ANTONIA, JULIETTE, ROGER, PIERRE
PIERRE, à Juliette.
Eh bien ! c'est fiai le concert? C'était joli... tu es contente?
JULIETTE
Oh ! je suis folle ! Il fait doux ce soir. Tu ne sais pas ce que tu ferais si tu étais gentil, Pierrot?
PIERRE
Je m'appelle Pierre..: appelle-moi Pietro, parce que nous sommes en Italie, je veux bien ; mais pas Pierrot.
JULIETTE
Si tu étais gentil, Pietro, tu. me paierais une heure de gondole.
PIERRE
Encore !
44 l'affranxhie
JULIETTE
C'est méchant ce que tu dis là.
PIERKE
D'abord, ma chérie, il est tard... il est temps de rentrer*.
JULIETTE
Rentrons en gondole.
PIERRE
Non, marchons un peu, çja nous fera du bien; nous n'allons jamais ^ar les petites rues, et pourtant, je lisais encore ce matin dans mon Bœdeker qu'elles sont très animées et le théâtre de curieuses scènes de la vie populaire.
JULIETTE
Je n'aime pas marcher.
PIEHIRE
Je n'aime pas naviguer... j'ai déjà manqué deux fois de me noyer, et j'ai une appréhen-
HôQ quand je suis sur l'eau... j'ai peur ■ëme... enûn ça m'est désagréable.
jrLIETTK Tu ne m'as jamais parlé de t;a.
i'h:rrr I Mais si, lu as bien dû voir qu'à l'aris, band il s'agissait de traverser la Seine, i faisais plutAt un détour pour prendre un
.ilîLIKTTI':
I Que la plaisanterie est de mauvaise gr4ce !
piiiRnn
I Oui, c'est entendu.je suis riilicule, odieux: J suis même indigne do porter le nom de Pieiro, mais j'ai horreur de la gondole.
ASTOSIA
IVoyons l'ierre, vous n'êtes pas gentil...
bisque ça lui ferait tant de plaisir à celle itite.
^ i/affiianchie
JL'LIKTTK
Tiens, en voilà justement une qui passe-
PIKRKK
Justement est admirable : il en passe to'^ le temps... Eh bien, appelle la...
.IILIKTTK. à la fenêtre.
Psst, psst...
PIERRK
ïu la hèles comme un fiacre. (Il crie.) Gcm (lola, gondola !
ANTONIA
Que fait-on demain?
JULIETTE
Voulez-vous aller à Murano?
ANTONIA
Ça me paraît très indiqué... Alors, où * retrouve- t-on?