Jofu,l, 482; IV
et le plus vigoureux. Sur neuf corps rangés sous les ordres de Jean Troglila, un seul était composé d'infanterie : le reste comprenait des escadrons légers d'archers à cheval, et surtout de puissants régiments de cuirassiers pesamment armés ^ : dans la guerre qu'on allait entreprendre, nulle arme n^élait mieux appropriée, ni ne devait rendre de meilleurs services. Les troupes étaient d'ailleurs bien commandées, à ce qu'il semble, par des officiers d'une bravoure éprouvée et capables de quelque initiative : auprès de lui, pour conseiller et chef d'état-major, Jean avait Recinarius, qui comme lui avait pris part à la dernière guerre de Perse*. A la tète des différents corps étaient placés des chefs, ducs, magistri miliium ou tribuns, dont plusieurs servaient depuis de longues années dans l'armée africaine et avaient en plus d'une circonstance donné la preuve de leurs talents militaires et diplomatiques'. Enfin les forces impériales s'augmentaient de nombreux contingents indigènes. Après bien des volte-faces, Coutsina était une nouvelle fois revenu à l'alliance byzantine, et pendant de longues années, sa fidélité n'allait plus se démentir; or le chef numide pouvait amener avec lui jusqu'à 30,000 cavaliers. Un autre prince indigène, dont le territoire semble avoir été voisin du royaume de Coutsina, avait été également gagné au parti grec ; c'était Ifisdaias, dont Corippus évalue — probablement avec quelque exagération poétique — les forces à 100,000 hommes, mais dont l'appui à coup sûr n'était point méprisable \ D'ailleurs, par cette double alliance, Jean s'assurait en outre la tranquillité de la Numidie. labdas, tenu sans doute en respect par les princes ralliés au drapeau de l'empire, s'abstint, malgré sa sympathie avouée pour les insurgés, de toute hostilité directe ; il ne prit aucune part effective à la campagne de 546, et pendant que s'accomplissaient les événements de Byzacène, le calme ne semble point avoir été troublé en Numidie. C'était