‹ L'Afrine: Étude hydrologiqueChapitre 101 sur 149 · Sédiments en suspension · texte numérisé non relu

Sédiments en suspension

La couleur de l’eau en crue dénonce en général les formations qu’elle entraîne. Celle de l'Afrine qui tient en suspension des éléments de sable, de calcaire et d’argile, est rougeâtre ; les crues du Yénigé sont crayeuses et teintent d’un gris blanchôtre les eaux de la rivière, en aval de Court Coulac. ;

Les éléments les plus fins, enlevés par l’érosion torrentielle à la surface des roches altérées, subissent un véritable transport, en demeurant en suspension, jusqu’à ce qu’un abaissement de la vitesse de l’eau en amène la décantation progressive.

NÉTHODE DE MESURE.

La mesure de ces sédiments a été périodiquement effectuée aux stations de Midanki et de Bassout [90]. La méthode adoptée (méthode ponctuelle) consiste à déterminer la teneur des échantillons d’eau prélevés en divers points d’une section (ces points sont alignés sur les verticales principales et choisis à différentes profondeurs).

L'appareil utilisé à cet effet est le bathomètre-lachymètre du Professeur Glouchkof : c’est un ballon flexible constitué d’une vessie en caoutchouc (vessie de foot-ball) de 3 Titres de ‘apacité, munie d'un bec récepteur ; le bec est formé d'un tube en cuivre de 20 em. de longueur et 4 mm. de diamètre intérieur, dont l’une des extrémités est amincie (taillée en ogive), et l’autre est emmanchée dans la vessie. Le tube est fixé à une tige circulaire coulissant verticalement dans une pédale à glissière, semblable aux pédales utilisées dans les jaugeages au moulinet à tige verticale suspendue. L'appareil est introduit dans l’eau, le bec dirigé vers l’aval, puis à la profondeur voulue, il est tourné vers l’amont : l'eau chargée de limon pénètre dans le tube et se déverse dans la vessie ; l’opéralion dure 1 à 3 minutes, jusqu'à obtenir un remplissage de la vessie, au tiers environ : le bathomètre est alors retourné vers l’aval et retiré de l’eau : le volume d'eau recueilli est mesuré dans une éprouvette graduée et conservé aux fins d'analyse.

L'avantage du bathomètre est ainsi de recueillir un filet continu, de 60 à S0 m. de longueur, permettant de caractériser la {urbidité moyenne de l’eau, sans introduire aucun trouble, dans sa vitesse naturelle, qui risque de modifier sa charge en limon.

Les mesures sont faites consécutivement à un Jaugeage au moulinet, en sorte que la vitesse de l’eau est connue en tous les points de la section. D'ailleurs, les volumes recueillis par le bathomètre, rapportés à la durée de l'opération, permettraient d’apprécier la vitesse de l’eau aux diférents points À.

1. Un essai de tarage du bathomètre a été effectué au Laboratoire de la Société Hydrotéchuique de France à Beauvert (essai B-60 du 12 janvier 1931). Les résultats obtenus

récoltées, séchées et pesées. Le poids du résidu obtenu, rapporté au volume d’eau recueilli, détermine la teneur de l’eau (en kg par m°, ou grammes par litre). Le produit de la teneur en chaque point par la vitesse de l’eau au même point, exprime la charge élémentaire (kg par see.). Pour obtenir la charge totale en sédiments S, il suflit d'intégrer les charges élémentaires sur toute la surface du profil :

Se 6:

Suivant la méthode suivie dans les jaugeages du débit liquide, on trace les diagrammes verticaux des teneurs et des vitesses, et celui des charges élémentaires (e — vt), pour chaque ordonnée du profil ; Paire de ce dernier diagramme exprime la charge de l’eau le long d’une verticale, que l’on reporte au-dessus du point correspondant du profil ; l’aire du nouveau diagramme obtenu représente la charge totale de l’eau en matières suspendues {7, p. 205 et suiv.].

Les échantillons prélevés sont filtrés au laboratoire ; et les boues

Sur les graphiques établis à chaque jaugeage, nous avons interpréié les lignes d’égale teneur, ainsi que les lignes d’égale vitesse. Ces deux familles de courbes se coupent sous des angles variables, en sorte que la vaieur de la vitesse de l’eau ne détermine pas, à elle seule, l'importance, ni la répartition des matières charriées. La présence de noyaux secondaires d’égale teneur, répartis sans régularité apparente dans la masse du courant, révèle l'existence de mouvements tourbillonnaires qui influent sur la répartition des alluvions suspendues.

Nous avons également interprété les diagrammes relatifs aux charges superficielles (e,) relevées sur les différentes verticales ; et nous avons calculé la valeur S, qu’aurait le débit solide, si chacune des verticales du profil avait une charge moyenne égale à la charge superficielle

So = © Co ds

Le relevé des jaugeages effectués est relaté par le tableau XXXVIT.

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