‹ L'Afrine: Étude hydrologiqueChapitre 96 sur 149 · INFLUENCE DE L’AMOUK SUR L'ÉVOLUTION DES DÉBITS · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L’AMOUK SUR L'ÉVOLUTION DES DÉBITS

Cette influence est celle d’un réservoir de crue dont le remplissage amor-

agasines en Millons de m*

Akitudes du Plan d'Eau al'Echelle d'Arab-Khan

Periode observée J/ -

Dre Rene OR COR D RE Te CC 0 ONE DO FORT 195. 5e 1536-35

Fi. ST. Graphique du mouvement des eaux dans les marais de l'Amouk.

lit la violence des débits affluents, retarde la production du maximum et prolonge la durée de la crue ; de plus, la vidange progressive du lac et des marais atténue, à l’aval, la fluctuation saisonnière des débits : cette action régulatrice est nettement mise en relief par le graphique comparé des débits fournis par les affluents de l'Amouk avec ceux évacués par lémis-

Basse Egypte et des observations effectuées par M. Bexstpa à Alexandrette (1.300 m/m

par an).

saire (fig. 82): en l'absence du lac et des marais, le débit mensuel du Kutchuk-Assi eut atteint 200 m%/sec. (février 1938), tandis que ce débit n’a pas dépassé 126 m°/s.

Cette influence peut être encore mieux illustrée par la comparaison des composantes élémentaires de l'écoulement ; et la méthode d'analyse de M. H. Labrouste fournit, là aussi, un précieux moven d'investigation.

Comparaisor des Débits Mensaels vs des Affluerts et de Deversoir de /'Arrouk 400! +150 É A "25 30! £ | n Sn > 4 |5 # Fe Ge = È U 5 EURE 3 \e o! rs 8 Ë Ê - Ë = É ë 2 — es FS <= a s

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En bas : Comparaison des débits de l’Oronte, en amont (Djisr-el-Hadid) et en aval (Antioche) du confluent du Kutchuk Assi.

Le tracé des composantes révèle entre le Kutchuk-Assi à Dalian et l'Afrine à Bassout (fig. 84), un retard de phase de 7,1 °/, (26 jours) pour la composante annuelle et de 159/, (27 jours) pour la semi-annuelle. Leur importance relative croît respectivement de 57,2 à 80, et de 19,7 à 36,6 %, de la variation extrême des niveaux ou des débits. (La comparaison des composantes du Kara Sou, d’ailleurs en concordance avec celles de l’Afrine, conduirait aux mêmes résultats).

ANALYSE HARMONIQUE DES DEBITS DU KUTCHURASSI

Î Débits |Mensaels

Fi16. 83 —

Analvse Harmonique des débits du Kukchuk Assi à Daliau.

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De plus, à en juger par les restes des deux analyses, importance des périodes courtes est amortie, tandis que celle des périodes longues est amplifiée : ainsi la résultante de ces dernières augmente de 31,4 % à Bassout, à 37,29 à Dalian.

Tasreatu XXX VI.

Analyse des débits du Kutchuk-Assi à Dalian.

COMPOSANTES |AMPLITUDE MAXIM. IMPORTANCE T, Ex mois m5/s RELATIVE %

18 21 | 20,6 Composantes | supérieures (5,5) : 37,2

Données | 100,0

L'ampli ficalion des composantes de longue période exprime le rôle régulateur des réserves, dans le cycle des variations annuelles du débit ou de leurs fluctuations d’année en année ; elle traduit ainsi la propriété sélective des retenues superficielles, semblable à celle observée dans les réserves souterraines (cf. supra, p. 139).

Enfin, des modifications importantes sont introduites dans le régime d'écoulement des rivières affluentes (plymirisme) : les composantes annuelle etsemi-annuelle qui se propagent d’aval en amont, le long de l’Afrine et du Kara Sou et avec une vitesse de 7 à 12 km./jour, changent de sens de propagation à la traversée de l'Amouk (effet de l’écoulement naturel) ; et leur vitesse est réduite à 1 km./jour pour la composante annuelle et à 0,5 km./jour pour la semi-annuelle. La faible valeur de la vitesse s'explique

par la durée mise par les eaux à remplir le lac et les marais 1.

Ces diverses influences ont naturellement leur répereussion sur le régime d'alimentation de l’Oronte : le retard imposé à la propagation des crues des affluents fait coïncider leur arrivée avec celle des crues propres de l'Oronte, ce qui gonfle les débits du fleuve en aval, tandis qu’en l’absence du lac et des marais, leur évacuation eût été beaucoup plus rapide (un mois plus tôt).

Par ailleurs, on doit considérer l'existence du lac et des marais comme

1. S. Mazzoum. — Propagation des composantes hydrométriques dans le bassin de l'Oronte. C.R. Ac. Sc., 1939, t. 208, p. 1416.

Un phénomène semblable a été observé par MIIe À. PérEAt’, dans l'analyse des composantes du Nil. C. R. Ac. Se., t. 207, 1938, p. 932.

un élément modérateur dans la vie hydrologique de l’Oronte ; en apaisant la violence des crues de l’Afrine et des autres affluents, en remédiant à l’irrégularité saisonnière et annuelle de leurs débits, par le jeu des réserves emmagasinées, ils contribuent à atténuer les caractères torrentiels-de leur régime et à régulariser leur évolution.

Aussi serait-il souhaitable, si l’on ne veut troubler le régime d’écoulement de l'Oronte, à la traversée d’Antioche et en aval, qu'un aménagement d'ensemble des vallées de l’Atrine et du Kara Sou précédât les travaux d’assèchement de lAmouk.

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