POIDS ET LONGUEUR, A L’ÉTAT SEC, DES OS LONGS DES MEMBRES SUPÉRIEURS
! Membres supérieurs
Poids
Longueur
\ Humérus droit..
( Radius —
1 Droit...
Humérus !
( Gauche.
Total.
1 Droit...
Radius <
( Humérus gauche
/ Gauche.
( Radius —
( Droit...
Cubitus ]
( Gauehe.
Total.
Il ressort de ces mesures que le sujet examiné était manifestement droitier.
Nous avons montré la main droite du sujet afin d’étudier ses dimensions. Il manque un os, au métacarpe, le trapèze, os perdu probablement au moment du transport du cadavre. Cette main osseuse a bien les caractères indiqués par le D r Paul Bernard. Les trois phalanges du médius ont une longueur de 101 millim., longueur qui correspond à peu près exactement à celle du médius du gant de Gouffé.
En résumé, ces examens comparatifs établissent que le sujet était droitier, comme Gouffé, qu’il avait une main droite et une longueur de médius analogues à ce qu’on observait chez Gouffé,
qu’en outre les dimensions du pied droit et la lésion articulaire nécessitaient des chaussures identiques à celles de Gouffé.
XII. Examen des vêtements. — M. Hochard, tailleur d'habits, donne les mesures suivantes des vêtements de Gouffé : Redingote ou jaquette : taille, 51 cent. ; longueur de jaquette, 89 cent.; carrure, 20 cent. ; longueur de la manche, 84 cent; largeur de poitrine, 99 cent. ; de la taille, 94 cent.
Gilet : longueur, 67 cent.; hanche, 55 cent. Pantalon : longueur de côté,110 cent.; entre-jambes, 85cent.; ceinture, 87 cent.; bassin, 51 cent.; cuisses, 38 cent.; genou, 45 cent.; bas, 44cent.
La plupart de ces mesures ne peuvent pas être utilisées. Nous pouvons cependant nous faire idée de la grande envergure en employant les procédés de recherche indiqués par Alphonse Bertillon. Nous trouvons ainsi qu’elle est d’environ 1,82.
Pour l’établir, nous avons étalé sur un plan horizontal une jaquette de Gouffé dans les manches de laquelle nous avons introduit les gants de celui-ci. Il est évident que cette envergure varie selon que les gants sont plus ou moins enfoncés dans les manches. Ce n’est donc qu’un résultat moyen que ce chiffre de 1,82.
Si nous prenons la longueur totale du membre supérieur droit (humérus -j- os de l'avant-bras + main montée) nous trouvons 78 cent. La largeur des deux membres supérieurs est environ de 78 X 2 = 156. Si nous ajoutons la distance moyenne entre les deux cavités glénoïdes des omoplates, qui, d’après nos recherches est d’environ 25 cent., nous trouvons alors pour la grande envergure du cadavre 156 -)- 25 = 1,81.
Bien que ce chiffre se rapproche beaucoup de celui de 1,82, nous ne voulons pas cependant donner à ces résultats plus d’importance qu'ils n’en méritent. Ce sont des moyennes, avons-nous dit. Cependant, ils nous montrent ce fait qui nous paraît intéressant, c’est que, soit par l’examen des vêtements de Gouffé, soit par l’examen du squelette, nous trouvons une grande envergure qui devait atteindre ou dépasser légèrement 1 mètre 80, ce qui est bien un chiffre en rapport avec la taille de Gouffé ou du cadavre
L’AFFAIRE GOÜFFÉ
qui était de plus de 1 mètre 78 (Voir notre travail sur les rapports de la taille et de la grande envergure, Bulletin de la Société d’Anthropologie de Lyon, juillet, 1882).
Ajoutons encore une importante constatation.
Le tailleur Hochard donne 20 centimètres pour la carrure, c’està-dire que le double, soit 40 centimètres trouvé sur la jaquette de Goufïé, comme distance'entre les deux épaules, correspond exactement à la même longueur prise par M. Paul Bernard sur le cadavre de Millery.
Quant à l'entre-jambes, qui est, d’après le tailleur, de 85 cent., nous avons trouvé, pour la longueur des membres inférieurs, une longueur de 95 cent, environ.
C'est donc une différence de 10 cent, qui est bien en rapport avec la hauteur qui sépare le plan périnéal du plan d’insertion des têtes fémorales.
On constate que la hauteur du petit trochanter au sol, les fémurs étant placés en position normale sur les tibias, et ceux-ci sur le squelette des pieds dont les os ont été montés, est de 85 cent., la hauteur du sommet de la tête du fémur est de 93 cent.
En résumé, sans donner à ces derniers résultats plus de valeur qu'il ne convient, il faut cependant l'econnaître qu’ils concordent entre eux.
XIII. Le larynx. — Nous disions dans notre précédent rapport que le larynx serait disséqué et préparé afin d’étudier les causes ■ de la mort.
Nous constatons qu’il n’v a rien à l’os hyoïde. La corne droite du cartilage thyroïde a disparu. La corne gauche est détachée ; elle a environ 14 millim. Un ligament la relie à l’os hyoïde. En soulevant la membrane thyro-cricoïdienne et en mettant à nu le cartilage cricoïde, on trouvé à droite et à 4 cent, de la ligne médiane, une fracture avec disparition d’une petite portion de ce cartilage.
Il paraît bien évident que les fractures du cartilage thyroïde ont été faites pendant la vie, mais on ne peut être aussi affirmatif , pour celle du cartilage cricoïde.
XIV. Les autres parties du squelette. —Elles ont été minutieusement examinées. Nous ne relevons rien de spécial. C’est ainsi que nous avons particulièrement recherché s'il n’y avait pas eu de fractures de côtes. Celles-ci ont été trouvées intactes.