oA., II
rallier les Dombreux Berbères rassemblés sous la direction d'Antalas^ L'armée byzantine, sous le chef énergique qui la commandait, ne se laissa ni arrêter par les obstacles ni surprendre aux pièges des rebelles : audacieusement, ses avantgardes de cavalerie prirent et gardèrent le contact des insurgés, et bientôt Tarmée grecque tout entière se trouva campée au pied des collines dont les indigènes occupaient la crête. Toutefois, à la veille du combat suprême, soit qu'il se défiât de la faiblesse de ses forces, soit qu'il craignît pour les captifs les conséquences d'une lutte désespérée •, soit encore qu'en vrai Byzantin, il espérât davantage de la diplomatie que des armes, Jean, comme jadis Solomon en 544, jugea convenable d'essayer une dernière fois l'effet des négociations. Il fit proposer aux rebelles une amnistie pleine et entière pour leur soulèvement, sous condition que tous les prisonniers seraient remis en liberté, que les tribus de Tripoli taine évacueraient le territoire byzantin, qu'Antalas enfin se replacerait sous la suzeraineté impériale'. Mais il eut beau accompagner ce message de menaces formidables: son désir d'accommodement était trop visible pour ne point enfler encore l'orgueil des indigènes, déjà enhardis par un demi-succès remporté quelques jours auparavant sur Tavant-garde byzantine, et où celle-ci n'avait pas sans peine échappé à un désastre \ Ântalas refusa insolemment de se prêter à tout arrangement et, pour mieux marquer son intention de combattre, il fit descendre dans la plaine la plupart de ses troupes et s'établit en face des Byzan- ' tins. Malheureusement, malgré le long récit épique que Corippus a fait de la bataille, il est impossible de savoir au juste où se donna l'engagement : on voit seulement par les vers du poète que Tarmée grecque, partie de Cartbage, par la grande route de Byzacène % s'était ensuite, pour atteindre les rebelles,