‹ L'Afrine: Étude hydrologiqueChapitre 97 sur 149 · COMPARAISON AVEC LES MARAIS DU (GHAB · texte numérisé non relu

COMPARAISON AVEC LES MARAIS DU (GHAB

Le Ghab constitue une vaste dépression marécageuse, à fond argileux, traversée, du Sud au Nord, par l’Oronte, et encaissée entre les calcaires jurassiques du Djébel Ansarieh, à l'Ouest, et la bordure cénomanienne du Djébel Zawvé, à l'Est. La présence des marais v est due à un seuil basaltique (seuil de Karkor) qui barre l'issue des eaux et provoque linondation d’une superficie de 25.000 ha environ. Un assèchement partiel en avait été tenté dès l’antiquité, par l’abaissement du seuil et l'ouverture d’un canal rectiligne de 1250 m. ; cet aménagement aurait entraîné un abaissement du plan d'eau de 0 m. 50 environ {82}.

Les inondations du Ghab résultent des débits de l’Oronte en crue, de l'apport des sources qui résurgent au pied du Djébel Zawvé et du massif alaouite (au nombre de 50 environ, avec un débit moyen de 11 m/s), ainsi que des eaux pluviales de ruissellement (bassin propre 1.200 km?). Toutes ces eaux s’emmagasinent dans la dépression ; l’évaporation et la consommation d’une végétation aquatique très dense en réduisent constamment le volume, et le surplus s'écoule à travers le seuil de Karkor.

Le régime de remplissage et de vidange du Ghab a été observé durant les années 1932-33 et 1933-34 par la Régie des Etudes Hydrauliques (WU) : les débits de l'Oronte, mesurés aux stations d’Acharné et de Karkor, et les niveaux du plan d’eau, observés à 30 échelles hydrométriques placées à l’intérieur des marais (en movenne 1 par 10 km?), ont permis de calculer à chaque décade, d’après les profils en travers relevés au préalable, les volumes d’eau retenus. La comparaison du régime du Ghab avec celui de l'Amouk présente certaines particularités. ,

La montée des eaux du Ghab est plus régulière : elle commence en décembre et atteint son maximum en mars ; cette régularité reproduit celle des crues de l’'Oronte dont la retenue à l’amont (lac de Homs) et la diversité du bassin versant atténuent le caractère torrentiel de ses affluents ; les pointes secondaires observées sont dues au ruissellement direct des eaux reçues par le bassin du Ghab.

La vidange des eaux se poursuit jusqu’à fin août, et, à partir de cette date, les marais ne subissent plus que de faibles fluctuations.

La comparaison des débits affluents avec ceux évacués par l’Oronte démontre alors que l’évaporalion moyenne dans le bassin du Ghab est de 2 m/m par Jour (ce qui représente un débit de 5,8 m/s environ). Ce taux qui semble se maintenir constant durant toute l’année, reste inférieur à celui observé dans l'Amouk. L’explication suivante en a été donnée 1 :

ne

26Millo de m°

[ Le

Volume en Millions de m?

1232-35 1933.34 F16. 85. — Graphique du mouvement des eaux dans les marais du Ghab. (Régie des Études Hydrauliques).

“ Pendant l'été et en automne, la surface des marais reste à l'ombre d’une végétation toufjue de grands roseaux, presque entièrement desséchés ; ils réduisent ainsi fortement l’évaporation, tout en ne consommant plus d’eau. L'Amouk présente au contraire une nappe d’eau libre de toute végétation (lac d’Antioche), assez étendue. En hiver, malgré l’abaissement de la température, l'évaporation n'est guère diminuée, la surface des marais augmentant et l’eau de pluie qui mouille les roseaux s'évaporant en grande partie ; au printemps, si l’activité de la végétation accroît la consommation des plantes aquatiques, l'évaporation est ralentie par une atmosphère humide, et souvent assez fraîche, ainsi que par la diminution progressive de la surface des marais ».

Le bilan des eaux, évacuées ou évaporées, fait ressortir une différence annuelle de 26 millions de m avec le volume des eaux reçues où emmagasinées ; ce volume représenterait l’eau retenue dans des dépressions fer-

1. Rapport d'ensemble sur l'aménagement de la vallée de l'Oronte. IKsPEecrION GÉXÉ- RALE DES Travaux Pugries pu Haur-Commissartiar (Beyrouth). 5. Mazrouu. ‘ 12

— ATS —

mées, qui, à partir d’un certain niveau, pendant la décrue, n'auraient plus de communication avec! l’'Oronte ; cette eau disparaîtrait d’un étiage à l’autre par évaporation. (C’est ce qui justifierait les crochets présentés par le graphique du mouvement des eaux.)

L'influence exercée par le Ghab sur l’évolution des débits de l'Oronte, est semblable à celle de l'Amouk ; la figure 86 représente les débits que l’on aurait eus à Karkor si les marais avaient été asséchés : elle illustre d’une

Debits de 10rorte à laorkor 0 Zn supposont les Morois SUpprirres

____. Pebits Observes

Débits en m%s

NB 27

Page 1