‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 160 sur 200 · Meinorie réconcilie, fol · texte numérisé non relu

Meinorie réconcilie, fol

2. « C'était un spectacle vraimenl déchirant, écrit Moultou à M"" Nerker, que celui que nous présentait notre ville, penchant la délibérai ion fies Deux-Cents. Au sein de la plus profonde paix, la républicpie touchait au moment de sa ruine. Le calme était partout, et partout la terreur: les rues, pleines de citoyens consternés, semblaient désertes par leur silence. Tout le monde voiait Forage destructeur s'avancer, et personne ne voiait les moiens de l'écarter. Hénissons un homme sublinu^ qui. le pi-emier. conçut le projet de .sauver l'Etat; par une démarche iiussi habile ([uc grande, et qui, dans des représentations r[ui ôlai(Mit au Conseil ses sujets de

La décision des Deux-Cents fut prise le 6 février. Dès le lendemain, une nouvelle Représentation était remise aux syndics. Cette fois, ce fut une véritable foule, que les uns évaluent à neuf cents, les autres à sept cents personnes, qui accompagna les chefs du mouvement. Cette Représentation' est un chefd'œuvred'adresse:toutenprotestantqu'ils« honorent leurs magistrats », comme « ils le doivent en conséquence môme de leurs principes », tout en donnant au Conseil le témoignage officiel de confiance qu'on réclamait d'eux, les Représentants n'en maintiennent pas moins leurs réclamations précédentes, et les renouvellent avec leur habituelle précision. Ils ont pleine conscience de leur habileté : en renseignant Rousseau, le 6, sur l'attitude du parti, et en lui envoyant une copie de la Représentation préparée pour le lendemain, Jean-André De Luc lui dit:

« Vous y verrez que les citoyens, sansparoître avoir connaissance de l'espèce de manifeste du Conseil, et bien loin de reconnoîLre qu'il ait eu lieu de s'offenser des expressions qu'ils ont emploiées tant dansleurs représentations (jue dans leurs écrits, vcmploient pour l'honorer les mêmes expressions dont ils s'étoient déjà servi-. »

plainte, le mctUiient dans la nécessité indis})onsal)le de redresser tous nos griefs. Je vous assure, Madame, que jai bien travaillé pour votre païs; je tremble que la déclaration du Conseil ne gâte notre ouvrage, il ne tiendra pas à moi d'empêcher la bourgeoisie d'y répondre. 11 faut tout sacrifier à la paix. » (Archives du château de Coppet.)

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