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L'Afrique Australe. chapitre
l'indépendance en 1881, ou à la guerre de 1894, dite t de Malaboch », ou ayant fait partie de l'expédition contre les Souazi en 1894, ou contribué à mater le « raid » du docteur Jameson en 1896, ou ayant pris les armes en diverses circonstances, contre diverses peuplades indigènes; plus, les fils de ces burghers de première classe, dès qu'ils ont atteint l'âge de seize ans.
Les membres de la seconde Chambre sont nommés à la fois par les bourgeois de la première et de la seconde catégorie : ceux-ci comprennent les étrangers naturalisés et leurs fils audessus de seize ans.
La naturalisation en Transvaal s'obtient après un minimum de deux ans de résidence, serment d'allégeance, versement de 50 francs, inscription sur le registre du veld-kornet ou juge de district; après douze ans de naturalisation les naturalisés peuvent passer de la seconde à la première classe des électeurs sur avis conforme de la Chambre supérieure. Les fils d'étrangers nés sur le sol transvaalien n'ont aucun droit politique, mais en se faisant enregistrer à seize ans, ils deviennent burghers à dix-huit, et peuvent entrer dans la première catégorie des citoyens dix ans après les trente années réglementaires pour être éligibles à la seconde Chambre, c'est-à-dire à quarante ans.
C'est la première catégorie des burghers qui nomme le président et le commandant-général ; les deux catégories réunies choisissent les chefs de district et les veld-kornets. Le président est élu pour cinq années et assisté d'un Conseil de six membres, le secrétaire d'État, le commandant des forces militaires, le ministre des affaires indigènes, le garde des sceaux et deux délégués nommés par le premier des deux Volks-raad ou des deux Chambres.
Sont exclus de toutes les fonctions publiques et du droit de suffrage tous les signataires d'une pétition pour l'annexion du Transvaal à l'Angleterre.
Le hollandais, avec exclusion formelle de l'anglais, est la langue officielle du Parlement de Pretoria.
Militairement, pas d'armée permanente : avant la guerre, la république Sud-Africaine n'avait sur pied que 289 soldats avec 790 officiers sans solde et 32 officiers d'artillerie. Quand le pays est en danger tous les hommes valides sont requis entre seize et soixante ans. D'après un rapport transmis au Parlement de Londres le l^"" février 1900, les hommes susceptibles du service militaire étaient 29 279, et en ajoutant les 22 314 de l'État libre confédéré, 51 593. La force de cette milice,
HUITIÈME République Sud- A fine aine ou Transvaal.
si peu exercée qu'elle soit, est très effective, parce que presque tous les Boers sont montés, qu'ils manient très bien les chevaux, les bœufs de charroi, qu'ils sont calmes, vigoureux, infatigables, excellents tireurs.
Comme religion, nous n'avons que de vieux renseignements et des calculs de probabilité, desquels il résulte que l'église dominante est la calviniste hollandaise, divisée en sous-églises; puis vient l'église anglicane, suivie de diverses sectes, telles que wesleyens et presbytériens; il y a 10 000 juifs, probablement plus que de catholiques.
L'instruction publique se donne autant que possible en langue hollandaise, par réaction contre les empiétements de l'anglais dans toute l'Afrique australe et dans les villes et bourgs de la république Sud-Africaine. A mesure que, du lait des mines d'or, le gouvernement du Transvaal devenait riche à la suite de la prospérité de la contrée, les écoles se sont développées extraordinairement : en 1876, rien que 13 écoles et 150 élèves; en 1886, déjà 96 écoles et 2 600 élèves; en 1898 il y avait 509 écoles, dites de district, subventionnées, et 13 561 écoliers; plus les écoles dites rurales, et à Pretoria, l'école modèle avec près de 300 élèves, le collège des garçons avec 61 élèves, l'école des filles avec 210. La subvention versée par l'État en 1898 a été de 2 273 900 francs. Comme on peut penser, il y a nombre d'écoles anglaises, surtout à Johannesburg et à Pretoria, comme dans la plupart des villes et villettes, partout où il y a des « Britishers ».
Une autre mesure de la « civilisation » d'un pays, de ses progrès, de ses reculs, c'est le « mouvement » des postes et télégraphes; il se résume ainsi que suit dans le Transvaal : en 1885, expédition de 17985 dépêches; de 911118 en 1891; de 1674117 en 1898; au 1" janvier 1899, il y avait 3 537 kilomètres de lignes télégraphiques, 9 094 kilomètres de fils et 145 bureaux. Comme échange de correspondances, l'année 1898 s'est close sur 63 871123 lettres et cartes postales, 884 (?) chargements, 530 91 1 colis postaux, 53 246 123 articles postaux, 17 817 325 francs de mandats expédiés, 6 578 425 de mandats payés.
Les finances du Transvaal étaient dans un état presque désespéré, quand les mines d'or sauvèrent la caisse de la république Sud-Africaine. Des bas-fonds de l'extrême pauvreté, voisine de la faillite, le budget s'est élevé à un faîte vertigineux. Déjà en 1885, après l'arrivée des premiers pionniers de l'or, les recettes avaient monté à 4 450 000 francs; en 1890 elles atteignirent 31 millions ou presque, et 120 millions en 1896, année où les recettes ont été au maximum. Or, 120 millions de revenus
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dans un pays de 250 000 Blancs environ, c'est, si nous négligeons les Noirs, qui contribuent peu à l'impôt, comme si la France versait 18 à 19 milliards de francs par an dans les profondeurs du budget, et, en comptant les Cafres et autres indigènes comme étant d'excellents et solides imposés, comme si elle en versait 4 milliards 600 millions.
Voici le tableau des recettes et des dépenses du Transvaal, de 1893 (inclus) à 1898 (inclus également).
Recettes en francs.
Dépenses —