CHAPITRE II
L ÉGLISE d'aFRIQITE SOUS LE RÈGNE DE JUSTINIEN
Au moment où Tempire byzantin reprenait possession de l'Afrique, l'Église catholique s'y trouvait dans une situation 'assez précaire. Sans doute la tolérance d'Hildéric avait mis fin aux rigueurs de la persécution ; sans doute des conciles assez fréquents réunissaient de nouveau les évêques ^ et les prélats s'y félicitaient de la' liberté rendue aux fidèles ' ; cependant, à côté de l'arianisme qui restait la religion officielle de l'État vandale, à côté du donatisme dont la domination bar* bare avait favorisé les progrès, la condition des catholiques demeurait assez incertaine. Au point de vue matériel^ l'Église n'avait recouvré ni les domaines, ni les édifices, ni les objets du culte dont elle avait été dépouillée au temps de la persécution', et elle voyait avec horreur quelques-uns de ses plus illustres sanctuaires profanés par Taccomplissement des cérémonies ariennes^.Au point de vue moral, elle était désorganisée et par surcroît profondément divisée ; beaucoup de communautés étaient privées de pasteurs, leurs prêtres s'étant enfuis par delà les mers en s'excusant sur la violence des temps »*;
1. En 524, conciles de luaca et de Safes ( Vila Fulgentiij 60 ; Patr. /a/., t. LXV) ; Labbe, Concilia, éd. de Paris, 1671, IV, 1627-1628); eD52o, à Carihage (Labbe, IV, 1628 seq.).