id., p
Aussi bien ces principes nouveauxne sont point particuliers à l'Afrique : sur toutes les frontières de Tempire, la stratégie du vi« siècle employa les mêmes mesures ; et la comparaison en est fort instruclive pour rendre compte des dispositions adoptées dans les citadelles africaines. C'est d'abord, tout le long du limeSy une série de villes fortifiées, reliées par une succession de postes {castella, çpoùpia)*, assez rapprochés les uns des autres, solidement construits, bien pourvus d'eau et de vivres, et généralement occupés par de petites garnisons*. Leur but est double : ils doivent barrer la- frontière et surveiller l'approche de l'ennemi, et d'autre part servir de base d'opérations aux colonnes expéditionnaires chargées de piller le territoire hostile*. Mais, pour les raisons qu'on a dites, cette première ligne, quoique plus serrée qu'autrefois et plus difficile à franchir, ne parait plus oiïrir une barrière suffisante. Aussi, à quelque distance en arrière, se développe une seconde ligne de citadelles, plus importantes celles-là et aussi plus espacées ^ : ce sont d'ordinaire d'assez grandes villes^ défendues par des garnisons plus nombreuses % et qui offrent tout à la fois un soutien aux places de la frontière, une nouvelle barrière à Tinvasion, un asile aux populations du plat pays. C'est là en effet la grande préoccupation des tacticiens et des généraux byzantins, assurer la sécurité des habitants de la province, faire en sorte que la région souffre le moins possible de l'invasion ennemie*. Dans ce but, partout où un péril
1. Sur la frontière de Mésopotainie, outre les grandes places de Daraet d'Amida, Procope énumère une série de çpoupta reliant les deux Tilles fortifiées (Atd,, p. 222). Cf. p. 227-228. Sur ridenlité des mots çpo^piov et caHellum, Aed.j p. 225.
2. Anon., IX, 3, 8. U doit y avoir de petites garnisons, pour que Tennemi n*ait pas la tentation d'assiéger longuement la place.