‹ L'affaire J.J. RousseauChapitre 186 sur 200 · Jausen, p · texte numérisé non relu

Jausen, p

POLÉMinUES DE CilJNKVK. TUOLULES DE MOTfEhS liiU

(> M(Mirun, (lui s'est iiisliluo le défenseur énergique; (lu pi'oserit, et aussi scjus l'action du rescrit royal. L(;s (l(Mi\ courants opposés se dc^ssinent : il y a, (Tun C(')té, la Compagnie des [)asteurs, ou V(;néral)le Classe, (|Mi appuie Moiitniollin ; de lautre, les autorités civiles qui soutieuuent Rousseau, sans beaucoup de conviction ni de sympathie, mais parce (pie telle est la volonté du roi. Le [)ublic se [)rononce dans un sens ou dans l'autre, et les esprits s'écliau lient. Ceux-ci critiquent vivement l'attitude du pasteur de Motiers ; ceux-là l'excusent ou le détendent. Du Peyrou travaille à la brochure qui sera la Lettre de Ooa : elle lui donne beaucoup de mal,, parce qu'il n'est pas grand clerc ; et souvent il a recours à Jean-Jacques, dont les conseils sont toujours modérés et corrects'. — Le pasteur Jean Sa-

1. Ainsi Dvi Peyrou écrit à Rousseau, le 14 avril : « ... Il y a un trait pourtant sur lequel il faut que je vous consulte encore. Dans un endroit de ma narration, je dis à propos des éloges donnés par vous au Loup de Moliers : « On n'ifj:nore pas ([ue ces éloges si doux ont été effacés par l'amertume d'un refus. » (et en nolo) : « Il ne s'agissoit que d'appuyer d'un mot auprès de mylord Mareschal la demande d'une augmentation de prébende ». C.ette notte vous fait-elle froid ou chaud? Je la laisserai subsister, si cela vous est égal, et votre silence me servira d'aveu. » (Mss. de Ncuchàtel.)

Rousseau répond aussitôt :

« Je n'aime pas que les choses qui se sont passées dans le téteà-téte se publient. C'est pourquoi la note sur laquelle vous me consultés est peu de mon goût. » {Corresp., UGLXXl.) Rempli d'ardeur, Du Peyrou lui écrit encore, le 21 : « ... J'espère que la rage d'écrire ne me prendra pas. Mais à bon compte, je ramasse par-ci par-là des matériaux pour une Uisloire de la Classe, en cas que MM. nos Ministres s'avisent de trop regimber contre les vérités que j'ay pris la liberté de leur dire. Ils en entendroieut bien d'autres, car leur histoire est fertile en disparates, et en anecdotes tant soit peu scandaleuses. » (Mss. de Neuchàtel.)

rasin continue a exciter son collègue de Motiers, dans des lettres de plus en plus insinuantes, perfides, rancuneuses, douceâtres, où il laisse percer parfois son idée de derrière la tête — le départ de l'ennemi : « M. Rousseau, vu de mauvais œil par bien des gens, vous soulagerait en allant vivre ailleurs, et plus il s'éloignerait de vous et de nous, mieux il ferait ^ »

Et le désaccord des deux pouvoirs s'accentue. Un arrêt du Gonseild'Etatdul*" mai, ordonneauchâtelain du Val-de-Travers(( de rechercher et faire punirions ceux, de quel état et condition qu'ils soient, qui agrédiront de fait ou de paroles ledit sieur Rousseau^ ». Un autre, du 15, décide que c'est indûment que MontmoUin a fait assister son diacre, Imer, au Consistoire de Motiers \ Une lettre de milord Maréchal au ministre Finkenstein, du jour suivant, montre que la Vénérable Classe essayait de juger à nouveau Rousseau, prenant ainsi parti contre le Consistoire de Motiers pour MontmoUin, lequel se servait de son temple pour prêcher ouvertement contre Jean-Jacques '. Il faut qu'un nouveau rescrit du roi, du 2), vienne confirmer celui que brave ainsi le pasteur, en insistant sur la protection accordée à Rousseau^. Le ton en est plus vif, l'ordre est plus catégorique : c'est un joli petit morceau de tolérance et de bonne administration :

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