Id., 28 (p. 131), 39 (p
dre dans les abbayes ^ ; constamment les conciles parlent de « la liberté des monastères » qui doit assurer leur tranquillité. Aussi de toutes parts les religieux affluent dans ces couvents; et ce n'est point T Afrique seulement qui leur fournit des cénobites; des pays d'outre-mer même^ on y vient chercher le repos et la paix».
Si Ton veut prendre quelque idée de ce qu'étaient au vt* siècle ces couvents fortifiés si fréquemment établis par Justinien, il faut examiner les ruines du beau monastère qui s'élevait aux portes de ïébessa'. Là se rencontrait dès le v siècle un vaste ensemble de monuments religieux; au centre, c'était une grande basilique à trois nefs précédée d'un bel atrium carré, où se voit encore la fontaine destinée aux ablutions, et à laquelle on accédait par les hauts degrés d'un perron monumental; la splendeur de la décoration, Télégant dallage de mossûques qui couvre tout le sol de l'église, les corbeaux richement sculptés qui portaient l'étage supérieur, tout atteste l'importance et le renom du sanctuaire. Tout autour de Tédifice, une série d'autres constructions étaient disposées : ici un petit baptistère, avec sa cuve encore intacte ; plus loin un bel édifice trèfle, pavé de riches mosaïques, dont les murailles étaient somptueusement décorées de marbres et de mosaïques de verre; en avant de la basilique, c'était une grande cour entourée de portiques, et plus loin un curieux bâtiment renfermant des écuries et des logements, sans doute une hôtellerie ecclésiastique destinée à recevoir des pèlerins, et fort semblable aux monuments de cette sorte qu*on trouve, dans la Syrie centrale, auprès des églises ou des couvents célèbres^. Plus tard, autour de cette basilique importante, qui semble avoir été le but de fréquents pèlerinages, une abbaye se construisit,
1. Labbe, IV, 1783. Cf. le concile de 525 {id., IV, 1642-1649) et Greg., 7, 32; cf. aussi Diehl, Une charte lapidaire du vi* sièclCf p. 386-387.