‹ L'Affaire du Père BérardChapitre 9 sur 14 · DEUXIÈME CONSULTATION · texte numérisé non relu

DEUXIÈME CONSULTATION

Je,soussigné, Jean-Alexandre-Eugène Lacassagne.etc ai procédé le sam edi 26 avril 1890, dans mon cabinet, sur la demande de MM- Jacquier et Descostes, avocats, et en leur présence à l'examen de létal physique de Barbier, en religion père Bérard, à 1 effet de dire la conformation de ses organes génitaux, si ceux-ci ont pu sortir par l'ouverture faite dans la poche du flancon de la robe, et enfin de faire toutes constatations utiles à la démonstration de la vente.

I. La défense avait mis à notre disposition : 1» une robe de capucin semblable à la robe saisie ; 2° un confessionnal qui est la reproduction exacte de celui de réglise de Pont-de-Beauvoisin ; T f ^aise basse sur laquelle le père Bérard appuyait les pieds. ■ r ; “ 9 uestlons que nous nous étions proposé de vérifier : (a) Etat des organes génitaux.

(i) Présence de hernie ou de tumeur sur le côté droit du ventre ;

sélare Uh a P “ slt .’ on flxée par ''enquête, préciser la distance qui sepaie la base de a verge de l'ouverture pratiquée dans la poche

au'n s"„n n ; qlieCe m 'f U0itplaCé dans la P os "' on normale ou qu il soit ïamene le plus possible en avant.

volontaîrp T discuter la possibilité d’une issue olon aire ou fortuite de la verge par l’ouverture sus-nommée. (AJ Etat des organes génitaux.

A 1 état flasque, la verge est particulièrement petite; elle est

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comme ratatinée. On constate qu elle est cachée dans la paroi ou couche graisseuse qui recouvre le pubis et se termine par un Ion® prépuce. Elle mesure quatre centimètres de Longueur et, à la base sa circonférence est de neuf centimètres. Le gland peut être découvert, mais difficilement. Le paquet scrotal est assez volumineux. En résumé , ce sont des organes qui 'paraissent atrophiés.

(B) La présence d’une hernie ou tumeur dans le côté droit du ventre.

Sur le milieu d’une ligne oblique qui va de l’ombilic à l’épine iliaque antérieure et inférieure on trouve une tumeur dure, de la grosseur d’un haricot. A six centimètres au-dessous, on trouve une seconde tumeur de même forme, de même grosseur. La première de ces tumeurs était autrefois plus volumineuse, d’après le père Bérard, c’est elle qui aurait nécessité le port d’une ceinture. Sont-ce là des ganglions engorgés, de petites boules graisseuses ou des hernies musculaires, le diagnostic est difficile à préciser. Dans tous les cas, ce qui est bien certain, c'est que le père Bérard n’est pas atteint de hernie inguinale ou crurale.

A propos de ces constatations nous faisons les mensurations suivantes: la circonférence abdominale horizontale est : de 101 centimètres à 8 centimètres au-dessous du nombril ; de 106 centimètres au niveau du nombril ; de 110 centimètres à 5 centimètres au-dessous du nombril.

Ces mesures prouvent un développement de la partie inférieure du ventre, qui forme comme une énorme ceinture de graisse. On comprend que la verge, flasque ou rigide, dirigée vers la partie supérieure du corps, trouve là un obstacle qui la dévie fortement de la ligne droite. Du nombril à la base de la verge, nous trou- - vons une distance de 21 centimètres.

(C) Expériences faites pour déterminer la longueur qui sépare la base de la verge de ïouverture du flancon.

Les mesures que nous donnons sur le graphique, annexé à ce rapport, ont été prises avec la robe mise à notre disposition. Il sera facile de les contrôler, en les comparant aux mêmes mesures prises sur la robe saisie et déposée au greffe. On verra que bien que n étant pas absolument identiques, elles ne changent en rien les résultats.

Les expériences ont eu lieu, le père Bérard avant revêtu la robe et la cordelière. Des mesures ont été prises : 1° sur le sujet debout ; 2° dans la position assise.

A. LACASSAGNE

Dans la position debout, la fente du flancon arrive un peu en avant d’une ligne qui descendrait verticalement du creux de l’aisselle. Nous fixons l’endroit de la peau qui correspond à la fente du flancon. Il est situé à deux travers de doigt au-dessus de l’épine iliaque antérieure et supérieure, c’est-à-dire à 23 centimètres du nombril et à 27 centimètres de la base de la verge. Cé point est situé sur une ligne horizontale longue de 20 centimètres et se terminant environ à 4 centimètres au-dessus du nombril.

Si on ramène la fente du flancon en avant, vers le milieu du corps, l’extrémité interne de cette ouverture reste distante de 12 centimètres de la ligne médiane et remonte vers la base de la poitrine. Cette extrémité est alors située à 34 centimètres de la base de la verge. En tirant même au maximum, on trouve une distance de 37 centimètres.

Pour les expériences dans la position assise, le père Bérard se place dans le confessionnal, les pieds swr la chaise basse, c’est-àdire dans la même position que celle qui a été fixée par l’enquête.

Nous prenons des mesures analogues à celles dont il vient d’être parlé. La distance de Vorifice du flancon à la base de la verge est alors trouvée , en moyenne, de 25 centimètres. Un corps rigide, long de 25 centimètres, partant de la base de la verge, ne peut arriver à la base du flancon.

En tirant au maximum le flancon en avant, cet orifice arrive presque sur la ligne médiane. Il est alors situé à 28 centimètres de la verge. Un objet rigide de 25 centimètres, partant de la base de la verge, n’arrive pas à ce niveau.

En résumé, soit dans la position debout, soit dans la position assise, c’est-à-dire celle fixée par le procès-verbal, il est impossible que l’extrémité de la verge se montre à l'ouverture du flancon, que cette ouverture soit dans sa situation ordinaire, ou qu’elle soit dans sa situation ordinaire.

(Z)) Possibilité d'une sortie volontaire ou fortuite de la verge par Vouverture sus-nommée.

Les constations précédentes ont établi la petitesse ou même atrophie des organes génitaux du père Bérard. Nous pensons que, même à l’état d’érection, la longueur de sa verge ne peut dépasser la longueur moyenne qui est, comme nous l’avons dit dans un précédent rapport, de 15 centimètres environ.

Nous croyons même qu’elle ne peut atteindre 12 centimètres. Quoiquil en soit, comme nous avons établi que dans la posi-

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tion debout ou assise, et particulièrement dans cette dernière, seule en cause, la distance minimum qui sépare la base de l’organe de l’ouverture du flancon est de 26 ou 28 centimètres, il y a donc impossibilité absolue à ce que la verge ait pu volontairement

ou fortuitement sortir par cette ouverture.

Cette impossibilité provient du développement enorme de la nartie inférieure du ventre du père Bérard et de sa stature generale : longueur du buste, carrure, développement et épaisseur des épaules, grosseur du cou, port de la cordelière, toutes conditions qui s’opposent à de grands déplacements latéraux de lapoche, et par conséquent du flancon. Ceci est tellement vrai que sur un suiet à peu près de même taille, mais de grosseur abdominale bien moindre, les distances de la verge au flancon diminuent et il est alors possible de faire apparaître la verge par cette ouverture Aioutons que nos mensurations ont été faites en avril 1890 et qu’il n’est pas douteux qu’au moment où les faits reproches au père Bérard se sont passés, août 1889, celui ci, qui n avai pas eu à Supporter le régime prolongé de la prison, présentait, am qu’il le dit lui-même, un développement abdominal plus consi dérable qu’aujourd’hui.

Nous croyons pouvoir répondre aux questions qui nous ont été

rosees : ... .

1 — Les organes génitaux du père Bérard sont petits et la

inguinale, ni hernie Crurale, mais nous trouvons à droite dans la paroi abdominale, deux tumeurs qui ont pu nécessiter le port d'une ceinture. . ,

III. - Dans la position fixée par l'enquête, la distance qui sep la base de la verge de l'ouverture pratiquée da “ la p " e ^ a f e

• flancon droit est de vingt-six centimètres dans ap rflïT1 p n é en

et de vingt-huit centimètres quand ce flancon es

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