‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 294 sur 539 · Jean de Biclar, a · texte numérisé non relu

Jean de Biclar, a

2. Moniin8en,édii.desAf.G.£r.,p. 212;Cat,/.c.. p. 75-76. Jean d'Ephèseiiomme en Nubie les Makoura païens (IV, 51, 53) ; mais ces populationit, en 580, ne sont pas conyerties encore. U ne faut donc point se laisser induire en erreur par une similitude de noms. Cf. Duchesnc, /. c, p. 87. On notera an contraire que Jean de Biclar a déjà parlé, à une date antérieure, de la conversion des Makourites : Maccuritarum gens his temporibus Christi fidem recepit (a. 569) (éd Mommseu, p. 212). On ne saurait donc confondre ce peuple avec les Makoura. de Nubie.

3. La Bianchëre, Voyage d'étude, p. 86-87, 98-99. Sur la date des Djedar, Mtuét d'Oran, p. 25-26.

4. Cf. Greg. Magoi EpisL, 4, 25. De même les guerres deJeanTroglita eut les allures d'une Téritable croisade (Joh., 1, 151, 268-270, 295 ; IV, 269-284, 686).

5. Greg., SpisLf 1, 73. Sur les moyens employés pour la conversion, et où la persuasion se môle étrangement aux rigueurs administratives, cf. Greg., 8, ! ; 4, 26; 9, 204. Ces textes s'appliquent à la Sardaigne, mais on peut ciboire que les mêmes principes gouvernèrent le reste de l'exarchat d'Afrique.

gardait à la fin du vu siècle de nombreux partisans^; ce fut le cas aussi dans TÂurès, où l'on signale au vu* siècle un certain nombre de tribus juives, et dans les ksour du Sahara, où des peuplades nombreuses semblent avoir professé la religion d'Israël'; pourtant d'une façon générale, le catholicisme se maintint ou s'étendit sous la domination grecque dans une grande partie de l'Afrique; et plus d'une fois la religion cimenta les liens de vassalité établis entre les tribus indigènes et le gouvernement byzantin.

Dans la nomenclature officielle, les populations indigènes qui étaient entrées, dans les formes que nous venons d'expliquer, en relations politiques, militaires et religieuses avec l'Empire, étaient désignées par le terme de Mauri pacifici ou IlaxaToc (pacati)^. Malheureusement avec beaucoup d'entre elles, les conventions les plus solennelles étaient impuissantes à maintenir une paix durable ; et, malgré quelques rares exemples de fidélité, en général on n'employait point sans quelque crainte ces auxiliaires changeants et perfides. On savait que pour eux les serments les plus sacrés étaient sans valeur, que les meilleurs traitements, les gratifications les plus libérales étaient impuissants à assurer leur fidélité, que la force seule était capable de les retenir dans le devoir, que de leur part il fallait toujours attendre quelque révolte, quelque défection ou quelque trahison^. Et, en effet, l'histoire de l'Afrique au vi* siècle est pleine d'épisodes de cette sorte, et Ton comprendrait avec peine comment l'autorité impériale y put résister, si le caractère même des Berbères n'avait fourni d'autre part à la diplomatie grecque les moyens de réparer les désastres et de rétablir l'édifice menacé. Grâce à l'absence de concert qui marqua toujours tous les efforts des indigènes, grâce aux haines irréconciliables qui empêchèrent toujours

«. fireg.,A>w^, 1, 12-73; 2, 46; 4, 32; 5,3.

2. Foarnel,/. c, p. 211 ; iiep. de ConsL, 1861,p.llM21;lbnKlialdouzi, l,p.208-

3. Joh,, IV, 999; VI, 596; Aed., p. 335; Jordaues, Homana, p. 52.

4. Bell. Fani;{., p. 443, 461, 511, 319; Joh., IV, 441-451; lU, 412; VI, 389-390.

au moment décisif les grands chefs de s'entendre contre l'ennemi commun S la diplomatie impériale put sans peine semer la division parmi ses adversaires et trouver parmi eux des alliés inespérés ; avec de l*argcnt distribué à propos, de belles promesses que souvent elle se réservait de ne pas tenir*, elle rompit les coalitions les plus redoutables, brisa les plus formidables insurrections. Par cette habile politique, dix ans après Tarrivée des Byzantins en Afrique, Solomon avait réussi à placer successivement dans une réelle vassalité tous les grands États berbères; à la date de 540, les principales tribus de la Tripolitaine, Levathes, Ifuraces, Mecales^ acceptaient la suzeraineté de TËmpire'; en Byzacène, Antalas répondait de la fidélité des populations berbères ^; en Numidie, Coutsina était un allié dévoué', et labdas était, sinon soumis encore, en tout cas réduit à l'impuissance ; les princes mêmes de la Maurétanie sollicitaient l'investi ture byzantine; Orthaias et Massonas étaient en relations amicales avec Solomon*; et, comme le dit Corippus, « les chefs des Maures, tremblant devant les armes et les succès de Rome, accouraient se placer spontanément sous le joug et les lois de Tempercur »\ Sans doute une crise terrible allait, dans les années suivantes, ébranler profondément Tédifice si péniblement construit; mais bien vite les rois indigènes devaient accepter de nouveau leur condition passée, et revenir, vaincus^ se prosterner aux pieds de Tempereur '. Dès les premières années de la conquête byzantine, les bases étaient fixées qui, jusqu'à la fin du règne de Justinien, jusqu'aux derniers jours mêmes de l'Afrique grecque, devaient régler les rapports entre les États berbères vassaux et le gouvernement impérial.

1. Beil. Vand., p. 517; Joh., VII, 244-246, etc. Cf. Hanoteau et Letouraeux, l. n, p. 1-5.

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