I. G nivûse an Xll
AFFAIRE ROVSST, DIT « IIÉBOI.UV " 347
Pour cela, il fnul inic lu |iri'nm's( la peinp ilc te rendre toinii'nie ù mon pays natal, y lever mon extrait haiitislaire, que lu feras duemcnt li^galiBer ^ur les lieux ; ensuite tu te trannporteras chez M"» Brumardi, à fiCnes, diinl le mari esl tlLTodp, lu lui rappelleras que ce fut chei eux que- je descendis en l'an 4-' de la République française, qui correspiind, je crois, avec l'année 1796. Ce fut le 29 avril, ce qui a fait sepl ans au mois d'avril dernier.
Il faudra qu'elle ait la complaisance d cerlifier ce fait par sa signature et celles de quelques voisina qui m'auront connu il eette même époque, comme aussi des personnes que je visitai à mon arrivée, telles MM. Settapera, Autonelli, Piagalle, le curé Vêla, le prêtre Lombardi, le commis de M. Scke- |iera, d'autres encore que ceux-ci pourront se rappeler, avec lesquels je dinai chez M. Si'kepera, le 2 mai 1796, jour des Casais.
Cette déclaration doit être faite par devant nit lires, lu prendras M Asinironti auquel je trois a*ûir rendu Msiie ce jour même pour mettre ma sœur Magdeleine au couvent II est le pire de la religieuse qui prit soin d elle dins le tems 11 sera Ijien essentiel de spécifier mon signalement tel que es personne!) le desipieront, sani oublier les -ignesqu elles auront pu ipercevoir sur ma personne, ainsi ([ue mon flge, que cela soit si i lair, que 1 on ne puisse douter que je suis Louis Boroldy, et qu il e-l i la lonnais-ance di -dites per- -onaei, que 3 etaisbieita Geneienl'im IV, on Un daiiil 1196
Ne pouvant rester snns défense dans une afTniie do cette nature, j ai promis 100 (cns à mon avocat qui demeure à Pans j ai toute tonfiance en st-. luriiiêrea et je ue pui-- me dispenser d accomplir la promesse que je Un ai faite de lui donner 'es 300 francs En lonaïqucnce, je le prie, nant de Ijartir, de in envojer l'iO francs toi même et iiiii- FiO autres (tarma sœur Jeannette, k laquelle tu voudras bien cirire. attendu qu il faudrait entrer dans beaucoup de dilail-, el je liai pas la tête a cela mais recommande-mni bien a elle et itonne-lut (adresse de M Mnri<itlo, à Vei -.ailles
Maintemnl il ne uie it-te plus qiirt ti piici bu n inatam
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318 1, AFFAIRE DU COLRRIKR Dl^ LYON
iiienl d'afccllcm' ton (Ii4>arl, vu que celle affaire ne peul f Ire ronfire « un ('(ranjcer, et qu'elle est trop îiiijioi-tanle pour qu'on n'y nielle jins tout le zèle et l'exactiluile dont elle est suseeiililile.
Ton uiiiri ne Iniuvera pas mauvais que lu fasses toutes les déinnrclies, l'en avant déjà |iri'venu dans les tenues les plus liressauls. Ainsi, je m'en rapporte À toute Ion amitié.
Je ne te ciiutesle pus an snjêl de la petile ni de sa mère. Je te prie avee inslance pour que tu partes le plus proiiqitemenl pnssilile pour IlOnes, lu oldigems ton frère qui t'aimiet qui te prie de nie répondre le plus tôt possihle. Je l'eiii' brasse ainsi que la pelile.
Ton frère,
BiinoLnY.
Je ue le jiuis répondre sur-le-eliainp, vu que j'attends la
Roussy, dit i( Bcroldy n, se trouvait en effet détenu à la prison de la geôle à Versailles. Arrêté pour vol à Saragnsse par la police espagnole et transféré pour ce délit dans les prisons de Madrid, il avait été, faute de preuves, remis en liberté et continuait à résider dans celte ville.
Cependant la jusiice française, alors qu'elle désespérait de pouvoir jamais mettre ta main sur le dernier des complices connus de l'assassinat du conmer de Lyon, ayant découvert sa retraite, fil demandera la Cour d'Espagne, par le général BeurnonviUe, ambassadeur de France, l'extradition de cet Italien.
Le a fructidoranXl,il fut fait droit à cette demande, et Roussy fut conduit à Bayonne sous l'escorte de la soldats espagnols, d'un greffier et de a recors, et mis à la disposition de la justice française.
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AFFAIRK ROL'SSÏ, DIT « BÉRULDY » 35J
Le mandai d'aineoer décerné contre lui remontait au i5 pluviôse an VI.
Conduit sous bonne gardée Versailles, il y fut aussitôt interrogé par M. Chollet, Président du Tribunal criminel, 11 opposa les dénégations les plus énergiques et les protestations les plus indignées, mais sans se départir toutefois d'un ton respectueux et cauteleux.
Roussy était en effet bien ditTérent de ses autres coaccusés que nous avons été amenés à étudier jusqu'ici.
Celte bande de misérables olTrait, au point de vue psychologique, des contrastes profonds et d'une étude curieuse.
Sans parler de Lesurques, qui était d'une condition et d'une intellcclualité toutes différentes de celles des autres condamnés, Cou^o^était d'un caractère bizarre, fataliste et philosophe, en ce sens qu'il supportait sans trop s'émouvoir les imprévus de son existence mouvementée.
Bernard, au contraire, n'avait qu'une mcnlalité obtuse. Son attitude et son aspect de brute, sans conscience et sans remords, fut une des causes principales de sa condamnation à la peine capitale, alors qu'il n'avait point participé réellement à l'assassinat.
Durochat, nous l'avons vu, ne fut qu'un instrument entre les mains de Dubosq et de Mdal-Dufour. II appartenait au d,ernier qui savait l'accaparer et se l'atta- " cher. Cependant, ce n'était point un ôtrc incapable de remords et de repentir, dès qu'il pouvait échapper aux influences néfastes dont il subissait trop facilement l'impulsion,
Vidal était ingénieux et habile, et cependant, ni son ingéniosité, ni son habileté ne le sauvèrent de l'échafaud.
Quant à Dubosq. c'était incontestablement leur maflre
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à tous. Par son cynisme, son mépris de lout ce qui n't'Uiit pas lui, par son esprit d'audace et son manque absolu de scrupule, c'étailune force, une force lerrible, mais dangereuse et néfaste.
Sa mort, n'eut^il t'té qu'un complice et non un auteur du crime, fut une juste expiation de tous ses méfaits.
Roussy, lui, ('lail l'Italien, félin et fourbe, haineux et également sans scrupule. II se crojait babile et ne désespéra pas de donner le change à la Justice quand il se vit arrf'té, mais il portait sur la main un signe qui fatalement devait le trahir et le conduire à' sa perte.
("était un liomme de trente-six ans environ, trÈs grand de iaille, portant une forte chevelure touffue et brune qui débordait même sur la figure. Le nez, plutôt li>ng, émergeait d*i*n visage allongé et très pâle, encadré de « nageoires » également brunes et bien fournies.
Ce visage, aux joues creuses et marqué de petit* vérole, était éclaii'é de grands yeux bleus, très ioncés, presque noirs, et fort beaux.
La bouclie, qui d'ailleurs ne se séparaitque raremeni d'une pipe, presque élégante, était grande et dégarnie de deux dents incisives à la milchoire supérieure droite. Très mince de corps et de taille élancée, Koussy était fort bien mis, soigné de sa personne, bottéà la dernière mode et ganté, tout au moins de la main droite.
Bien qu'il eût fait de nombreux séjours en France, il parlait mal notre langue et avait gardé un accent assez prononcé. ^-'
(1 Mais, outre le nom de Louis Héroldy, sous lequel il vous plaît de vous faire connaître aujourd'hui, ne vous appelez-vous piis llossv ou Roussy, Kcrrarv et même le « grand Italien» ? lui demanda le Président ChoUet.
K. — Nullement, sire Président, je m'appelle Louis Béroldy, âgé de trente-cinq ans, natif de la Croix-de- Fiesch, demeurant ù Madrid depuis cinq ans el pri\i- Icgié en Espagne de Sa Majesté Catholique pour une fabrication d'huile toute spéciale. '
D. — Ne demeuriez- vous pas à Paris aumoisde pluviôse an VI, rue Saint-Martin, vis-à-vis la rue Grenier- Saint-Lazare, entre le café d'Apollon et un mercier?
R. — Oh ! sire Président, je n'élais pas aloi's en France!
D. — Vous êtes accusé d'avoir concouru avec plusieurs autres à deux assassinats commis dans la forêt de Sénart' sur le courrier et le postillon de la malle de Lyon.
R. — Oh! sire Président, je n'étais pas en France, Je ne puis avoir commis un aussi vilain assassinat. D. — Kliez-vous en France en l'an IV?
R. — J'étais en France en 1793; je ne me rappelle pas si c'était en i-ij.i ou l'^d que je suis parti. Je suis parti dans le mois d'.nril, le ai, à moins, ajoute-t-il après quelques hésitations, que ce ne soit le 17 ou le 18.
U. — Êlcs-vous bien certain de n'avoir jamais demeuré rue Saint-Martin ?
R. — Ohl sire Président,jamais. Pnisaprès quelques réticences: à moins que ce ne soit dans mes divers voyages, l'un d'environ six mois, l'autre d'environ trois mois, un autre de onze mois, à moins que ce ne soit de douze. Quant à la rue Saint-Martin, je ne la connais pas bien ; je ne sais même pas où elle est. Oh ! que c'est cnnuy>;ux de connaître si mal votre Paris, D. — Avez-vous été repris de justice?
R. — Sire Président, puis-je voua dire humblement
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;loi [.AFFAIRE DL" i:OLHR[E» DE LYON
que je dois répondre k vos bienveillantes questions sur le fait dont je suis accusé, mais je ne crais pas sur la question que vous me faites actuellement.
D. — Comme il vous plaira! Nous en serons réduits à le savoir sans votre consentement. Avez-vous feit chois d'un défenseur?
R. — Je n"en connais pas, hélas!
D. — Nous vous nommons d'ofliçe le citoyen Maiigerel, défenseur officieux près les Tribunaux de Paris.
R. — Merci, sire. »
Pour permettre à Roussy de se procurer les renseignenienis qu'il annonçait, mais aussi un peu dans l'espoir de ressaisir Richard qui venait de s'évader à son tour du bagne de Rocheforl et de pouvoir ainsi le confrontée avec ce seul condamné survivant du crime '. l'alTaire fut remise à la session de nivôse, puis à celle de pluviôse, par deux jugements du Tribunal criminel de Versailles.