‹ L'Afrine: Étude hydrologiqueChapitre 51 sur 149 · RÉGIME ANNUEL DES DÉBITS · texte numérisé non relu

RÉGIME ANNUEL DES DÉBITS

Pour analyser de plus près le régime de l’Afrine, et caractériser la loi de variation de ses débits, nous définirons la courbe des débits classés, suivant la méthode de Coutagne [8 et 9] :

Dans un système d’axes coordonnés ({, g), faisons correspondre à chaque valeur du débit g, le nombre de jours { de l’année pendant lequel le débit journalier de la rivière se maintient inférieur à cette valeur !. Nous obtenons ainsi une courbe continue qui affecte dans son ensemble une allure parabolique, si l’on fait abstraction des irrégularités dues à la complexité des lois qui régissent les précipitations atmosphériques, le ruissellement et l’évaporation des eaux. Sa courbure est d'autant plus grande que le cours d’eau est plus irrégulier, et plus longue, la durée des faibles débits.

L’aire comprise entre cette courbe, l’axe Of et la parallèle à Og menée par 1 — 365 j. est égale au total de l’eau écoulée dans l’année.

Coutagne admet que cette courbe peut être représentée par l'équation g=A+kt.

Le coefficient A doit être égal à la plus petite valeur du débit ; nous le remplacerons par le débit caractéristique d’étiage m, soit celui au-dessous duquel le cours d’eau ne descend pas pendant plus de 10 jours dans l’année.

Posons, d'autre part :

Q = le débit moyen annuel ou module ; On a :

Tab k Tr Q = m + Tr /*° com A ds ve à d’où l’on déduit :

k = (Q — m) Tr

1. Sur les graphiques ci-joints (fig. 46 et 47), nous avons porté en abscisses, le temps pendant lequel le débit g a été atteint ou dépassé ; pour nous mettre dans l'hypothèse de Coutagne, il suffit d'inverser la graduation des abscisses.

He TE =

L’équation de la courbe s'écrit alors :

Pour déterminer n, on peut écrire que cette équation est satisfaite : soit pour { = Tet q — M (débit maximum), ce qui fournit

M — Dodo —£ ; (1) 6, {fs 3 à | soit pour { — 5 et qg —S, S désignant le débit semi-per- À | manent (celui au-dessus duquel le cours d’eau se maintient a} Î pendant la moitié de l’année), ai \i A qi! ce qui fournit : eh a (2) e \ Q— m 2n < 3 (] \\ É \ C’est cette dernière relation que nous utiliserons pour ” À définir l’exposant n, le débit maximum M étant trop va- = \\ riable, d’une année à l’autre, pour caractériser le régime 52 \\ moyen de la rivière.

pe Se mr

F1G. 46 a. — Courbes des débits classés de l’Afrine à Midanki.

L’exposant n ainsi défini désigne le degré d'irrégularité de la rivière ; il exprime, en effet, le degré parabolique de la courbe de régime, dont la courbure caractérise précisément l’irrégularité du cours d’eau. La valeur n — 0 figurerait une ligne droite et correspondrait à une rivière théorique à débit constant (q — Q).

L'application de la formule (2) à l’Afrine nous conduit aux résultats consignés dans le tableau XIX.

On pourrait également chiffrer l’irrégularité du régime par les différents rapports suivants

a) le rapport a du débit maximum journalier au débit minimum ; ce rapport chiffre surtout l’amplitude maximum des variations du débit ;

AT re

b) le rapport 9 du débit moyen au débit minimum ;

c) le rapport = du débit maximum au débit moyen ;

Q d) le rapport > du débit semi-permanent au débit minimum. Les valeurs de ces rapports pour l’Afrine sont consignées dans le tableau XX, | À | De tous ces rapports, le plus intéressant à consi- &

ï \ ; dérer serait le coeflicient Q ,qui caractérise l’irrégu- \ À m

larité du cours d’eau, par rapport au débit moyen ; sa valeur moyenne est de 16,3 à Midanki et 13,5 à

M à : ke Bassout. Le rapport — atteint respectivement 322 m

(æ et 279,5 : ces valeurs confirment le caractère torë rentiel de l’Afrine dont le régime obéit aux fluctuations des chutes pluviales, suivant une loi com- 2 plexe, dépendant de l’évaporation, de linfiltration 8 et des réserves souterraines.

Debits S

F1G. 46 b. — Courbes des débits classés de l’Afrine à Bassout,

Dans le tableau XXI, nous avons relaté la valeur moyenne de ces rapports pour différents cours d’eau syriens.

Le plus régulier d’entre eux paraît être le Khabour, dont les fluctuations saisonmières sont très atténuées, par l'apport deses bassins sourciers (Rasel-Aïn).

Les débits de l’Oronte, entre Acharné et Karkor, présentent une particularité intéressante à signaler : c’est l’influence modératrice introduite par les

x ; HE PRE M , marais du Ghab qui réduisent le rapport — , de 7,8 à l’amont, à 4,6 à l’aval. m Enfin, il peut être intéressant de caractériser l’irrégularité annuelle mensuelle ou journalière de ces différents cours d’eau, par les rapports suivants :

a) le rapport des débits annuels extrêmes, b) le rapport des débits mensuels extrèmes, c) le rapport des débits journaliers extrêmes.

Le tableau XXII relate la valeur de ces différents rapports, dont la comparaison conduit aux mêmes conclusions que ci-dessus.

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