‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 300 sur 539 · Id., VIII · texte numérisé non relu

Id., VIII

à la trahison, les troupes n'hésitent pas même à passer au parti de l'insurrection ; et les prisonniers faits dans une bataille s'en vont tout naturellement grossir les rangs du vainqueur*. Les officiers d'autre part, encouragés par le souvenir d'un Slotzas, rêvent de faire fortune et de se proclamer rois ; tout au moins, la plupart d'entre eux se jalousent et se combattent, sans s'inquiéter si l'Afrique porte la peine de leurs mésintelligences privées*. Pour faire pièce à un général dont il croit avoir à se plaindre^ l'un refuse de se battre et assiste impassible à la dévastation du pays^; pour causer la défaite d'un rival détesté, l'autre s'abstient de marcher à son aide et le laisse écraser \ Celui-ci négocie sous main avec les chefs indigènes pour renverser le gouverneur^; celui-là, tombé aux mains des Berbères, rachète sa vie par une trahison*. Avec une armée de cette sorte, tout dépend donc de la personne du général; s'il déplaît aux troupes, s'il paraît trop exigeant ou trop sévère, on lui refuse l'obéissance, on l'abandonne sur le champ de bataille ; ou bien dans les camps, on intrigue pour le jeter à bas, on s'entend contre lui avec les indigènes, on suscite des séditions, des révolutions même; et l'armée partagée en deux partis, déchirée par ses dissensions intestines, s'affaiblit en luttes stériles, s*épuise en batailles civiles, au plus grand détriment de la province confiée à sa garde. Sans doute, si le chef réussit à conquérir l'affection de ses soldais, il les tiendra dans sa main, et à sa suite il les conduira où il voudra, jusqu'à la révolte même contre l'empereur; c'est ainsi que nous verrons Iléraclius et Grégoire trouver dans leurs troupes le plus fidèle appui de leurs soulèvements. Mais au lieu de généraux capables d'exercer quelque influence sur l'armée, de la dominer par une invincible énergie ou de

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