SION
Influence de l'évaporation.
Les réserves d’eau constituées à l’amont des barrages de Midanki et de Bassout seront soumises à une active évaporation.
Nous avons déjà reconnu (supra, p. 170), par l'analyse du bilan des eaux de l'Amouk, que la tranche d’eau évaporée peut atteindre 1.150 m/m par an, soit en moyenne 3 m/m par jour. Cette valeur n’a rien d’excessif, si on la compare à celle observée en Égypte où elle s’élève à 6 m/m par jour, sur le lac Kéroun au Fayoum{2]et atteint 2.350 m/m par an, à l'observatoire du Caire (1869-1888).
Des observations faites par bacs flottants, sur le lac de Tunis, soumis à des conditions climatiques semblables à celles de l'Amouk, il résulte que la moyenne annuelle de l’évaporation, de 1924 à 1932, serait de 1.478 m/m ; à Salin de Giraud (1905-1931) les résultats obtenus sont équivalents (1.441 m/m) [14].
En Syrie, des observations directes ont été faites, par évaporomètres flottants, sur l’Oronte à Acharné et sur l’Euphrate à Deir-ez-Zor ; les résultats obtenus expriment la différence (E — P) entre l’évaporation mensuelle et les précipitations et condensations ; corrigés avec les indications des pluviomètres observés en ces stations, ils ont été relatés par le tableau XLVIH.
La comparaison de ces différents résultats nous conduit à adopter, dans les bassins de rétenue de l’'Afrine, des taux d’évaporation journalière analogues à ceux de l'Amouk, légèrement diminués, cependant, en raison des différences de température et de la transpiration des végétaux, qui activent l’évaporation dans les marais (dernière colonne du tableau XLVIT).
Les taux ainsi définis, appliqués aux nappes d’eau retenues dans les réservoirs, ont permis de calculer les volumes mensuels évaporés. Les figures 101 et 103 en relatent les valeurs cumulées ; ces volumes atteignent en moyenne 300.000 m par mois à Midanki et 700.000 m3 à Bassout, ce qui revient à dire que l’évaporation eut pu soustraire en moyenne, aux débits
régularisés de l’Afrine, 120 {/s à Midanki et 210 l/s à Bassout.
ConcLusIoN :
En définitive, l'aménagement de l’Afrine eut permis de fournir à l'irrigation, en aval de Midanki et de Bassout, un débit total régularisé de 4, de 8 ou de 12 m°/s, au moins, suivant que l’année est sèche, moyenne ou pluvieuse, et d'assurer ainsi la mise en valeur d’une superficie variable de