‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 341 sur 539 · Arf., Vin · texte numérisé non relu

Arf., Vin

sanglants sacrifices dont ils avaient pendant la nuit précédente arrosé les autels de leurs dieux, les indigènes, se croyant sûrs de la victoire, vinrent se jeter sur le camp des impériaux. Sous cet assaut inattendu, la lutte demeura quelque temps incertaine' : et déjà, malgré une énergique défense^ les troupes de Goutsina et les régiments réguliers mêmes qui les encadraient pliaient sous le nombro, lorsque le magister milUum qui, par une charge vigoureuse, avait dispersé les lignes rangées en face de lui, vint fort à propos au secours de ses lieutenants. Après une terrible mêlée, où succombèrent, avec les principaux des chefs berbères, quelques-uns des meilleurs officiers grecs, la victoire pourtant semblait assurée, lorsque rassemblant ses dernièresforces. Car casan lui-même les lança à une attaque suprême : mais dès le début de l'assaut, le roi berbère tomba frappé de la main même de Jean Troglita*. Sa mort fut pour les siens le signal de la déroute ; sans même essayer de défendre leur camp, les Berbères s'enfuirent en désordre ; beaucoup d'entre eux tombèrent sous Tépée des cavaliers lancés à leur poursuite ; le reste évacua en toute hâte la Byzacène '.

Le succès cette fois dépassait toutes les espérances* ; dixsept des principaux chefs berbères étaient restés parmi les morts*, et parmi eux le plus terrible, Carcasan, dont la tête coupée, plantée au botit d*une pique, allait orner la rentrée triomphale du magister militumk Garthage ^. Après cette dure leçon, les tribus de la Tripolitaine, épuisées, décimées, renonçaient à la lutte et se réfugiaient au désert ; celles de la Byzacène, livrées à la discrétion du vainqueur, n'avaient plus de salut que dans une complète soumission ; Antalas s'y résigna, et, suivant la forte expression de Procope, « il obéit à

\. Joh., VIII, 370-656.

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