‹ L'Afrine: Étude hydrologiqueChapitre 36 sur 149 · LE RÉGIME · texte numérisé non relu

LE RÉGIME

Le régime d'écoulement d’une rivière s’exprime par la loi de variation de ses niveaux et de ses débits. Le graphique des niveaux est fourni par les diagrammes des limnigraphes : réduits à une échelle convenable, ces diagrammes font ressortir l'allure et l'amplitude des variations journalière, mensüéllé et annuelle. Le graphique des débits résulte de la transformation des diagrammes de niveaux par les équations caractéristiques ; il est aisé d’en déduire les débits quotidiens, mensuels ou annuels moyens.

Les débits quotidiens, exprimés en m/s, correspondent en général au nivéau moyen du jour ; cette correspondance est valable en régime étale ; mais lorsque les niveaux subissent, dans le courant d’une journée, des variations importantes, il est alors nécessaire de dessiner le diagramme des débits instantanés, pour déterminer, à l’aide d’un planimètre, le débit moyen du jour.

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Le débit mensuel moyen est la moyenne arithmétique des débits quotidiens du mois.

Le débit annuel moyen, ou module est égal à la somme des débits quotidiens divisés par 365 ou 366 (module absolu Q, exprimé en m/s) ; rapporté à la surface du bassin versant, ce débit traduit l'intensité de l'alimentation du cours d’eau (module relatif q, exprimé en m%/s par km?).

Rappelons enfin que l'indice d'écoulement H représente l'épaisseur de la couche d’eau que l’on obtiendrait en répartissant d’une manière uniforme le débit total annuel, sur la projection horizontale du bassin de réception :

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Bassin de réception en m?

Le rapport de cet indicé à la hauteur de la pluie tombée durant la même période désigne le coefficient de ruissellement ; la différence entre cet indice et la hauteur de pluie exprime le défieit hoslnient (Coutagne).

HAN Année Hydrologique :

Pour mieux définir le régime et mettre en relief l’influence des différents facteurs qui le déterminent, il paraît utile de substituer à l’année civile, une année hydrologique qui s'étend d’un étiage au suivant : le décalage de cette

F1iG. 34. — Débits mensuels de l'Afrine à Midanki et à Bassout.

année conventionnelle sur l’année civile varie: généralement suivant le climat et le régime du cours d’eau. Pour l’Afrine, dont les étiages coïncident en fin septembre, et les débits croissent à partir d'octobre, avec l’apport des pluies, nous avons adopté une année hydrologique allant du 1er octobre au 30 septembre : l'introduction de cette année élimine les chevauchements de crues et permet de mieux comparer l’évolution des débits et des pluies.

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— Variation saisonnière.

De tous les caractères du régime, la variation saisonnière des débits est

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F1G. 35. — Débits comparés de l’Afrine.

celui qui frappe le plus, même l'observateur le moins averti ; elle traduit

de la façon la plus visible l’action directe des précipitations.

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Le tableau XI relate les débits mensuels écoulés par l’Afrine aux stations de Midanki et de Bassout ; pour illustrer ces résultats, et faciliter leur comparaison dans le temps et dans l’espace, nous y avons annexé deux graphiques (fig. 34et 35) dont l’un représente, par station et par année, les débits mensuels de l’Afrine, et l’autre, la série comparée des débits enregistrés aux deux stations.

Ces graphiques épousent la forme générale d’une onde dentelée, qui débute en novembre avec les premières pluies, atteint son maximum en janvier-

Coetficients Mensuels de Debits

F1G. 36. — Variation saisonnière de certains cours d’eau syriens.

février, et s’abaisse ensuite graduellement jusqu’à l’étiage ; le rythme de ces variations porte l’empreinte du régime pluvial méditerranéen, les hautes eaux coïncidant avec la saison des pluies, et l’étiage, avec la saison chaude, en l’absence de toute précipitation. Le mouvement principal est en fait réalisé par une suite de crues, se chevauchant et dessinant une onde festonnée ; chaque crue isolée présente une allure dissymétrique, avec une montée brusque et une décrue progressive : la montée rapide est due au ruissellement superficiel, tandis que le drainage des eaux infiltrées entretient une décrue lente et graduelle.

La succession des différentes crues reflète la distribution saccadée des pluies et l’interférence des apports des différents affluents : ainsi, les premières pluies de l'hiver, espacées et localisées, provoquent des crues pointues, mais peu entretenues ; au contraire, celles de janvier et de février, générales et continues, AR des crues nourries, dessinant un graphique bombé, alimenté à la fois par le ruissellement et les eaux souterraines.

Pour mieux caractériser le rythme de ces variations saisonnières, il n’est pas sans intérêt de les rapprocher de celles d’autres cours d’eau syriens. Nous avons caleulé à cet effet les coefficients mensuels de débit de l’Afrine

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