‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 289 sur 539 · Bell. Vand., p · texte numérisé non relu

Bell. Vand., p

cope, l'oasis d'Augila était au vi* siècle encore le centre d'un culte très ancien, célèbre parmi les tribus africaines^ où l'on venait de toutes parts chercher des révélations prophétiques ^ (]orippus montre également les peuplades de cette région, ayant pour principale divinité un dieu appelé Gurzil, dont lerna, roi des Levathes, est le prêtre*, dont le nom sert dans les batailles de cri de guerre à ses adorateurs, et dont Tidole, emportée comme un fétiche au milieu des combats, est, à la veille de la lutte, arrosée du sang des sacrifices'. En Byzacène également, la plupart des tribus sont païennes ; on ne saurait dire, à la vérité, si les dieux Sinifere, qu'on identifie à Mars, et Mastiman, où l'on reconnaît un Jupiter infernal avide de victimes humaines, appartiennent aux populations de cette région ou à celles de la Tripolitaine*; mais en tout cas ni Antalas ni son père ne pratiquent le christianisme. Guenfan va demander à l'oracle d'Ammon le secret des futures destinées de son fils^ ; et dans toute l'Afrique indigène, on écoute pieusement les prédictions des prophétesses, auxquelles des rites mystérieux viennent communiquer l'esprit divin •. L'extension de la polygamie ne prouve pas moins combien avait été passagère l'influence du christianisme. De telles dissidences devaient choquer gravement un empereur pieux, dévot même, tel qu'était Justinien, « désireux, dit un historien, d'assurer non seulement la sûreté des corps, mais encore de veiller au salut des âmes »\ Aussi, dès Tannée 533, proscrivit-il les païens au même titre que les ariens, les donatistes et les juifs'; mais comprenant en outre que la conquête la

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