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Transports de graviers

Sous cette dénomination, il faut entendre l’ensemble des matériaux entraînés par l’eau, par roulement où par saltation : sables, gravillons, graviers et parfois même, blocs de rocher.

La mesure de leur volume est encore plus délicate que celle des sédiments

ol. deau Mensuels en Miliards de m°

TX RL ca Lx = È d LEMRS LOC ET J F A M. J JA S 0 N D APELM A NL TINATARU 1951 1935

FrG. 91b, — Sédiments en suspension dans l’Euphrate à Meskéné,

en suspension. La méthode la plus naturelle consisterait à observer l’accroissement du delta des cours d’eau qui se jettent dans les lacs, ou l’atterrissement des matériaux dans les réservoirs construits sur leurs parcours.

L'examen du delta formé par l’Afrine, à sa nouvelle embouchure dans l'Amouk (supra p. 25) nous a permis déjà d'évaluer à 200.000 m3, soit à près de 70 m° par km?, les matériaux solides charriés annuellement par la rivière. Si l’on en déduit les apports dus aux alluvions en suspension, les graviers entraînés représenteraient près de 30 m% par km?.

Une autre illustration de ce pouvoir d'entraînement de l’Afrine est offerte par l’engravement de l'ancien barrage de Midanki (fig. 92). S. Mazroux. 13

Ce barrage avait été construit vers 1860, le long d’une ligne d’affleurements rocheux, transversale à la vallée, en vue de créer une dérivation devant actionner un moulin ; sa hauteur était de 6 m. au-dessus du lit et son développement en crête de 123 m. (pl. I, 1 et 2). Or, au témoignage des habitants riverains, cet ouvrage s’est trouvé engravé dès la première année de sa construction ; les matériaux déposés ont rempli tout le volume de la retenue jusqu’à la limite du remous. Ces alluvions sont constituées de galets roulés, enrobés dans une pâte de limon argilo-sableux. L'examen

£rgravement de lArcier Barrage de Nderhi

Coupe debVèllee au droit du Barrage

Ærofil de Lt 2 /Amonrt

F1G. 92. — Engravement de l’ancien barrage de Midanki.

du hit et le relevé des profils en long et en travers de ces dépôts nous ont permis d’en évaluer le volume à 67.800 m; rapporté à la surface du bassin versant, ce volume représente un débit solide de 50 m% par km?. On peut admettre cependant qu’en raison du faible volume de la retenue, les limons tenus en suspension n’ont pas été entièrement décantés et que le débit solide total formé par les sables et les graviers, eût été supérieur au volume calculé.

ForMULE DE WiLHELM.

C’est par un examen semblable de l’engravement du réservoir de Quinson sur le Verdon, que Wilhelm [73] a été conduit à déterminer le volume des graviers entraînés annuellement par la Durance. Il a admis, à cet eflet, que dans une rivière torrentielle à lit de gravier indéfiniment affouillable, la quantité de matériaux entraînés ne dépend que du régime du cours d’eau,

et varie en proportion du travail total dépensé par l'écoulement ; en sorte que si Q et Q’ désignent les débits moyens de deux rivières à régime semblable, i et 1”, leurs pentes moyennes respectives, q et q les volumes de graviers entraînés par elles, on aurait la relation suivante q Qù

d QT

Or, le réservoir de Quinson, dont la capacité était de 1.325.000 mÿ, lors de sa construction en 1869 (hauteur du barrage 13 m., longueur du remous 4.760 m.), avait été rempli en quatre ou cinq ans par les dépôts, sauf une section libre, de 80 à 100 m?, laissée par l'écoulement des eaux. En 1899, lexhaussement du lit se faisait sentir à près de 12 km. en amont du barrage, et la longueur du remous était encore de plus de 2 km.

Wilhelm a observé que, de 1878 à 1899, la masse de graviers accumulée à l'extrémité de la retenue était de 933.000 mÿ, soit environ 45.000 mÿ par an ;

le débit moyen de la rivière étant Q° — 18 m/s et sa pente À — 4 m/m 72 par mètre, il en a déduit, par généralisation : q = 523 Qi

L'application de cette formule à l’Afrine à Midanki (Q = 5,57 mÂ/s et i — 5 m/m p. m.) dnnerait :

q — 14.565 m° par an soit 10,7 m° par km? de bassin versant ; et à Bassout (Q — 8,13 m/s, 1 — 3,1 m/m p. m.), on obtiendrait :

q = 13.180 mÿ, soit 6 m° par km? et par an.

En réalité, le charriage de l’Afrine en graviers doit être évalué à un taux beaucoup plus élevé, ainsi qu’il apparaît de l’examen de son delta ou de l'engravement de la retenue de Midanki.

La formule de Wilhelm ne saurait y être appliquée sans discrimination, en raison du régime torrentiel de la rivière et de la jeunesse d’évolution de son bassin. De plus, le charriage des alluvions est un phénomène complexe dans lequel le diamètre des galets roulés, leur forme, leur densité, l’interposition de grains plus fins, etc., jouent un rôle important.

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