‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 342 sur 539 · Joh , VI · texte numérisé non relu

Joh , VI

Jean comme un esclave »^ La paix était donc rétablie en Afrique ' ; après quatre années de désolations et d'invasions presque ininterrompues, la province allait enfin goûter le repos si impatiemment souhaité'. Sans doute, elle sortait presque épuisée de cette longue série de catastrophes : le pays était dépeuplé, appauvri ; des régions entières, jadis fertiles, étaient changées en désert; et pendant longtemps encore les campagnes devaient rester presque abandonnées*. Gepeûdant, dans toute TAfrique, la joie était entière, et la soumission définitive des tribus semblait annoncer une ère nouvelle de paix, de concorde, de justice \ « A partir de ce moment, dit Procope, les Romains n'eurent en ce temps aucune guerre à soutenir en Afrique » * ; et en effet pendant quatorze années — jusqu'en 562 — les textes ne mentionnent aucun trouble dans la province. On peut croire que sous l'administration de Jean Troglita, élevé en récompense de ses victoires à la dignité de patrice\ toutes les mesures nécessaires furent prises pour réorganiser promptement la province : la défense de la frontière, dont mieux que personne le gouverneur général connaissait les principes et comprenait la nécessité ', fut reconstituée sur le plan tracé jadis par Bélisaire et par Solomon ; les relations de vassalité qui liaient à Byzance les chefs indigènes furent rétablies et fortifiées ' ; même l'administration civile semble avoir repris son cours : dii moins en 530 encore, le préfet du prétoire Athanase apparaît à côté de Jean Troglita. En tous cas, en 552, la province était assez paisible pour que le patrice put concourir à la guerre ostrogothique, et envoyer en Sardaigne et en Corse une expédition et une

i,Bell, Golh.y^. 549-550.

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