Bell. Vand., p
5 Labbe, IV, 1756 (lettre du concile de 534).
beaucoup de diocèses étaient sans évèques ; en 525 la Proconsulaire envoyait quarante-huit prélats seulement au concile de Carthage ', alors qu'on compte dans cette province jusqu'à cent quatre-vingts sièges épiscopaux • ; encore près du tiers de ces personnages était fourni par une seule région, celle de la presqu'île du cap Bon et de ses environs immédiats ; dans le reste du pays, beaucoup de chrétientés importantes étaient sans chefs et sans représentants. En outre, des querelles intestines occupaient plus que de raison le clergé africain; de mesquines disputes de préséance, des dissensions suscitées par d'injustes usurpations de pouvoir formaient la matière principale des délibérations conciliaires ' ; la hiérarchie, profondément troublée par la persécution, se rétablissait avec peine; l'organisation, l'unité d'où naît la force, manquaient trop souvent à l'Église * ; enfin la religion catholique, simplement tolérée, restait toujours exposée à de nouvelles rigueurs : on le vit bien quand Gélimer renversa le faible et indulgent flildéric. Assurément la réaction n'eut pas le temps d'être bien cruelle ; cependant on conçoit la joie profonde avec laquelle les évêques accueillirent la restauration byzantine. Parmi les motifs qui avaient déterminé les résolutions de Justinien, la religion avait fourni les plus décisifs ; la victoire des armes impériales devait donc entraîner, comme une inévitable conséquence, le triomphe de l'Église; le premier soin du prince allait être d'effacer les effets et jusqu'au souvenir de « la violente captivité de cent années • » dont avaient souffert les catholiques ; et sous sa protection efficace et constante TÉglise d'Afrique, on pouvait le croire, allait briller d'un éclat nouveau.