‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 161 sur 200 · Représentations et Écrits, p · texte numérisé non relu

Représentations et Écrits, p

2. Mss. de Neuchàtel. — Le 8, Guillaume-Antoine écrit à son tour à Rousseau :

« 11 s'est passé hier, mon cher Monsieur, une tk^s plus mémorables journCes qu'ait jamais eu la rc|nd)Hque. ha lîcprCscntation dont mon frère vous envoya mcrci-edi dernier une copie a été portée, par la généralité des citoyens et bourgeois, au nouilM-e de

LE SfONTIMENT DKS CITOYENS 207

A ce iiioiiieiit-l;i, les l{e[)i'cs('iil,aiils sonl IVjii(l(;s à croire que leur <( couj) » a [)leineiiieiil réussi ; et leur () vident succès u'a[)[)araît point aux Négatifs. Ceux-ci, en ellet, restent pcîrsuadés qu'ils dirigent encore le mouvement où ils sont entraînés. Ils se congratulent de leur prétendu succès, avec la complaisance qu'ils ont toujours pour eux-mêmes, et proclament que cette dernière crise est la « guérison » delarépublique'. Le récit que Charles Bonnet on adresse à Albert de Ilaller est tout imprégné de ce sentiment : la « résolution vigoureuse » du Petit Conseil, dit-il, a <( produit l'eiïet » attendu; pourtant, une sourde inquiétude lui demeure, et il ne laisse pas d'entrevoir dans l'avenir le spectre de la médiation, qu'il espère encore repousser".

passé onze cents, marchant deux à deux avec une décence vraiment digne d'admiration. Mais la manière dont cette journée, qui fait époque dans la république, a été acheminée, est encore plus admirable : on peut bien dire que l'Etre suprême, qui a toujours été notre protecteur, a signalé de nouveau dans cette occasion ses bontés à notre égard ! Ce qui avoit été projeté pour nous désunir a justement produit l'etret contraire; et ceux de nos concitoyens qui vouloient nous réunir A eux dans de fausses démarches ont été forcés, au contraire, de se joindre à nous dans celle «pii se fit hier, car vous comprenés bien, mon cher Ami, c[ue dans ce nombre de onze cents, tous y étoient, les plus zélés Représentants comme les jilus outrés Négatifs.

« Vos Le tl l'es écriles de la mon la;/ /te et notre Réponse aux Lettres de la campagne ayant enfin a|)i)orté la lumière, ceux qui erroicnt de bonne foy ont quitté le parti auquel ils tenoient et ont augmenté le nôtre; et ceux ([ui nous étoient opposés ])ar sistème, forcés jusque dans le derniei- retranchement, ont pris une résolution de désespérés pour nous désunir, et Dieu sait quelles vues ultérieures ils pouvoient avoir en cela! » (Mss. de Neucliàtel.)

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