C. /. L., VIII, 2095, Add
L'OCCUPATION MILTTAraE DE L'AFRIQUE BYZANTINE 235
Parmi les forteresses construites par Justinien en Byzacëne, et destinées à repousser les incursions des Maures, Procope mentionne encore, comme situées sur la frontière même, les deux villes fortifiées de Mamma et de Kouloulis et le château d*Ammaedera*. Nous connaissons ce dernier point : c'est la citadelle d'Haïdra, située en arrière de la ligne frontière» au nord-est de Tébessa. sur la grande voie qui mène de celte ville à Carthage. Quant aux deux autres places fortes, Templacément en est inconnu, mais il semble assez difficile de les identifier avec quelqu'un des postes compris dans le limes que nous venons de décrire. Ils paraissent, en eiïet, être situés assez au nord de cette ligne, et bien plus dans l'intérieur du pays. Il est plusieurs fois fait mention, dans les textes, de la plaine de Mamma, entourée de hautes montagnes; c'est là, qu'en 534, Solomon battit les Berbères*, c'est là aussi qu'en S47, après la défaite des Byzantins à Marta, les tribus indigènes vinrent s'établir, après avoir ravagé la Byzacène, pendant que lepatrice Jean reformait son armée àLaribus^. Or, ici encore, la Johannide nous apporte de précieux renseignements : lorsque, au printemps de 548, les troupes grecques furent assez fortes pour reprendre Toffensive, les chefs berbères se décidèrent à battre en retraite; ils se replièrent vers la côte, et, après dix jours de route, ils installèrent leur camp à Tabri des remparts de lunca*. C'est donc au nord-ouest de cette ville, non loin d'une ligne tracée de ce point du littoral vers Laribus, c'est-à-dire en tout cas dans l'intérieur même de la Byzacène, qu'on cherchera la plaine de Mamma. Il est possible peut-être de préciser davantage les choses : la grande voie qui aboutit au littoral tout auprès de lunca et qui servit évidemment de ligne de retraite aux indigènes, est celle qui, d'après l'Itinéraire d'Ântonin, relie Assuras (Zanfour) à Macomades, en passant par Sufes (Sbiba), Safetula (Sbeitla), Nara,