Ici
i). « Ceux qui considéreni les plaintes des Représcnlants comme des puérilités, ne sont point susceptibles de cette idée délicate
Telle lut la colère soulevée par cette brochure, que la libraire qui la débitait, M"" Marie Noblet, fut elle-même inquiétée : ce qui lui valut une deuxième Lettre du solitaire^ dont un ballot mystérieux fut jeté dans son appartements
C'est au milieu de ces discussions, dont le ton s'aigrissait de jour en jour, que parut enfin, à la date du 16 avril, la Réponse du Petit Conseil.
Cette Réponse''-^ si longtemps mûrie, est un des plus curieux documents qu'ait produits le conflit. Non qu'elle contienne de nouveaux arguments : tous ceux qu'on pouvait apporter sur les différents points du litige, dans un sens comme dans l'autre, étaient depuis longtemps épuisés. Mais le ton en est singulier, catégorique à la fois et découragé. On dirait d'un père de famille qui, pour ramener des enfants ergoteurs et désobéissants, imagine de leur rappeler, comme dans un sermon désespéré, tous les bons principes sur lesquels repose son autorité, toutes les difficultés de la vie à travers lesquelles il a le soin de manœuvrer la barque domestique. Comment peut-on contester an Conseil le droit de poursuivre un livre sans avoir entendu l'auteur? « Un livre est un être subsistant par lui-même ; bon ou mauvais, susceptible de la censure ou de
attachée au mot de liberté. Un homme né libre ou qui croit l'être, devient politique par habitude : ce qui ne paraîtra aux yeux de rindifférent qu'une infraction légère, est d'une conséquence très grave dans l'esprit du véritable républicain : c'est le sujet de ses méditations les plus profondes : il jette un regard sévère sur l'avenir, il voit sa postérité dépouillée de ses droits les plus sacrés, ses fils et ses neveux vils esclaves d'un despote. ^^ (P. 13.)