‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 166 sur 200 · Cramer à Bonstetten, 26 mars · texte numérisé non relu

Cramer à Bonstetten, 26 mars

« Il est bien triste, Monsieur, d'être dans le cas de regarder cette lettre et l'usage qu'on en fait comme un remède salutaire ; mais il est bien doux à des magistrats de voir que leur conduite nuTÏte une approbation infiniment intéressante et qu'ils lobtienncnt sans lavoir recherchée. Il est vrai que plus on approfondit la matière de nos divisions et moins on trouve que les inquiétudes de ceux qui s'alarment soient fondées. Quel est. en effet, le but et la décision du Conseil'? C'est que les choses subsistent invariablement dans l'état où les mirent et les laissèrent en HoS les puissaïu-es médiatrices; c'est que la forme du Couverneuient tel (|u'il était alors ne soufl're aucun changement; c'est que les cdits ainsi que

LR SENTIMENT DFS TITOYENS 'M)\

son hrnlol Iniicf', il jii^'o son inic liiii, (il soiif^o ji recouvrai' sa lraii(|iiillih' rompi'orniso. Ayant an fond [)(Mi (le syin[)allii(^ pour ses (h'I'cnsours, ii (îroil (pTil pont s'oloii^iHM' dVnx h son gré, (pTil n'a (pi'à liMH" sii;nili('r sa volonté ponr qn'ils racccploMt. Cessons lonaccs, (jni no renti^ndaient point ainsi, s'clTorcent de I(^ rotimir dans rarniéc oii ils sont parvennsfi l'cnrolor. Malgré ses avis, les DeLnc persévèrent à le tenir an conrant de ee qni se passe '. 11 ne lenr répond pins, il ne vent pins leur répondre, il charge Moulton de le lenr signifier : « ('ommecela n'est pins n('cessaire ni utile, il n'est pas raisonnable de l'exiger. On ne doit pas m'envier le repos que je demande, et je crois l'avoir assez payé ''. » Pourtant, comme ses correspondants l'assaillent de

les us et roulumos rontinuent dètro observés et exécutés eonforluéuicut k ce qui s'est pratiqué jusqu'alors. Or, tout cela est prescrit textuellement par la médiation. Dans ce temps-là on ne connaissait ni interrogatoire d'un accusé nécessairement préalable à son emprisonnement, ni sindic ad actum pour présider à un tribunal en place des quatre sinrlics récusalDles, ni nécessité d'attendre pour brûler un livre que le Consistoire eût déclaré que ce livre était destructif de la religion chrétienne lorsqu'il cherchait évidemment à renverser ses principaux argumens. Et cependant voilà ce qui a fait la noise en 1763 et qui la fait encore. Mais j'espère que cet office de M. le Résident, qui a parlé très nettement et très convenablement, terminera ces difficultés, et qu'on ne sera pas dans le cas de penser à des moyens ultérieur-, s'il ne vient pas à bout de réunir les cœurs, c'est que nous ne devons attendre que de la Providence et du bénéfice du tems, du moins les propos seront plus décens et plus modérés, les préjugés s'alfaibliront et la vérité se fera jour petit à petit. Les ouvrages qui ont paru y ont déjà contribué ; les personnes bien intentionnées se sont confirmées dans leurs principes. Ceux qui doutaient se sont décidés pour le Gouvernement, quelques-uns d'entre les autres vacillent ; de sorte ([ue, s'il plaît à Dieu, le calme se rétablira. » Mss. de la Société d'Histoire, de Genève.

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