Cod. JusL
attribués à beaucoup d'administrateurs dans les provinces orientales. Sans doute le proconsul de Cappadoce touchait jusqu'à vingt livres d*or*; mais c'était un très grand personnage, bien supérieur en dignité aux consulares et praesides africains. Au contraire, les préteurs de Pisidie, de Lycaonie, de Thrace, et le comte dlsaurie étaient payés à raison de 300 sous seulement*; et si celui de Paphlagonie arrivait à 725 sous, c'est * que — le rescrit qui le concerne l'indique expressément, — il cumulaitdeuxtraitements'.Lacondition faite aux gouverneurs civils d'Afrique, quoique ici encore bien inférieure à celle des chefs militaires de la province, était donc relativement assez favorable : et bien qu'au total ce service civil ne coûtât point fort cher — la Sardaigne mise à part, il revenait à 3,648 sous d'or ou 57,i46 francs — néanmoins l'importance relative de ces appointements prouve le désir, d'ailleurs nettement exprimé par Tempereur, d'assurer à la nouvelle province les bienfaits d'une honnête et scrupuleuse administration.
On sait par les Novelles les misères de tout genre que les agents impériaux faisaient souffrir aux sujets confiés à leurs soins, et l'insistance même que Justinien apporta à combattre ces désastreuses pratiques montre combien le mal était profondément enraciné. Les gouverneurs provinciaux rançonnaient les populations sans miséricorde ; sous cent prétextes divers, ils accablaient les habitants d'exactions toujours renouvelées; sans pudeur ils vendaient la justice au plus offrant; àprement ils exigeaient la rentrée deTimpôt, et par leur avidité et leurs rigueurs ils provoquaient de constantes séditions*. Autour d'eux ils laissaient leurs employés, leurs soldats vivre comme eux sur le pays ^ ; et, à leur exemple, les grands seigneurs de la contrée, entretenant à leurs gages des bandes armées, rava-