‹ L'Afrique à l'entrée du vingtième siècleChapitre 2 sur 23 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

obsède depuis des siècles. L'image sainte du roi Louis flotte encore aux bouches du Nil et sur les ruines de Carthage. Béthencourt et nos Normands, avant les Espagnols, firent souche aux Canaries. Nos Dieppois, avant les Portugais, fondèrent des comptoirs en Guinée. Et si les Barbaresques, chassés des montagnes maures de Provence, continuèrent à dévaster nos rivages méditerranéens, à y répandre la terreur et à y recruter la chiourme de leurs galères jusqu'en plein xviii^ siècle, ils ne purent retenir dans leur bagne de Tunis notre Saint Vincent de Paul et ils eurent l'honneur d'être bombardés par Duquesne, en attendant que, par un coup décisif, notre armée de 1830 vînt planter notre drapeau sur la kasba d'Alger. Maïs déjà, à l'autre bout de Ténorme presqu'île, Richelieu avait pris possession de Madagascar ; nos huguenots, chassés par la révocation de l'édit de Nantes, avaient apporté aux colons hollandais du Cap ce levain de générosité et de bravoure indomptables qui fermente aujourd'hui dans l'âme héroïque du petit peuple Boer; et déjà aussi Bonaparte avait conquis la terre des Pyramides. N'est-il pas vrai que l'Afrique, mystérieux aimant, a toujours attiré le génie de la France?

Rappelez-vous seulement la touchante histoire de ce jeune Français presque d'hier que connaissent bien tous les jeunes Français d'aujourd'hui. Au fond

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