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de la longueur totale du réseau à la surface du bassin ; pour lAfrine, ce rapport varie entre 0,70 et 0,76 km par km?. C’est une forte densité qui contribue à accélérer l'influence des chutes pluviales sur le débit et expose l'Afrine à des crues rapides ; car, lors d’une averse synchrone sur tout le pourtour du bassin récepteur, les débits issus des divers secteurs, arrivent dans la rivière en concordance, se rencontrent et se superposent pour gonfler ses crues.
La forte densité du réseau traduit d’ailleurs, dans une certaine mesure l'extension des couches imperméables, dans le bassin de l’Afrine.
Le DELTA DE L'AFRINE.
Au débouché de lAfriné dans l’Amouk, les matériaux entraînés et déposés par la rivière ont formé un vaste delta qui étend le périmètre des inondations. L'origine de ce delta est relativement récente et son extension actuelle permet d'apprécier le pouvoir d’alluvionnement de l’Afrine.
Au témoignage des habitants riverains, il y a une quarantaine d’années, l’'Afrine n’aboutissait pas là où il débouche actuellement, dans les marais, près de Killik, mais son tracé remontait vers le Nord et s’incurvait autour de Baytarli pour se jeter directement dans le lac d’Antioche (fig. 9,10 et 74). L’examen du plan des marais, établi par la Régie du Cadastre, révèle en effet qu'il existait, dans cette région, un ancien cours d’eau dont l’embouchure est encore très marquée sur la rive Nord du lac et dont le tracé est jalonné par des digues en terre. Le lit, encore visible, présente une largeur de 15 mètres environ, et sa section atteint par endroits jusqu’à 2 m
de profondeur [84].
Pour reconstituer les phases de cette transformation, il y a lieu de rappeler que l’ancien cours de l’Afrine provoquait de tous temps des inondations dans la région d’Ak Kouyou-Baytarli, et les riverains essayaient de défendre leurs cultures, en endiguant la rivière ; mais l’Afrine alluvionnait toujours, au voisinage de son embouchure ; son lit s’exhaussait, des ruptures accidentelles se produisaient, de plus en plus nombreuses, qui obligeaient les riverains à endiguer à nouveau. Ces travaux réduisaient la pente de la rivière et créaient un danger plus menaçant à l’amont. Aussi avait-on été conduit à creuser un canal artificiel au voisinage de Tchatal Heuyuk, pour détourner, vers les marais, une partie des eaux ; ce canal, affouillé par les crues, s’est transtormé en un débouché principal, tandis que se comblait peu à peu l’ancien lit, La transformation complète du tracé. au voisinage de l'embouchure, se serait ainsi produite sous l’effet conjugué d’une cause naturelle (alluvionnement de l’ancien lit et affouillement du canal de dérivation), et d’une intervention de l'homme (travaux d’endiguement et percée de la dérivation).
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Fic. 9. — Le Delta de l’Afrine.
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A cette nouvelle embouchure, un delta d’épanchement s’est formé ; les débris entraînés continuent à s’y déposer ; ils se répandent dans la plaine et s’y dispersent en éventail, formant ainsi un demi-cône, plus ou moins surbaissé, tandis que les éléments les plus fins alluvionnent les marais.
Les cartes du Cadastre, établies en 1928, relatent la forme et l'étendue de ce cône de déjection ; la pente de ses génératrices est de 1 0/, environ, et son rayon s'étend à plus de 800 m. de longueur. Les profils en travers reportés sur la fig. 9 indiquent nettement la surélévation du lit prineipal et l’inclinaison des deux côtés de la surface ; par planimétrage des courbes de niveau de cette surface, on reconnaît que le volume des matériaux, déposés en dehors des marais, s'élevait déjà, il y a une dizaine d'années, à 3,5 millions de mÿ, ce qui représenterait un apport annuel de 120.000 mÿ environ ; et, en tenant compte du cône de déjection souslacustre, le volume des transports solides, charriés par l’Afrine, serait de l’ordre de 200.000 m° par an.
Il eût été intéressant de suivre l’évolution de cet alluvionnement, par des relevés périodiques, et d’en étudier la composition, par des sondages ou des expériences de filtration qui révéleraient la structure intime des masses déposées : mais 1] ne nous a pas encore été possible de réunir ces éléments.
Qu'il suffise actuellement de retenir que l’alluvionnement des marais, aussi bien qué l’ablation des versants, dénotent une transformation active du modelé : le cours d’eau exerce sur la morphologie du bassin, une action visible.
La Couverture Végétale et l'État Forestier.
La couverture végétale est un des facteurs qui atténue le mieux les effets de l’érosion torrentielle et exerce un rôle modérateur sur la variation des débits.
Cette couverture n’est pas uniformément répartie, dans toute l’étendue du bassin de l’Afrine : sur les versants du Kurd Dagh et du Hawar Dagh, les forêts sont resserrées et la végétation est dense et luxuriante ; tandis que sur les flancs des plateaux de Kiüllis et d’Azaz, les arbres sont clairsemés ; et le massif rocheux du Djebel Semân est complètement dénudé.
Dans la partie syrienne du bassin (fig. 10), l'extension actuelle des forêts couvre une superficie de 390 km?, ce qui représente un taux de boisement de 24 0/, environ ; les variétés les plus fréquentes sont le chêne, le hêtre, le pin et le mélèze 1.
1. Ces forêts étaient autrefois beaucoup plus étendues ; elles ont été décimées pendant
la Grande Guerre par une coupe systématique destinée au ravitaillement en combustibles de la ligne de chemin de fer de Bagdad.
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F 7 ] Foréts actuelles
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Fi1G. 10. — Extension des forêts dans le bassin syrien de l’Afrine.