais-je, étant de passer en Angleterre, j'avais imaginé, à cet effet, ces sortes de clés qui se démontent et qui abi-ègent tant le volume. D'ailleurs, on ne peut pas dire que je suis un si grand voleur, puisque je suis sans le sou.

Le Présiuemt. — Comme tous les voleurs, l'argent ne reste pas dans vos mains ; mais qui a pu donner à Durochât et à Vidal loul l'argent qu'ils avaient en pri-

- C'est encore une histoire imaginée. Je me suis emporté hier, mais heureusement Je suis plus calme et je veux discuter.

Le Président. — Voilà une louable résolution.

DuBOSQ *. — Avant la prétendue confession de Duro-

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diat, on suivait sans pailialité les formes oidînaires, et sans Masson, huissier, qui de Paiis transféra les prisonniers à Melun, je devais être le lendemain mis hors d'accusation. Aucune ombre de preuve n'existant plus contre moi, j'élais absous; mais, à son retour à Paris, il s'empressa d'informer Daubanton de toutes ces choses.

Le PnÉsinEHT. — Sonl-ce là vos belles résolutions? DuBosQ. — Celui-ci accourt donc sans perdre de temps, fait suspendre la convocation des jurés, et, en nn mot, je ne sais comment il s'y est pris, mais depuis ce moment, je n'ai vu que fraudes et stratagèmes abominables, suscités de toutes parts contre moi.

Le Président. — La situation désespéi-ée où vous vous senlen à la fin de ces débats égare votre raison. Vous disiez tout à l'heure que vous vouliez discuter, faites-le sérieusement.

DuRosQ. — En tout cas, on me renvoyait toujours devant de nouveaux juges.

Le l'nf^siDENT, — Mais c'est vous qui vous êtes pourvu en cassation.

Dlbosq. — Et, quand je voulais parler sur la fourberie des équivoques volontaires et sur la noirceur des phrases que l'on écrivait souvent à leur envers, le Dii-ecleur du Jury me répondait qu'il suivait les instructions du ministère et ses ordres en tout point, y étant. obligé. 11 m'a donc fallu tout voir et lout entendre et les laisser travaillera leur manière. Ah! je sais bien que mon moral', joint k toutes ces présomptions équivoques, peut me pcrdi-c, car la cause de cette injustice est le citoyen Daubanton, qui, huit jours avant la confirmation du jugement Durocliat, est venu lui faire encore la

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proposition de faire casser le jugement sous les mêmes conditions qu'il avait exigées quand il lui avait pi-omis qu'il ne serait condamné qu'aux fers sur l'intention ; mais, quand il n'a eu plus rien k dire, on l'a emmené à ta mort.

Le Président. — Vous attribuez au juge de paix Daubanton un pouvoir auquel il n'a jamais songé.

DuBOSQ. — Ah 1 si pourtant on pouvait démontrer tout cela, on reculerait sans doute alors à me condamner. Le fils Humblot n'hésiterait peut-âtre pas à le déclarer à la Justice, maintenant qu'il ne craindrait plus de perdre sa place de concierge; un homme de loi à Melun, dont le nom se rapprochait de Riquet', mince, grêlé, el qu'on pourrait retrouver si on voulait, est venu aussi me confier qu'il venait d'entendre Daubanton...

Le Prêsideîit. — Pour la dernière fois, Dubosq, je vous rappelle au respect.

Dubosq. — ...Qu'il venait d'entendre le citoyen Daubanton, chez l'accusateur public de celte ville, jurer qu'il fournirait bien des preuves de ma culpabilité; qu'au surplus, il me brûlerait plutôt la cervelle lui-même, s'il ne pouvait aboutir à me faire guillotiner, ajoutant mille autres choses qui prouvaient qu'il m'en voulait au delà de l'imagination !

« Non, l'amour-propre de la police, piquée de ce que je leur échappe mieux qu'un autre, me donne une renommée que je ne mérite pas, à tous égards !

" On ne m'a même pas laissé voir mon défenseur en particulier : « monsieur» Mariette était toujours là, et bien que ma femme soit dans le même corridor, qu'il n'y ait qu'une chambre d'intervalle entre nous, il nous

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