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ROUSSEAU KT .I.-H. TFIOKCHIN 261
railleur h's (i-ailc cl les expose. » iA\ (|iii le (l('sol(^. siirloiii, ('"esl (|Me ces Lfl/rcs, (|iii ni l;i(]iieiil l;i V{\\\- ^ion, soiil en même temps un apj)el ;i la. révolte civile. VI Housseau ne vcmiI, rien écouler î
H (Jue dire el (juc faire avoc lui? Il esl tixe, quuifjue pourtant il ténioi^ne jtrendre en l)onn(; pari ce qu(; Je lui représente, ear, (luanlà ma personne, je ne puis que nie louer de lui;... il cherche à m'ob]ii;,M'r en toute occasion, se monliant toujours fort zéh'' pour notre culte, assistant autant que sa santé le lui permet au service divin, avec beaucoup de décence et se répandant en aumône... »
Au fond, Monlmolliu n'est pas lâché de voir le dimanche, au pied de sa chaire, ce paroissien qui bouleverse le monde, et qui vient humblement écouter ses homélies : n'ayant pas beaucoup d'auditeurs de cette qualité, il tient à celui-ci, craint de le perdre. Aussi recommande-t-il timidement le calme et l'oubli :
« Si j'occupais une place distinguée à Genève soit dans le clergé, soit dans la magistrature, mon avis serait que Ton gardât un profond silence sur ces Lettres de la montagne, que Ton n'y répondît rien : la chose infailliblement tomberait, outre que l'auteur en seiait extrêmement mortifié : je ne vous dis pas ceci sans raison. >>
Et — sans doute pour que son collègue ne le soupçonne pas de pactiser avec Thérétique — le pasteur de Motiers ajoute qu'il prêche en ce moment même sur quelques-uns des miracles attaqués par Rousseau, u avec toute la force dont je suis capable, dit-il, mais en môme temps avec toute la douceur et toute la modération possible ». Ce mù^fecit que Montmol-
lin s'accorde obligeamment, ne convainc pas Jean Sarasin, qui reprend bientôt ses plaintes, en chercbant à exciter son collègue, sans toutefois expliquer clairement ce qu'il attend de luii . ^qH q^'il veuille lui laisser une certaine initiative, soit qu'il compte être compris à demi-mots. Et dans le fait, ses insinuations devaient atteindre leur but : Montaiollin, sous leur intluence, allait bientôt renoncer à sa tranquillité, entrer en campagne contre l'homme que depuis deux ans il traitait en ami, perdre son illustre catéchumène et s'attirer de mauvais coups.
Les Lettres écrUes de la mojitagne soulevaient, dans le clan des Représentants, un enthousiasme proportionné aux colères qu'elles excitaient parmi les Négatifs. Pourtant, chez certains d'entre eux, ce sentiment est mélangé d'une sourde appréhension. Moultou, qui renoue en ce moment même avec Jean-.iacques, y reconnaît « les gémissements d'un héros' ». La formule lui plaît, car, dans une lettre qu'il adresse quelques jours plus tard, en décembre, à M'"" Necker, il la reprend et la complète en ces termes : «... Qui écrase quelques
1. 1(1., p. 141-147. — « ... 1.0 livre de .M. Housso.iii l'ait gémir, non seulement parce qu'il attaque les fondements de la religion, mais encore parce qu'il tend à répandre et à fortifier les discordes dans notre Etat, en excitant nos compatriotes à faire leurs eliorts pour changer la nature de notre Gouvernement. Depuis près de trente ans nous jouissions de la plus douce trauquillité, nous étions heureux à tous égards et nous voyons cette tranquillité altérée par la fermentation que M. i^ousseau excite toujours plus. Que deviendrons-nous si la Providence ne vient à notre aide?... v>
•1. A Rousseau, "23 novembre 1164. Atnis et Ennemis. I. p. 111-113.
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honimos pour on s;ui\(M' le plus ^a'and iiomhrcj ». Touletois, SCS mésavoiiliiics r.iynnt rendu prudent, l(^ IxMiillnnl iniuisiro ind la sourdine h ses eniliousiasnies, enojoulaiil: « Ne dites point ce jugement, on écrit tout de I*aris, et pour ne pas me perdre, je dis queje n'ai point lu ces lettres-. » Du reste, sid'abord il aredoiit('. les edets d'un ouvTjij^^e pour lequ(d il n'ose confesser publiquement son admiration, il se rassurera bientôt, quand Abauzit lui aura déclaré « que cet ouvrage doit intéresser en tout pays les liommes libres'^)), et surtout, peut-être, parce qu'il s'écbauffcra dans la lutte. Une lettre que Mably a adressée à une de ses correspondantes genevoises, M""® Saladin, et qui circule dans la ville '% va le mettre en ébuUition.
(( Cette lettre, écrit-il à M""' Necker, j)leine d'invectives contre Rousseau, est lourde et maladroite, elle sent le terroir : elle est malbonnete et basse. L'abbé de Mably n'écrit pas comme cela. On y dit d'un ton de collège : Est-ce tui Erostrate qui veuf brûler le temple d'Éplû'se? Est-ce un Gracchus? J'ai osé m'inscrire en faux contre ce chilTon, qui ne porte point le caractère de l'bomme à qui on a essayé de l'attribuer... On a envoie cette lettre à Rousseau, mais il est trop sage pour s'y méprendre''. » Moultou n'était guère clairvoyant. Quelques jours plus tard, il acquiert la certitude que ce « cliifïon »