‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 133 sur 539 · Cod, Just.y I · texte numérisé non relu

Cod, Just.y I

3. Il est intéressaot de remarquer combien, en ce pays d'Afrique, des nécessités semblables ont, en tout temps, produit des résultats identiques. Le général du Barail. dans un curieux passage de ses Souvenirs, expose un plan de défense de la frontière algérienne qui rappelle trait pour trait les mesures ordonnées par Justinien. Voici en quoi consiste ce plan : « pousser tous les escadrons (de spahis) à la frontière, les établir, à l'ouest, le long de la frontière du Maroc, à Test, le long de la frontière de la Tunisie, et dans le sud, anx postes les plus avancés; imiter l'Autriche dans l'organisation de ses troupes de frontière, de ses confins militaires, et constituer, sur toutes les limites de nos possessions, de véritables smalas. Nous avions assez de terres domaniales pour accomplir cette opération sans grands frais.

« Dans ces smalas, les spahis vivraient sous la tente, avec leur famille. Par l'exemption de certains impôts, parla culture de lots de terre temporairement concédés, et même par l'élevage, ils y trouveraient assez d'avantages pour attirer dans leurs rangs bien des cavaliers avides d*y participer... Contre les agressions, je proposais de les appuyer sur quelque chose de stable : une enceinte carrée, construite sur un terrain choisi, facile à défendre et entourée d'nn mnr crénelé, flanqué aux quatre coins d*une sorte de bastion... Elle devait être assez vaste pour recevoir, en cas de danger pressant, les spahis et leurs familles. Là ils pourraient braver une insurrection que^ la plupart du temps, ils auraient pu prévoir : car, établis au milieu d'un pays pour le surveiller et le garder, ils noueraient fatalement des relations et posséderaient des intelligences avec les populations et les tribus voisines...

« Ce n'était pas le seul avantage que je trouvais à mes smalas.,. Je me figurais que derrière la, smala, la. colonisation marcherait, et viendrait la rejoindre» (Général du Baraîl, Mes Souvenirs, t. I, p. 417-418).

Rien ne manque à ces pages pour en faire le véritable et pittoresque commentaire du re3critde534: c'est le même système, servant tout ensemble à la défense et à la colonisation, c'est le même mode de recrutement local, assuré par les mômes privilèges, c'est la même vie enfin; et jnsque dans le type de construction proposé pour appuyer les smalas, on retrouve, à s'y méprendre, les dispositions des castra byzantins.

de Tarmée mobile, la défense de la frontière; il se flattait en outre, par l'exemple des limitanei, d'attirer des cultivateurs dans les régions du sud, et d'accroître, par le développement de la colonisation agricole, la prospérité de TAfrique pacifiée*. Aussi recommandait-il avec insistance à ses officiers, d'apporter tout leur zèle à l'exécution de ses instructions : non seulement ils devaient attentivement remplir leurs devoirs militaires, veillera ce que, dans l'armée mobile comme dans l'armée territoriale, les effectifs fussent toujours au complet, la discipline sévère, les exercices fréquents'; non seulement ils devaient soigneusement concerter leurs efforts pour la défense commune de la province'; mais par dessus tout, ils devaient s'appliquera faire aimer leur autorité par les troupes et les populations. Il importait essentiellement, si Tœuvre entreprise devait avoir des résultats efficaces, que le soldat, n'ayant à se plaindre de rien, fût prêt à rendre de bons ser* vices, que l'habitant ne vît point dans la réorganisation militaire un accroissement de misères et de charges. Aussi Justinien recommandait avec insistance aux ducs, aux tribuns, aux employés des officia, de ne point céder aux tentations de leur avidité : il leur prescrivait de ne point chercher à s'enrichir aux dépens des hommes, soit en détournant une part de la solde, soit en faisant des bénéfices sur les fournitures \ Il leur ordonnait d'être doux et bienveillants pour les sujets, de les protéger contre les violences des soldats et les exactions des tribunaux*^, et il rendait le duc et ses officiers responsables, sous peine d'amende et de destitution, de tout excès commis par eux ou leurs troupes, de toute infraction aux instructions impériales ^

1. Cod. Just,, I, 27, 2, 8. Il est question de môme àBnhVÉdit (fAnastase (n^ iO) de particuliers (IdtôTai), établis sous la protection des castra,

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