Id., p
chaDces de dominer paisiblement le pays déjà reconquis, d'occuper rapidement et aisément le reste? Pour assurer dans la nouvelle province Tautori té impériale, Bélisaire, en vertu des pouvoirs absolus que lui avait délégués Justinien^ prit une série de prudentes mesures, bientôt ratifiées et complétées par les ordres venus de Constantinople. Tout d'abord, il importait de régler le sort des vaincus : pendant la guerre, le général byzantin avait traité avec douceur les Vandales qui avaient consenti à faire leur soumission ; il leur avait promis la vie sauve, et, se contentant de les désarmer, il les avait, sous bonne garde, internés à Carthage '. Mais une fois la campagne finie, il sembla impossible de laisser dans le pays ce dangereux ferment de révoltes futures : Bélisaire se décida, à la fois pour débarrasser la province et pour parer de leur présence son cortège triomphal, à faire transporter en Orient Télite des chefs et de l'armée vandales*. Ces émigrés furent incorporés dans les troupes impériales; quelques-uns restèrent à Constantinople et servirent dans la garde de Bélisaire ' ; les autres formèrent cinq régiments de cavalerie qu'on cantonna sur la frontière de Perse, et auxquels Tempereur accorda, pour flatter leur orgueil, le surnom de Vandali Ju$iiniam* . Toutefois il est évident que ces mesures ne s'appliquèrent qu'à l'aristocratie de la nation vaincue ; les gens de moindre importance demeurèrent en Afrique ', et leur condition paraît avoir été réglée d'une manière assez dure. Sur le champ de bataille de Tricamarum, beaucoup d'entre eux étaient tombés au pouvoir des soldats : ceux-là restèrent les esclaves de leurs nouveaux maîtres. En vertu du même droit de la guerre, les femmes et les filles prises dans la lutte suprême furent attribuées au vainqueur et la plupart d'entre elles épousèrent des