‹ L'affranchie: comédie en trois actesChapitre 58 sur 97 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

C'est une rage qu'elles ont toutes en ce moment. Elle avait inventé un numéro extraordinaire : elle avait rassemblé des .vieux airs lorrains et bretons, des vieux noëls sur lesquels elle avait fait mettre des paroles polissonnes, et elle intitulait i^a : Noëls rosses ! Noëls rosses, j'adore ra. A quoi ça peut-il correspondre?... on ne sait pas... c'est fou !...

ANTOMA

Et Damornay en est toqué.

LISTEL

Gâteux! c'est le baron Ilulot... Il a quitté complètement sa femme; si ra continue, il ne laissera pas un sou quand il niourra, il donne tout à cette petite. C'est pour ca qu'il disait tout à riicure que la famille s'en va. Et elle le trompe! A un moment, elle faisait une telle noce qu'on croyait qu'elle allait y rester... Alors on l'a envoyée à Menton, et Damornay lui écrivait

i:{c$ l'affranciiie:

tous les jours des lettres de quatre pages pleines d'exhortations paternelles, et elle lui renvoyait des dépèches : Zizi bien sage, ou : La petite fllle s'est couchée à neuf heures.

ANTOMA

C'est insensé !

Insensé. Madame, je vous dis au revoir,..

(A M"» Danglejais:) Madame. (A Roger:) Au revoir, monsieur.

Et quand il est parti :

xMADAMK DANliLKJAIS

11 est très amusant, ce monsieur.

ANTONLV

Oui, il sait tout; il connaît tout le monde.

(A Ho^^er.^Mais je crois que vous ne Taimez pas ?

ROGEIl

Non, jo ne l'aime pas : c'est le potinier,

^ est le monsieur qui accueille toutes les ''^lomnieB. qui les colporte complaisain- ^^n(, sans contrôle. Tous les soirs, en *<*l'tant de la Bourse, il va dans les salons, ™iï"e chez les gens du monde sa provision '•e racontars et de cancans; il remplît son ■ïabas qu'il va vider chez des vieilles grues 1*^'» en revanclie, vident moralement devant •^i leur seau de toilette... J'ai horreur de ■^^s gens-là.

/ous èles sévère.

ROGtlH

ï*as encore assez... ne le défendez pas

*^P; je vous dirai pourquoi tout à l'Iieure,

Pelîl site nue.

MADAME UAMGLEJAIS, s^lu.ani -^u revoir, ma chère amie.

A-NTONIA

-Au revoir... nous n'avons guère eu le

140 l'affuanchie

temps de parler aujourd'hui; mais venez donc, je vous en prie, déjeuner avec moi un de ces jours... vous n'aurez qu'à me pré* venir par un mot la veille.

MADAME DANGLEJAIS

C'est entendu.

Elle sort.

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