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338 LAKFAIBE DU COURRIER DE LYOX
d(i l'homicide; Dubosq n'était convaincu, au même titre que Bernard, que d'y avoir aidé ou assisté avant le crime, sinon au moment du crime.
Ce verdict qui, ainsi rendu, ne ci-éait point un nouvel auteur du crime et laissait intact le nombre généralement admis de quatre cavaliers, rendait en tout cas juridiquement impossible la réhabilitation légale de Lesui-ques,
Les accusés sont alors introduits. Le Président leur ayant donné connaissance de la déclaration du jury, et le Commissaire du Pouvoir exécutif ayant fait son réquisitoire sur l'application de la loi, le Tribunal, sans désemparer, et après une courte déclaration, condamne Jean -Guillaume Dnbosq, disant se nommer André Dubosq, à la peine de mort et à avoir la lète tranchée sur l'écbafaud où il sera conduit, revôtu d'une chemise i-ouge; Claude ou Claudine Barrière, dite u Prince i», se disant femme de Dubosq, à la peine de vingt-quatre ans de réclusion et à être préalablement attachée à un poteau, placé sur un échafaud, où elle demeurera exposée pendant six heures aux regards du peuple, ayant au-dessus de sa tête un écrîteau surlequel seront écrits, en gros caractères, ses noms, sa profession, son domicile, la c^use de sa condamnation et le jugement rendu contre elle, pour être ensiiiie transférée dans la maison de force de Dourdan, et y être employée, pendant les vingt-quatre ans, à des travaux forcés au profit de la République.
Après avoir rappelé aux accusés la faculté qu'ils avaient de se pourvoir en cassation, et le terme dans lequel l'exercice de cette faculté était circonscrite, les condamnés sont reconduits dans la maison de justice, sans que Dubosq, demeure impassible, ait prononcé une parole ni fait un geste.
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Enfin, le Président déclare aux jurés que leur mission est terminée.
L'audience est levée, le i" nivôse an IX, à six heures et demie du soir.
Le jury et le Tribunal s'étaient montré d'autant plus sévères que « le brigandage s'était encore accru sur les grandes routes à l'approche de l'hiver. On ne pouvait plus parcourir les routes sans s'exposer à y être pillé ou assassiné. Les départements de la Normandie, de l'Anjou, du Maine, de la Bretagne, du Poitou étalent comme jadis les théâtres de ce brigandage. Mais le mal s'était propagé. Plusieurs départements du centre et du midi, tels que ceux du Tarn, de la Lozère, de l'Aveyron, delà Haute-Garonne, de l'Hérault, du Gard, de l'Aidèche, de la Drôme, de Vaucluse, des Bouches- . du-Rhône, des Hautes et Basses-Alpes, du Var, avaient été infestés à leur tour. Dons ces départements, les troupes de brigands s'étaient recrutées des assassins du midi, qui, sous prétexte de poursuivre les Jacobins, égorgeaient, pour les voler, les acquéreurs de biens nationaux; des jeunes gens qui ne voulaient pas obéir à la conscription, et de quelques soldats que la misère avait chassés de l'armée de Ligurie, pendant le cruel hiver de 1799 à 1800. Ces malheureux, une fois engagés dans cette vie criminelle, y avaient pris goût, et il n'y avait que la force des armes et la rigueur des lois qui pussent les en détourner. Us arrêtaient les voitures publiques ; ils enlevaient chez eux les acquéreurs de biens nationaux, souvent aussi les propriétaires riches, tes transportaient dans les bois, comme le sénateur Clément de Ris, par exemple, qu'ils avaient détenu pendant vingt jours; faisaient subir d'horribles tortures à leurs victimes, quelquefois leur brûlaient les pieds jusqu'à ce qu'elles se rachetassent en livrant des
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sommes considérables, ils s'attaquaient surtout aux caisses publiques et allaient, chez les pcTcepleurs cu\nièmes, s'emparer des fonds de l'Etat, sous prétexte de faire la guerre au Gouveinemcnt. Des vagabonds qui, au milieu de ces temps de ti-ouble, avaient quitté leur province pour se livrer à la vie errante, leur seivaienl d'éclaireurs, en exerçant dans les villes le métier de mendiants. Ces misi'rables, s'informant de tout pendant qu'ils l'iaienl occupés à mendier, signalaient aii\ brigands leurs complices, ou les voitures à arrêter, (iii les maisons h |iillcr.
« 11 fallait de jHîlits corps d'armée pour combattre ces bandes. Quand on parvenait à les atteindre, la justice ne pouvait slmi car les l6m uns n osaient pat. depi^cr ft les. juiés cnignaient de piononcer des condamna tions Le pr(.mtei consul n avaiL pas hcitt i lecouiir aux lois mdilaires en attendant 1 adoption du piojel arlucllement pu discussion destine d iiprimei lebri gandago ( omnie il fallait employer des corps de tioupes poiu n primer ces bandes de biigands la gcn daimeiie ULlint plus assez forte pom les comballu il ciut poinoii assimilei elle -iituation a un dat iK guerre >éiit')ble qui lutoiisail lap{)licalion des loi" propies à lilat de giicric 11 foi ma pUiiieiu» pelil coips d atiiK c (pu paicouijient les dt pailenients infes tés, et que suivaient des commissions militaires. Tous les brigands pris les armes'à la main étaient jugi'S en quaiante-biiil bcures, cl fusillés.
«l/horreiir qu'inspiraient ces scélérats élailsi grandf et si générale, que personne n'osait élever un doute ni sur la régutaritii, ni sur la justice de ces exéculions ' ».