‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 299 sur 539 · Proc, Hist. arcana^ p · texte numérisé non relu

Proc, Hist. arcana^ p

336 niSTOIHE DE LA* DOMINATION BYZANTINE EN AFRIQUE

faisait échouer toute expédition sérieuse '. L esprit des troupes était détestable. Dans ces régiments presque uniquement composés de mercenaires, on ne rencontrait nulle trace de patriotisme, nul attachement au drapeau. Ne cherchant dans la guerre que l'occasion de faire fortune, mécontent de tout service un peu dur, lassé de tout effort un peu persévérant, le soldat avait glissé à une indiscipline effrayante. Pour soutenir son zèle, il lui fallait Tappàt du butin : comme le dit Corippus, sans aucune intention ironique',

Virtutemque novat captae spes addita praedae.

Aussi, sur le champ de bataille même, le soldat réclamait sa récompense^; et si l'énergie du général prétendait ajourner le partage des dépouilles, Tarmée se répandait en menaces, et au premier engagement se vengeait, en se battant mal, du prétendu tort qu'on lui avait fait. S'agissait-il d'entreprendre quelque expédition un peu difficile, aussitôt les troupes se plaignaient des fatigues de la marche, de l'insuffisance des vivres, des rigueurs du climat^ ; en présence même des députés ennemis reçus au camp romain, elles exprimaient tout haut leurs insolentes doléances*; et si le commandant en chef montrait quelque velléité de résistance, une sédition éclatant dans le camp se chargeait de lui apprendre son devoir*. Les ordres reçus demeurent lettre morte : à la veille de la bataille, les soldats se dispersent; au jour du combat, ils s'engagent sans attendre le signal, et sans scrupules abandonnent leurs officiers au milieu du périr. Aucun respect de l'autorité : à chaque instant, on menace les chefs de mort*, et parfois l'exécution suit la menace. Toujours prêtes

Page 1