Rec. de Const., 1875, p
4» Masquent, Revue afr., 4879, p. 73-76.
TAurës. Les historiens racontent qu'à la têle de Tarmée qui attaqua le conquéreuit musulman se trouvait Kocéila, un grand chef indigène, ce qui semble bien réduire au r61e d'auxiliaires les contingents byzantins ' ; et quant au fait de trouver des places fortes entre les mains des tribus berbères, il paraîtra peu surprenant, si Ton songe que, jusqu'au xi® siècle, ces mêmes villes de Thouda et Badis abritèrent derrière des remparts leur population *. Ici encore, en Tabsence de renseignements précis sur la nature des ruines conservées à Badis et à Thouda, rien n'oblige à admettre Texistence d'établissements byzantins au sud de TAurès. Il reste pourtant à discuter les textes de Procope et de Georges de Chypre, qui semblent placer Badis dans l'Afrique grecque à la fin du vi' siècle. Mais rien ne prouve qu'il s'agisse ici du poste romain de Badias. Il y avait dans la Numidie deux villes au moins de ce nom ^, ce qui laisse, on l'avouera, quelque place au doute. Par surcroît, parmi les populations indigènes qui prirent part à la grande guerre de 546, Gorippus nomme précisément les Maures qui habitaient le territoire de Badis \ Et ici, il ne saurait y avoir nulle incertitude sur l'emplacement désigné. Gorippus parle de la moisson que font deux fois par an les habitants de « la chaude Vadis ». Or ce même détail se retrouve dans El-Bekri à propos de l'antique Badias'. Il serait bien surprenant, si au vi« siècle les Byzantins^ je ne sais trop par quel miracle, avaient occupé ce poste, que la région fût signalée comme étant le centre d'une population insoumise. Enfin^ si les Grecs avaient établi des forteresses au sud de l'Aurès, ils auraient dû nécessairement occuper, comme les Romains l'avaient fait, la voie militaire de Biskra àLambèse : or on ne trouve sur cette ligne, avant la redoute d'El-Ksour, aucune trace de forteresses byzantines; et c'est là une dernière