CHAPITRE II
l'afrioue au lendemain de la conquête byzantine
Deux batailles et une campagne de quelques mois avaient suffi à décider du sort du royaume vandale : du coup, on crut l'Afrique conquise et replacée tout entière sous la domination romaine. Dès le mois de décembre 533, à la nouvelle de la prise de Carlhage, Justinien proclamait en termes magnifiques que (c toute la Libye était réunie à Tempire » '; en avril 534, après la victoire de Tricamarum, il déclarait pompeusement que « Dieu, par sa miséricorde, venait de remettre entre ses mains l'Afrique et toutes ses provinces » *, et^ presque émerveillé lui-même de la rapidité inattendue de la conquête, il se répandait en actions de grâces et remerciait la Providence de ravoir choisi, « lui, le plus humble de ses serviteurs », pour être le vengeur de TÉglise et le libérateur des peuples '. Sans doute, on prévoyait bien que pour achever la soumission de la province, pour la reconstituer dans son intégrité, telle que Tavait connue et possédée l'empire romain, il faudrait soutenir quelques luttes encore et vaincre quelques résistances; mais Justinien se persuadait que quelques courtes semaines suffiraient à rétablir en Afrique la paix et la sécurité sous son règne très glorieux *. Et tout heureux de montrer à ses nouveaux sujets la différence qui existait entre « la captivité si