MESURES DIRECTES
Pour avoir une idée des matériaux transportés par roulement ou par saltation nous avons essayé de procéder à des mesures directes : la méthode adoptée consiste à installer de petits bassins artificiels (des bacs-pièges), au fond du lit, dont on mesure l’engravement, après le passage des crues.
Ces bassins ont été constitués par des bacs métalliques, à section rectan-
gulaire, enfoncés au ras du lit et alignés le long d’une section transversale de la rivière : à leur passage au-dessus des bacs, les galets charriés tombent au fond et sont gardés au milieu des alluvions décantées. Après la crue, les bacs sont retirés : leur contenu solide, filtré et tamisé, représente le volume des matériaux charriés le long de l'élément considéré ; et, si des bacs semblables ont été installés, en nombre suffisant, le long de tout le périmètre mouillé d’une section, il sera possible d'intégrer les résultats obtenus, pour en déduire le volume total du charriage solide.
Ces observations n’ont pas été poursuivies sur l’Afrine d’une manière assez continue. Deux bacs seulement ont été installés à Midanki, pendant l’étiage 1931 et laissés en place jusqu’à l’étiage 1933 : l’un près de la rive droite, et l’autre, près de la rive gauche; leur section était de 1,00 X 0,50 avec 0 m. 75 de profondeur, le grand côté, dirigé normalement à l’axe de la rivière. Au moment de leur retrait, ces bacs étaient remplis d’une boue fluente à la surface, recouvrant un limon sableux, compact, mêlé de gravillons, dans la masse duquel étaient noyés des galets calcaires et basaltiques. Ces galets ont été tamisés et classés par taille (tableau XL).
TaBLeAUu XLI.
Granulométrie des galets recueillis dans les bacs-pièges de Midanki.