IXTERPRÉTATION DES RÉSULTATS OBTENUS
La comparaison des débits solides réels S avec ceux $,, calculés par des prélèvements superficiels, a permis d'établir entre eux une relation linéaire de la forme :
625$, + 0,70, à Midanki ,97 So + 0,29, à Bassout.
ont permis de traduire la vitesse du courant en fonction des volumes recueillis par une relation de la forme : V = a + bv;
V, désignant la vitesse du courant en m/s.
Y, — le débit du bathomètre en em/s.,
a et b, deux paramètres ayant les valeurs suivantes :
pour v 7 0,80, a = 0,088, b — 0,290 (approx. + 0,02 m/s
pour v > (0,80, a —D'i5t b = 0,2107 (approx. + 0,08 m/s.)
Ces relations permettraient de calculer les sédiments en suspension, au moyen de prises effectuées en surface seulement, ce qui faciliterait les opérations de jaugeage en période de cure.
Tasreau XXXVII.
Jaugeages du débit solide de l’Afrine en sédiments suspendus.
RE) IR CEE DÉBIT |DÉBIT SU-| TENEUR DATES ‘ I Q SOLIDE |PERFICIEL| MOYENNE
| S So Me
Station de Midankt.
en m/s en k/s ,
13 février 0,84 9,716 | 10,761 |15,584 | 1,11
| 17 mars | 0,60 1,989 | 1,550 | 1,229 | 0,78
En 1932 : 2 avril 0,64 2,567 0,468 0,302 0,19 | 14 avril 0,58 1,748 0,378 0,226 0,21
30 avril 0,55 1,175 0,417 0,250 0,35
En 1933 25 avril 0,58 4759 | 0:03 0e = D du: 26 février 1,02 12,220 5,865 3,698 ,48 ; - 13 novembre 0,60 2,430 7,084 9,876 2,91 { 30 janvier 0,93 10,866 1,504 STE 0,14
En 1935 16 février 1,54 40,360 | 42,000 | 61,360 1,05 | 43 mars 1,17 19,752 Des | CANSLT 0,18
Station de Bassout.
| 14 février 1,09 15,998 1504 26,826 0,98
26 février 0,88 3,059 0,266 0,156 0,09
18 mars 036 "3282 0,122 0,09% } 0,05
REPAS 1 avril 0,93 &,007 | 1,026 | 0,839 | 0,25 ÿ rai 15 avril 0,86 1,631 0,370 0,411 0,22 29 avril | 0,83 1,607 0,40% 1 0,279 | 0,25
5 mai 0,83 2,447 1,302 LOL 0:53
1 20 mai 0,80 1,320 0,390 0,208 | 0,30
En 1934 | 6 mars 1,13 8,397 0,417 0,573 | 0,05 È w: j 12 novembre 0,85 1,214 0,240 0,208 | 0,20 Eten HI er 1:52 | 26,136 | 7,20 |10,458 | 0,28 #4 %%% } 9 octobre 0,69 2,120 | 0,380 | 0,930 | 0,18
Les relations précédentes indiquent que le débit réel S est ordinairement inférieur au débit calculé en surface S, : ce résultat paraîtrait en contradiction avec l'opinion, généralement admise aujourd’hui, d’une augmentation des limons en suspension de la surface au fond ; ainsi Collet a observé que le rap-
D = port = des matières suspendues, calculées d’après des prises à différentes pro-
londeurs, à celles calculées d’après des prises en surface seulement, est de :
op 1,28 pour le Rhône à la Porte du Scex, D HS pe EN ne 1,328 pour la Sarine à Fribourg, a 3 «»* ,» … x et 5 2,23 pour l’Arve en amont de Genève.
Mais toute discordance disparaît si l’on rappelle que le déhit S, résulte de la généralisation au profil mouillé, non point de la {eneur moyenne superficielle
Debit Solide Superficel 5, Ko 06. DOC OMMIENIM A6! 18 2% 122 Zu 4710 ROSE
FiG, S9, Graphique de correspondance entre les débits solides réels de l'Afrine, et ceux calculés par des prélèvements superficiels.
mais de la charge observée en surface. Or, la teneur de l’eau en troubles (t) augmente bien à partir d’une certaine profondeur, mais sa charge (c — vt) ou le débit solide élémentaire est maximum au voisinage de la surface et décroît vers le fond, suivant l'allure du diagramme vertical de la répartition des vitesses.
Signalons toutefois que les expériences de Baumgarten sur la Garonne (où la teneur serait sensiblement constante), et celles de Bohm sur l'Elbe (où elle serait en décroissance), semblent infirmer l'augmentation de la turbidité de l’eau avec la profondeur [74]. Mais ce sujet mériterait des recherches méthodiques complémentaires qu'il ne nous est guère possible d'aborder ici,
D'autre part, la comparaison des débits solides, obtenus aux différents états du régime, fait ressortir qu'il n'existe pas de correspondance uniforme entre le débit solide (S) et le débit liquide (Q) ou le niveau du plan d’eau. Les sédiments charriés dépendent en effet d’un grand nombre de facteurs, reliés les uns, aux caractéristiques du bassin versant (morphologie, nature du sol, boisement, ete...) et les autres, aux conditions météorologiques ‘intensité des averses, ou situation de la période antérieure) : en période de crue, pour une mème hauteur du plan d’eau, les sédiments charriés sont
plus importants dans la phase montante que dans la phase descendante : la vague de limon croît et décroît plus rapidement que la vague d’eau, car l'eau de pluie en ruisselant, lave le terrain au commencement de la crue ; et lorsque cette dernière atteint son maximum, le terrain est déjà lavé et le ruissellement n’entraîne plus que peu de matières ; il en est de même des crues consécutives aux premières pluies de l'hiver qui charrient des limons plus abondants que les crues printanières, les premières averses emportant la plus grande partie des matières meubles, désagrégées par l'érosion subaérienne.
C'est pourquoi la détermination des débits solides de l'Afrine eût nécessité des prélèvements journaliers, et même plus nombreux, en période de crue ; les jaugeages effectués à ce jour sont encore trop réduits pour permettre d'en tirer dès maintenant une évaluation précise du volume annuel] des sédiments transportés. Cependant, à titre de première approximation, et en appliquant la valeur des teneurs moyennes observées en différents élats du régime, aux volumes mensuels écoulés de 1930 à 1938, nous avons
été conduits aux résultats relatés dans les tableaux XX XVIII et XX XIX.
Leur examen fait apparaître que les sédiments en suspension s'élèvent en moyenne, à Midanki, à 97 tonnes, par an et par km? du bassin versant el à Bassout, à 63 tonnes par an et par km?
L'infériorité du débit solide observé à Bassout doit être attribuée, d’une part, à l extension de la couverture végétale dans le bassin moyen de l’Afrine et, d'autre part, À la diminution de sa pente movenne qui réduit la vitesse d'entraînement des eaux et provoque un premie r atterrissement des matières suspendues.
En considérant que la densité des limons entraînés (densité apparente du limon déposé dans l’eau) est de 1,5, le volume des sédiments charriés par FAfrine s'élève en poupe à près de 88. +08 m% par an à Midanki (069 m° par km?) et à 90.000 m% à Bassout (42 m3 par km?)