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pandcnt, la « véritable raison » pour laquelle Montniollin a pris si violemment parti contre son trop illustre paroissien; pour le pousser aux confidences, il ajoute insidieusement, en post-scriptum : « J'aurai, j'espère, trois jeunes garçons à placer pour sept ou huit ans, appartenant àgens fort riches. Continuez-vous votre pension, et quelles en sont les conditions'?» Impossible de laisser le bec dans Teau un homme qui peut jvous attirer une pareille aubaine I Montmollin répond donc longuement, sur les deux points, en les confondant avec une certaine adresse-. Sans se déjuger, il dégage autant qu'il le peut sa responsabilité des événements dont Rousseau est victime, les rejette sur ses « supérieurs », s'attache à conserver quand môme la « bienveillance » du correspondant dont il recevrait les « trois pensionnaires... avec beaucoup de plaisir, au prix annuel de 450 livres de France». — Le même jour, il écrit a Jean Sarasin, qu'il lui faut aussi tenir au courant. Sa lettre"^ n'est certes pas belliqueuse : on y sent, plutôt que la colère d'un combattant, la contrariété d'un homme de paix qu'on pousse à la guerre, et qui ne marche qu'en regrettant la bonne tranquillité perdue.
Cependant, le Conseil d'Etat répond au rescrit du roi, le 22 avril'*, en se déclarant prêt à garantir à Rousseau la protection du souverain. Ce corps a donc changé d'avis : en partie, sans doute, grâce
1. BerthoLid, J.-J. Rousseau et le pasteur de Montmollin, p. loO. ■2. 1(1., p. 151-155.