In laudem Justini
vite du commerce de mer qui se faisait entre la capitale et rOccident*. D'autres indices encore laissent entrevoir la fréquence de ces relations : à partir du vi* siècle en effet, on voit se multiplier en Afrique le culte rendu aux saints d'Orient et à leurs reliques. C'est ainsi que de Syrie vient la dévotion à saint Julien d'Antioche', en l'honneur duquel une église est élevée à Carthage' et celle de saint Romain d'Antioche; rÉgypte, avec laquelle l'Afrique entretient par Alexandrie des rapports très étroits, y introduit le culte et les reliques des trois jeunes Hébreux, et celui de saint Isidore de Ghio^. Un autre saint d'Orient, saint Léontius, a une église à Tripoli*. Ainsi la civilisation orientale pénètre insensiblement l'Afrique; la langue grecque même commence à s'y répandre"; jusque dans les détails de la vie courante, dans la façon de compter par exemple, les habitudes se modèlent sur celles de Byzance •. Certes ce sont là de faibles indices : pourtant ils suffisent à laisser entrevoir que le règne de Justinien n'a point été stérile, et qu'en Afrique comme partout, il a marqué d'une empreinte durable les provinces rentrées au sein de l'unité impériale.