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jouer au Pirée, exécuta son programme sur la place publique à l'heure fixée. Bloqué dans le Zappeion, où il s'était rendu au commencement de la journée, l'amiral Dartige ne sut ni en sortir pour aller directement au palais qui se trouvait dans le voisinage immédiat, ni faire passer des ordres à la flotte. On voudrait pouvoir effacer cette page de notre histoire. Tandis que nos soldats tombaient sous des coups d'assassins, on se remit à négocier. Le roi proposa de livrer six batteries. De onze heures du matin à deux heures de la nuit, des propos s'échangèrent entre le roi, l'aide de camp Kalinski, l'amiral Dartige, M. Lamibros et les ministres de l'Entente (^). L'accord fut conclu finalement, le 2 décembre, à deux heures du matin, et le gouvernement grec fit publier en conséquence le communiqué suivant dans ses journaux — afin de faire accepter par l'opinion la cession prévue de six batteries : .

(^) Vers la fin de la journée, les trois ministres allèrent en automobile au Zappeion, guidés par un fonctionnaire grec qui leur lit traverser les avant-postes grecs. Puis M. Guillemin s'avança seul, dans l'obscurité, vers les lignes françaises, en criant sa qualité. Il réussit ainsi à parvenir jusqu'à l'amiral.

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Les ministres de France, de Grande-Bretagne, d'Italie et de Bussie ayant déclaré, au nom de Vamiral commandant en chef les forces alliées en Méditerranée, qu'ils acceptaient la livraison de six batteries au lieu de dix qui avaient été demandée? pour le 1®^ décembre, et ayant d'autre part recommandé à leurs gouvernements de ne pas insister sur les autres demandes de cession de matériel de guerre, le gouvernement hellénique déclare de son côté qu'il consentira à ce que les six batteries soient mises à la disposition des Alliés.

C'était une capitulation. Le comte Bosdari, ministre d'Italie, ne s'y rallia que sur l'insistance de ses collègues. « J'en ai rougi pour la France », dit-il quelques heures plus tard à l'un de nos compatriotes. Non seulement nos détachements décimés durent battre en retraite tristement, en laissant à d'autres le soin d'enterrer leurs morts et de soigner leurs blessés,mais encore nos compagnies logées au Zappeion et tous nos autres postes furent rembarques. L'amiral Dartige quitta le Zappeion en automobile vers sept heures du matin pour rentrer à son bord. Quant aux su^^^vants des compagnies qui étaient restées près de lui toute

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la journée du 1®^, ils partirent ensuite en emportant leur matériel sur des camions militaires qui leur furent fournis par le ministre de la guerre de Constantin I^^ à la demande de l'amiral et du ministre de France. Accompagnés des militaires alliés des différents services de contrôle, ces braves gens, parmi lesquels on remarquait des hommes qui venaient de Verdun et d'autres qui avaient combattu à Dixmude, rejoignirent le quai d'embarquement sous l'escorte de soldats grecs.

La journée du 2 offrit le spectacle des pires horreurs. Suivant l'expression d'un témoin, « la chasse aux venizélistes fut une chose vraiment effroyable, à laquelle rien ne peut être comparé, si ce n'est le massacre de la Saint- Barthélémy )).Les venizélistes notoires d'Athènes et du Pirée furent massacrés, torturés, emprisonnés. On pilla leurs maisons de fond en comble. On détruisit les bureaux et les imprimeries des journaux libéraux. Les persécutés durent endurer tous les outrages, subir toutes les souffrances, sans qu'ils eussent la consolation d'entendre ou de voir approcher un secours des puissances protectrices de leur patrie (^).

(^) Quelques jours plus tard, M. Guillemin put aller

Le maire du Pirée, échappé à la tourmente, dit à un Français : « Il n'y a pas dans l'histoire de France un seul exemple d'un pareil abandon, »

En effet, il n'y a pas non plus dans l'histoire de France un exemple d'une pareille humiliation, acceptée avec autant de résignation. Après la retraite de tous nos contingents, l'évacuation de tous nos postes, l'abandon du contrôle de tous les services, il y eut l'exode de nos nationaux. Les Français de l'Attique, le personnel de l'Ecole française d'archéologie, nos commerçants et nos journalistes, durent, sur les instructions du gouvernement de la République, se réfugier, avec des venizélistes survivants, sur les bâtiments de la flotte. Il fallut quitter le pays où Constantin I^^ régnait dans le sang. L'exode commença le 3 (*). Le 4 dé-

voir en prison les persécutés. II réussit à faire arrêter les tortures de plusieurs, notamment du général Korakas. Il convient d'aolleurs de reconnaître les efforts personnels du ministre de France qui se multiplia pour atténuer les conséquences du désastre.

(^) Les nationaux britanniques firent de même sur les instructions et sous la direction de leur Légation.

Les deux bateaux transportant la colonie française quittèrent, le 7 décembre, la rade de Salamine pour Marseille.

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cembre, un cortège de venizélistes enchaînés défila devant l'Ecole française. La qualité de Français, vénérée depuis cent ans dans toute l'Hellade, devenait un sujet de dérision.

La reprise des négociations diplomatiques.

LES négociations des l6r.2 décembre provenaient d'une inconscience inexcusable.

Elles ne furent ni approuvées, ni ratifiées par le gouvernement français. Celui-ci sentit la gravité de l'affront et la nécessité de le venger. Il fit immédiatement savoir à l'amiral Dartige qu'il était inadmissible de régler l'affaire de l'agression du 1^^ décembre par la cession de quelques canons, et que toute discussion relative au matériel ressemblerait à un marchandage honteux. En môme temps, il ordonna des

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